Le bleu, c'était jadis la couleur de nos rois ; Sur velours troué d’or il parlait de franchise, De valeur, d’esprits fiers, et puis de chemins droits ; En bannière il semait partout la vaillantise.
Le blanc, c’est le miroir des âmes de cristal ; La pâleur des lys francs en a tissé la soie ; Plus pur que l’eau de source et plus fort qu’un métal. Pour l’honneur il crie haut : St Denis et Montjoie !
Le rouge sera, lui, toujours, des cœurs ardents L’emblème qui se teinte au sang clair des blessures, Car, lorsqu’on aime on souffre, et les moins imprudents, Eux-mêmes, du combat, savent les meurtrissures...
C’est ainsi que la France a choisi ses couleurs, Pour mettre en son drapeau le trésor séculaire Des vertus que ses fils, sans cesse, ont faites leurs : Foi, loyauté, bravoure et mépris du salaire.
A.M. BENOIT
Source BnF Gallica : l'Émulation française 1er mars 1929
Il a commencé là, tout proche, Par un long trille gracieux, Et l’on juge délicieux Ce monastique son de cloche.
L’écho, sur les croupes de roche, Semble le rendre plus joyeux ; Il a commencé là, tout proche Par un long trille gracieux.
Le vent destructeur effiloche, De son grand souffle vicieux Pour le faire aller jusqu’aux cieux, Ce religieux son de cloche Ayant commencé là, tout proche.
Prosper GIEN
Source BnF Gallica : l'Émulation française 1er mars 1929
Du ciel propice ayant compris les voix, Jeanne embellit sa langue maternelle, Et nul grand chef n’a mieux parlé françois Que cet enfant du peuple qu’on appelle La très vaillante et très bonne pucelle. A la raison d’où naît la déraison Qui justifie avec la trahison L’orgueil du doute et la tristesse noire, Elle infligea la plus forte leçon, Elle incarna l’esprit de la victoire.
A Vaucouleurs qui veille au fond des bois, Très vigilante et sombre sentinelle, Elle ceignit le glaive et prit la croix Pour sa croisade et sa geste immortelle Où la foi brille, où la grâce ruisselle. Elle assaillit hardiment le démon Qui de la France eût effacé le nom, Et libérant les cités de la Loire, Menant à Reims son roi, bien qu’il dit non, Elle incarna l’esprit de la victoire.
Le défaitisme ou brutal ou courtois, Puissant fléau, sévissait autour d’elle. On reniait la patrie aux abois. Maint et maint cœur, vivante citadelle, Capitulait honteux d’être infidèle. Comme il fallait en payer la rançon Avec du sang, non de l’or à foison. Jeanne accomplit la tâche expiatoire, Et triomphant jusque dans sa prison Elle incarna l’esprit de la victoire.
On l’aime à Tours, on l’acclame à Chinon, Et l’Armagnac se joint au Bourguignon Pour célébrer aujourd’hui sa mémoire. Du bûcher même émane un clair rayon : Elle incarna l’esprit de la victoire.
👑 Avis aux amateurs de culture et de curiosités
royales !
Le Royaume de Manéhouarnie ouvre les portes
de sa grande salle baroque pour les Journées du Patrimoine.
Venez admirer le clavecin royal (qui sonne toujours juste, même
quand le roi se trompe), la harpe dorée (interdiction d’y
accrocher son manteau), les violons, le violoncelle, l’orgue, et
bien sûr la mythique flûte à bec, gardée comme un trésor
national.
Le buste du roi veille sur tout ce
petit monde… et paraît-il qu’il sourit davantage quand on
applaudit bien fort ! 😄
Il est même possible d'écouter et de voir jouer le roi avec sa flûte à bec sur cette vidéo.
La lune, blonde et pâle, éclaire l’ombre grise. Les amoureux s’en vont sous les cieux étoilés. Heureux du pur bonheur dont leur être est troublé Dans le ravissement qui le berce et le grise.
L’obscurité les livre à sa tiède caresse. Son souffle imperceptible ensemble les confond. Et comme leur amour est immense et profond, Tout trahit la langueur de leur muette ivresse.
Tout succombe au pouvoir d’un grand silence ami, Et le recueillement de la nuit solennelle En dépliant au ciel la voile de son aile. Fait resplendir la paix sur le monde endormi.
Alexandre PARRAT
Source BnF Gallica : l'Émulation française 1er mars 1929
Pâtre aux yeux vigilants, vaillante sentinelle, Veillant la nuit, le jour, un étrange troupeau ; Sachant le réveiller sans cor et sans pipeau Mais jouant sous l’azur divin ta ritournelle ;
Phare au fanal éteint, ayant garde éternelle D’une mer où les bois sont des nefs au repos ; Tour où le carillon égrène à tout propos Quelque chanson plaintive, ou gaie ou solennelle.
J’évoque loin de toi ton dôme gracieux Dont le sommet se tend comme un doigt vers les cieux, Et tes cloches fêtant quelque réjouissance.
O mon clocher natal ! O toi qui dévoilas Aux anges qui passaient, en plein ciel, ma naissance, A l’heure de la mort, sonneras-tu mon glas ?
Joseph SERRES (octobre 1929)
Source BnF Gallica : l'Émulation française 1er mai 1929
Sais-tu que cette harpe, éveillée à ma voix, Sirène, sur les flots, venait chanter parfois; Que triste elle espérait, lorsque le soir arrive, Voir celui qu’elle aimait, errer près de la rive ?
Mais elle aimait en vain; les larmes de ses yeux Pendant toute la nuit mouillaient ses blonds cheveux. Le ciel enfin s’émut de sa douleur profonde. En harpe il transformait la sirène de l’onde.
Sur ses lèvres errait son sourire charmant — Son cœur battait encore — et gracieusement Sa chevelure d’or sur ses bras épandue, En ces cordes bientôt se trouvait confondue.
Cette harpe, dit-on, mêlait depuis ce jour, Aux chants de la douleur, le langage d’amour. C’est par toi qu’elle apprit à parler de tendresse Quand je suis avec toi — quand je pars, de tristesse.
Poète ou musicien, les mêmes harmonies Ont soulevé notre âme à l’assaut de l’azur, Dans le rayonnement d’un idéal très pur, Du rêve nous montons les gammes infinies.
O musique divine ! Ariette ou litanie, Comme tu sais nous prendre et sous ton charme sûr Nous garder longuement, aux instants les plus durs, Triste, ou tendre, ou légère.
O Toi, voluptueuse ! Créatrice du songe et fée du souvenir, laisse longtemps flotter au gré des rêveries Sur les grands coeurs souffrants ta lente griserie.
"Petite âme paisible et grise"
Source BnF Gallica : Les Dimanches de la femme 11 aout 1929
Sur le lac de cristal, ce miroir du feuillage, Un frêle esquif va, vient, laissant un long sillage Et les cygnes nombreux au plumage d’argent L’escortent de leurs cris tout en se rengorgeant... Près du lac, des enfants à la mine superbe S’amusant bruyamment à la course, au rondeau ; D’autres capricieux s'en vont rouler dans l’herbe Ou dessinent par terre en usant le râteau.
Caressé par la brise au parfum de verdure. Le vieux poète songe, en ce site enchanteur, Au destin cruel car : « Ici bas rien ne dure » L’amour rêvé se tue en le frappant au cœur.
En ce jour solennel, le Royaume de Manéhouarnie proclame la Journée du Nœud Papillon ! 🎀
Que chacun se pare de cet élégant ruban, symbole de distinction et de fantaisie.
Voyez comme Sa Majesté le porte avec aisance (et un soupçon de malice) : couronne en or, manteau royal, flûte à bec… et bien sûr, le nœud papillon triomphant ! 🎩✨
Qu’il soit à pois, rayé ou bariolé, le nœud papillon devient aujourd’hui l’emblème officiel du raffinement manéhouarnais.
Vive le roi, vive la flûte… et vive le nœud papillon ! 🦋
Le Royaume de Manéhouarnie résonne une fois de plus des fastes de la musique baroque. Tout commence par 👑 « Un air de déjà-vu royal » 🎶 Dans une vie antérieure, le Roi de Manéhouarnie maniait la canne de direction aussi bien que Jean-Baptiste Lully lui-même ! Perruque
majestueuse vissée sur la tête, il dirige l’orchestre royal avec
panache et beaucoup de style, faisant vibrer la Cour tout
entière. ⚜️ ✨
Nous avons aussi le plaisir d’y accueillir le claveciniste Guillaume, qui offre à nos oreilles un voyage élégant à travers ses Pièces de clavecin, Opus 1 – Opus 2 – Opus 3.
À ces joyaux s’ajoutent deux pages éclatantes interprétées par Aurore, organiste, et Jean-Baptiste, trompettiste : l’émouvant Adagio de Manéhouarnie et la festive Réjouissance baroque.
Le tout se termine par la Sérénade au Palais interprétée par Églantine au violoncelle accompagnée à l'orgue par Guillaume.
Un concert royal en images et en sons, à savourer depuis votre palais intérieur.
La nuit étend son grand manteau sur la
nature, et l’oreille est caressée par
une mélodie mystique. Rien ne
me charme autant que la musique. Elle
gagne mystérieusement mon cœur. Elle
est l’expression de jolis yeux pensifs, de jeunesse qui
souffre et meurt, de suaves idylles, d’orgues aux voix qui charment
et torturent. Elle est le rayon de poésie qui émane de la mer, de
la mer azurée, infinie que je
trouve dans les belles barcarolles de Mendelssohn. Je voudrais me
trouver sur la mer, m’égarer devant la
belle cité d’Alger, dans un frêle esquif, accompagné d’une
musique caressante, voluptueuse et voguer ayant près de moi
l’ange de mon
rêve et contempler ses grands yeux azurés comme le
ciel... La mélodie me charme, me transforme, me raconte les
secrets des nuits étoilées, des nuits éclairées de la pâle lune
où Beethoven, le
musicien immortel, créait en gémissant
la phrase la plus belle de l’âme. La
musique berce mon âme, murmurant des phrases pleines de passion, des
poèmes d’amour qui grisent mon cœur. Mais quelle est la gentille
fée qui emprisonne dans ces nombreux instruments tout cet ensemble
de notes célestes. Une enfant? Un
ange?... Minuit vient de sonner. D’où vient cette musique qui
calme les cris du cœur, qui fait surgir une paix solennelle et fait
murmurer une prière, une invocation à
Dieu... Ce sont des plaintes torturantes, ce sont des cris de
passion, des accords qui surprennent, de gracieux arpèges, des
basses tristes, de jolis trilles. Cette musique divine nous narre les
histoires d’idéalisme, de gloires inconnues, d’âmes perdues. La
musique a cessé. La dernière note
s’est perdue dans l’infini. Chante,
ô voix mystérieuse. Ta musique triste
nous grise. Égrène un ensemble de notes qui
exprime de jolis poèmes. Viens musique divine m’endormir du
sommeil éternel et si je dois encore me réveiller, viens
m’effleurer tendrement comme un baiser de ma mère.
O musique ! O magie ! O charmeuse de l’âme ! Tes sons harmonieux de douceur ou de flamme Font tomber à genoux au pied de tes autels Les sensibles mortels.
Car tu sais émouvoir les êtres de tout âge, Apaiser la fureur et consoler le sage Qui, soudain, sent l’espoir renaître en son esprit Quand ton chant lui sourit.
Pour les jeunes époux ta voix est triomphale. Prometteuse de joie intense et sans rivale. Le bonheur attendu, rêve mystérieux, Ensoleille leurs yeux.
Debussy sait charmer. Quand Massenet soupire L’art délicat de Hahn excelle à nous séduire. Chacun a son talent, subtil et raffiné, Langoureux, effréné.
Les scherzos de Chopin, ses célèbres Nocturnes Recèlent tout un monde aux esprits taciturnes. Toute la pureté des accords de Mozart Affirme le grand Art.
Sonate ou mélodie, ineffable mystère, Charment si bien le cœur qu’il n’est plus solitaire. La musique sait faire, ô pouvoir captivant! De ce mort un vivant.
Sublime attraction ! Si douce est sa maîtrise Que, plus en l’écoutant parfois l’âme se brise, Plus elle aime à goûter dans l’effroi des douleurs L’amertume des pleurs.
O secret de l’archet d’un violon qui pleure, D’une harpe dont l’âme en vibrant nous effleure Comme un baiser de rêve et de félicité: Gloire à votre beauté !
L’homme a su définir la puissance infinie Que l'Inspiration, pure sœur du Génie, Sait rendre salutaire au pauvre genre humain Qu’épouvante Demain.
O Musique idéale ! Animatrice exquise, Toi par qui l’espérance est vite reconquise, Puisses-tu me bercer d’un rythme sans pareil A mon dernier sommeil !