🎶✨ Nouveauté
musicale autour du patrimoine breton !
✨🎶
Voici « La Dérobée de
Guingamp », l'une des danses traditionnelles les plus
emblématiques du pays de Guingamp, revisitée dans un écrin sonore
inédit.
À partir de cette mélodie issue
du répertoire populaire breton, j'ai imaginé une nouvelle
interprétation où la flûte à bec dialogue avec
un orchestre baroque, faisant se rencontrer deux
univers que plusieurs siècles semblaient séparer. Entre la vivacité
des danses bretonnes et l'élégance des cours d'Ancien Régime,
cette création propose un voyage musical original, à la fois
respectueux de la tradition et résolument tourné vers la
découverte.
Une rencontre inattendue entre les
landes bretonnes et les salons baroques, où la Dérobée retrouve
une nouvelle jeunesse sous les doigts de la flûte et les couleurs
chatoyantes de l'orchestre.
🎻🎶 La Dérobée de
Guingamp Quand la Bretagne danse au rythme du
baroque...
José GARRICK, baryton de revue et entrepreneur de spectacles
Figure aujourd'hui presque oubliée du music-hall
français, José Garrick fut l'un des artistes de revue les plus
actifs du Sud de la France durant les années 1920 et 1930.
Présenté par la presse comme un baryton à la «
voix chaude » et un excellent comédien, il connaît d'abord le
succès dans les grandes villes du Midi avant d'être appelé à
Paris par le producteur Jacques Charles, célèbre auteur des revues
du Moulin-Rouge. Dès 1926, les journaux annoncent ses débuts
parisiens après plusieurs années de triomphes en province.
Au cours des années
suivantes, José Garrick participe aux fastueuses tournées des
revues Paris qui revient !,
Gai Paris
ou encore Le Sourire de Paris,
aux côtés de vedettes telles que Baldini, Andrex ou Max Revol. Son
nom figure régulièrement en tête d'affiche dans les théâtres de
Marseille, Avignon, Carcassonne, Bayonne, Toulouse ou Bordeaux.
Parallèlement à sa
carrière de chanteur, il dirige sa propre entreprise sous le nom de
Les Tournées José Garrick,
organisant de vastes spectacles de revue inspirés des productions
parisiennes. Cette activité connaît cependant des difficultés
financières qui conduisent à une faillite en 1930.
Dans les années suivantes, il poursuit néanmoins
son activité dans le monde du spectacle et se retrouve associé à
l'exploitation du cinéma toulousain Cinéactal. Une nouvelle
liquidation judiciaire intervient en 1938-1939, après quoi sa trace
disparaît pratiquement de la presse.
Son identité civile demeure aujourd'hui
incertaine. La mention de « notre compatriote » relevée dans la
presse carcassonnaise laisse supposer une origine audoise, tandis que
le nom de scène « Garrick » pourrait être une adaptation
artistique du patronyme méridional Garric. Les recherches restent
ouvertes pour retrouver l'état civil de cet artiste qui fut, durant
une quinzaine d'années, l'un des barytons les plus populaires des
tournées de revues françaises.
Sources : Artistica
22 décembre 1925 - L’Écho de Paris 9 août 1926 - Le Petit
Marseillais 13 et 14 mars 1929 - L’Écho de Carcassonne 21 mai 1929
- La Dépêche 19 janvier 1930 - Le Petit bleu de Paris 13 novembre
1930 - La France de Bordeaux et du Sud-Ouest 24 décembre 1930 -
Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque 8 janvier 1931 - La
Dépêche 12 et 16 janvier 1931 - L'information régionale 28 janvier
1931 - Les Tablettes d'Avignon 8 février 1931 - La Dépêche 19
novembre 1938 et 8 mars 1939.
👑✨ NOUVELLE CRÉATION DU ROYAUME DE MANÉHOUARNIE ! ✨👑
Aujourd'hui, les portes du château s'ouvrent pour dévoiler l'incomparable Belle Cunégonde, fée enchanteresse dont la renommée traverse forêts, marécages et auberges mal éclairées !
Courtisée par une foule de prétendants transis d'amour, elle enchante avec grâce les cœurs... et parfois les nerfs. 🌹😅 Entre déclarations passionnées, regards ébahis et espoirs démesurés, chacun rêve de conquérir celle dont la beauté ne laisse personne indifférent... pour des raisons qui lui appartiennent !
Ce doux visage illustre la chanson « La Belle Cunégonde », une fantaisie inspirée des opérettes et des chansons comiques d'autrefois, où les galants se pressent à la cour avec plus de courage que de chances de succès.
🎭👑🌹 Attention toutefois : il est fortement recommandé de ne jamais contrarier Cunégonde... un sourire de sa part pourrait vous marquer à jamais !
La Belle Cunégonde
Couplet 1
Dans son château d'la forêt noire,
Vit Cunégonde au grand pouvoir,
Les chevaliers viennent la voir,
Plein d'espérance et de devoir.
Ils apportent fleurs et rubans,
Des vers galants, des compliments,
Mais lorsqu'ils croisent ses doux yeux,
Ils trouvent le retour du chemin précieux...
Refrain
Ô Cunégonde, ô tendre fée,
Ton doux visage fait rêver !
À chaque œillade, à chaque sourire,
On sent son pauvre cœur chavirer !
Mais gare à celui qui te contrarie,
Dans tout le royaume on le dit :
Ton plus charmant éclat de rire
Fait trembler jusqu'aux murs du logis !
Couplet 2
Le marquis Prosper de Trémouille
Lui déclara : « Mon cœur gazouille ! »
Elle répondit d'un air charmant :
« C'est fort aimable, mon enfant... »
Le pauvre homme, tout ébloui,
Perdit son latin, son appui,
Et l'on raconte encore aujourd'hui
Qu'il cherche ses mots depuis lundi.
Refrain
Ô Cunégonde, ô tendre fée,
Ton doux visage fait rêver !
À chaque œillade, à chaque sourire,
On sent son pauvre cœur chavirer !
Mais gare à celui qui te contrarie,
Dans tout le royaume on le dit :
Ton plus charmant éclat de rire
Fait trembler jusqu'aux murs du logis !
Couplet 3
Les soupirants font longue queue
Devant son portail merveilleux,
Chacun espère être l'élu
De ce cœur qu'on n'a jamais vu.
Car la belle aime avant tout
Régner sur son royaume fou,
Et distribue avec bonté
Des refus fort bien présentés !
Refrain final
Ô Cunégonde, belle fée adorée,
Par tous les galants courtisée,
Ton cœur demeure un grand mystère,
Plus introuvable qu'un trésor caché !
Alors soyons tous bien polis,
Ne la fâchons jamais, pardi !
Car lorsqu'elle daigne nous sourire...
On préfère encore quand elle rit ! 😅👑✨
Andrée
Darcy (1887-1911), une étoile fauchée en plein essor
Sous
le nom de scène d'Andrée Darcy, Angèle Demanche
naît à Dijon le 26 octobre 1887. Son acte de naissance la désigne
comme Angèle Demanche, fille de Lazare Étienne
Demanche, brigadier de police, et d'Anne Branchet. Très jeune, elle se
tourne vers le théâtre léger, la revue et le music-hall, où sa
grâce et sa beauté attirent rapidement l'attention.
Ses
véritables débuts parisiens semblent avoir lieu vers 1907-1908 à
l'Européen, alors l'un des hauts lieux de la revue
parisienne. La presse la présente comme une jeune artiste pleine
d'avenir. Un chroniqueur écrit en février 1908 qu'elle est « une
étoile qui se lève » et souligne sa « fine beauté », son «
élégante silhouette » et sa « grâce juvénile ». Elle y
interprète avec succès les rôles de commère de revue,
emploi alors très en vogue qui exigeait autant d'esprit que de
présence scénique.
Tout
au long de l'année 1908, son nom revient fréquemment dans les
journaux à propos de la revue Cric-Krack ! de
Jeanne Bloch. Les critiques louent sa personnalité charmante, ses
talents de danseuse et de comédienne, ainsi que sa capacité à
donner vie aux scènes d'actualité satirique qui faisaient le succès
de ces spectacles. Elle partage alors l'affiche avec des artistes
réputés comme Jeanne Bloch, Tod Cams ou Louise Deparme.
Sa
réputation s'étend bientôt à d'autres établissements parisiens.
En août 1908, elle figure parmi les artistes remarquées du
Moulin-Rouge, où elle est citée parmi « les
toutes jolies » interprètes de la célèbre revue de la maison. En
septembre-octobre 1908, au Théâtre de Cluny, elle joue dans
La revue de Clunyavec Gaby Boissy.
En 1910, elle obtient également un succès remarqué aux
Ambassadeurs, où la presse souligne son charme et
sa présence scénique.
Malheureusement,
cette carrière prometteuse est brutalement interrompue. Suite à une intervention chirurgicale, Andrée Darcy meurt à Paris le 6
juillet 1911, à seulement 23 ans. Son acte
de décès, dressé dans le XVIᵉ arrondissement, confirme son
identité d'Angèle Demanche, née à Dijon. Les
journaux parisiens annoncent sa disparition avec émotion, rappelant
qu'elle comptait parmi les jeunes espoirs du music-hall et qu'une «
longue et brillante carrière » semblait lui être promise.
Bien
que sa trajectoire ait été brève, Andrée Darcy laisse le souvenir
d'une artiste élégante et spirituelle, représentative de cette
génération de jeunes femmes qui firent les beaux jours des revues
parisiennes de la Belle Époque. Sa présence régulière à
l'Européen, au Moulin-Rouge et aux Ambassadeurs témoigne de la
place qu'elle avait déjà su conquérir dans le monde du spectacle
parisien avant que le destin ne l'emporte prématurément.
Repères
chronologiques
26
octobre 1887 : naissance à Dijon sous le nom d'Angèle
Demanche.
1907-1908
: débuts remarqués à l'Européen.
1908
: succès dans la revue Cric-Krack ! aux côtés de Jeanne
Bloch.
Août
1908 : engagement signalé au Moulin-Rouge.
1910
: remarquée aux Ambassadeurs.
6
juillet 1911 : décès à Paris à l'âge de 23 ans.
Juillet 1911
: la presse parisienne salue unanimement la disparition d'une jeune
artiste pleine d'avenir.
Sources :
Paris, Le Journal, L’Humanité (1908), Le Nouveau Siècle
(1909-1910), Comoedia (1908-1911)
Cette anecdote est savoureuse : Jenny Valette, artiste lyrique, accuse d'abord sa domestique d'un vol de bijoux estimés à 35 000 francs, avant de découvrir que ceux-ci avaient été récupérés grâce à l'entremise mystérieuse d'une amie qui empoche au passage la récompense de 500 francs. Le commissaire, prudent, évite ainsi une erreur judiciaire qui aurait pu rappeler l'« affaire Choté », célèbre affaire d'accusation injustifiée de domestique à la fin du XIXᵉ siècle. (Source : Le petit courrier du 1er juillet 1891)
Les Bijoux de Mademoiselle Valette
Chanson comique de café-concert (sur un fait divers authentique de 1891)
(Valse légère et enjouée)
Couplet 1
Dans son logis du boulevard Saint-Martin,
Une diva chantait du soir au matin,
Quand soudain elle pousse un cri déchirant :
« Mes bijoux ! Mes trésors ! Mes brillants ! »
Ses diamants, ses rubis, ses colliers précieux,
Avaient disparu d'un coffret merveilleux,
Et la belle courut, le cœur tout tremblant,
Chez le commissaire immédiatement.
Refrain
🎭 Ah ! les bijoux de Mademoiselle Valette,
Ils voyagent la nuit sans payer leur charrette !
On les croit envolés chez quelque filou,
Mais les voilà partout... et nulle part du tout !
Ah ! les bijoux de Mademoiselle Valette,
Quelle aventure folle et quelle opérette !
Tout Paris les poursuit avec agitation,
Pendant qu'ils se promènent sans autorisation !
Couplet 2
Le commissaire arrive avec gravité,
Examine les lieux avec autorité,
Pas une serrure, pas un meuble brisé,
Rien n'avait paru les avoir forcés.
La bonne est mandée, l'air fort embarrassé,
Par sa maîtresse elle est vite accusée.
Mais faute de preuve et faute d'indice sûr,
La justice hésite et reste dans l'azur.
Refrain
🎭 Ah ! les bijoux de Mademoiselle Valette,
Ils voyagent la nuit sans payer leur charrette !
On les croit envolés chez quelque filou,
Mais les voilà partout... et nulle part du tout !
Ah ! les bijoux de Mademoiselle Valette,
Quelle aventure folle et quelle opérette !
Tout Paris les poursuit avec agitation,
Pendant qu'ils se promènent sans autorisation !
Couplet 3
Le lendemain matin, tout change soudain,
Une lettre arrive au commissaire enfin.
La chanteuse écrit : « N'insistez plus, monsieur,
Mes bijoux sont rentrés, le ciel est généreux ! »
Mais le magistrat, piqué de curiosité,
Veut connaître le fond de cette vérité.
Comment les diamants avaient-ils reparu ?
Et par quel miracle étaient-ils revenus ?
Refrain
🎭 Ah ! les bijoux de Mademoiselle Valette,
Ils voyagent la nuit sans payer leur charrette !
On les croit envolés chez quelque filou,
Mais les voilà partout... et nulle part du tout !
Ah ! les bijoux de Mademoiselle Valette,
Quelle aventure folle et quelle opérette !
Tout Paris les poursuit avec agitation,
Pendant qu'ils se promènent sans autorisation !
Couplet 4
Une amie lui dit : « Pour cinq cents francs comptants,
Je sais peut-être où sont vos bijoux brillants !
Rendez-vous donc ce soir à la Madeleine,
Quelqu'un vous parlera de cette affaire étrange. »
Valette accourut au bureau des omnibus,
Attendant le messager qu'on lui avait promis.
Mais personne ne vint malgré les coups d'œil,
Et l'heure s'écoula dans un profond recueil.
Refrain
🎭 Ah ! les bijoux de Mademoiselle Valette,
Ils voyagent la nuit sans payer leur charrette !
On les croit envolés chez quelque filou,
Mais les voilà partout... et nulle part du tout !
Ah ! les bijoux de Mademoiselle Valette,
Quelle aventure folle et quelle opérette !
Tout Paris les poursuit avec agitation,
Pendant qu'ils se promènent sans autorisation !
Couplet 5
Elle rentra chez elle en fort mauvais état,
Quand soudain sur un meuble elle aperçut un paquet.
Elle l'ouvre aussitôt d'une main fébrile :
Ses bijoux étaient là, revenus bien tranquilles !
L'amie tendit la main d'un air fort satisfait :
« Les cinq cents francs promis ? Je crois qu'ils sont parfaits ! »
Et la diva paya sans faire de détour,
Heureuse de revoir ses trésors de retour.
Refrain
🎭 Ah ! les bijoux de Mademoiselle Valette,
Ils voyagent la nuit sans payer leur charrette !
On les croit envolés chez quelque filou,
Mais les voilà partout... et nulle part du tout !
Ah ! les bijoux de Mademoiselle Valette,
Quelle aventure folle et quelle opérette !
Tout Paris les poursuit avec agitation,
Pendant qu'ils se promènent sans autorisation !
Final
Le commissaire alors comprit avec sagesse
Que parfois le soupçon n'est qu'une maladresse.
La bonne fut blanchie sans autre jugement,
Et chacun retrouva son calme promptement.
Mais depuis ce jour-là, dans les cafés-concerts,
On raconte en riant ce mystère singulier :
Les bijoux les plus fins, les diamants les plus nets,
Ont parfois plus d'esprit que Mademoiselle Valette !
Refrain final
🎭 Ah ! les bijoux de Mademoiselle Valette,
Ont gagné ce soir leur propre opérette !
Ils ont fait courir Paris comme des fous,
Pour rentrer sagement... quand on ne les cherchait plus !
Jenny Valette, pseudonyme dont l'état civil demeure
pour l'instant introuvable, serait née à Paris vers 1869-1870.
Un article de Nice Artistique de mars 1892 indique qu'elle a
alors vingt-deux ans et précise qu'elle est née dans la capitale.
Selon ce même texte, elle aurait été remarquée très jeune par le
compositeur Charles Gounod, alors qu'elle accompagnait sa sœur aînée
au cours d'un professeur du Conservatoire nommé Reignier. Gounod lui
aurait donné ses premières leçons et encouragé sa vocation
théâtrale.
Ses
débuts remontent à 1887, au théâtre des
Menus-Plaisirs à Paris. La presse souligne alors sa fraîcheur, sa
grâce et une voix déjà prometteuse. Lors de sa création dans La
Petite Mariée, elle est décrite comme une « toute jeune
artiste » dont le succès paraît mérité. Quelques mois plus tard,
des chroniqueurs rapportent même que Gounod lui aurait prédit « un
brillant avenir ».
Au
cours des années suivantes, Jenny Valette se spécialise dans
l'opérette. Elle joue notamment dans :
François les Bas-Bleus ;
Les Cloches de Corneville ;
Les Verts Poteaux d'Audran ;
Le Petit Faust ;
Madame Favart ;
La Rousotte ;
Boccace ;
Fleur de Thé ;
La Périchole.
Les
journaux la décrivent volontiers comme une artiste « spirituelle et
gracieuse », dotée d'une voix perlée et d'une présence scénique
séduisante. À Nice, où elle est engagée au théâtre de la
Jetée-Promenade, elle obtient un réel succès dans plusieurs rôles
d'opérette et participe également aux célèbres batailles de
fleurs de la Côte d'Azur.
Sa
carrière ne se limite pas à Paris. Elle se produit à Bruxelles,
puis dans plusieurs grandes villes françaises, notamment Bordeaux,
Marseille et Nice. Un article
rapporte même qu'elle aurait joué près de deux cents fois
le rôle de Miss Helyett à Bordeaux, ce qui témoigne d'une certaine
popularité.
Vers
1892-1894, elle est engagée en Russie,
notamment à Saint-Pétersbourg, où elle chante au
théâtre Michel, à l'Aquarium puis à l'Arcadia. Plusieurs journaux
signalent les succès qu'elle y rencontre. À son retour, elle signe
un engagement à Monte-Carlo auprès de Raoul Gunsbourg.
Sources : La Souveraineté, 13.10.1887 - Le Figaro, 4 avril 1888 - La Vie Mondaine à Nice, 3 mars 1892 - Nice Artistique, 10 mars 1892 - L'Intransigeant, 23 octobre 1894 - Le Journal, 12 décembre 1894 - Le rappel, 19 décembre 1894.
👑🎶 Chronique officielle du Royaume de Manéhouarnie
Sa Majesté le Roi de Manéhouarnie attend toujours sa pianiste...
Installé dans son fauteuil d'apparat, entre un piano héroïquement survivant et quelques siècles de poussière soigneusement conservés, le souverain entretient sa patience à grands renforts de gammes à la flûte à bec.
Les mauvaises langues prétendent que le piano est désaccordé. C'est faux : il explore simplement des tonalités encore inconnues de la science musicale.
Pendant ce temps, l'horloge tourne, les toiles d'araignée progressent et le roi répète inlassablement son programme de concert. Selon les archives du palais, la pianiste serait « en léger retard »... depuis plusieurs années.
👑 J'attends ma pianiste ! 🎹
Chanson comique baroque du Royaume de Manéhouarnie
Couplet 1
Dans mon palais décrépit que le temps a noirci,
Je siège avec grandeur depuis le matin gris ;
Ma flûte est accordée, mon manteau bien brodé,
Mais point de clavecin pour pouvoir m'accompagner !
J'ai fait sonner cent fois les cloches du château,
J'ai même réveillé les corbeaux du donjon ;
Les pages, en tremblant, m'assurent tour à tour :
« Sire, elle va venir... avant la fin du jour ! »
Refrain
J'attends ma pianiste, hélas depuis midi, Mon concert est prêt, mon public aussi ! Je souffle menuets, sarabandes et rondeaux, Mais seul avec ma flûte, c'est moins brillant qu'il ne faut ! J'attends ma pianiste, le destin est cruel, Les araignées du palais battent déjà la ritournelle ; Dans tout Manéhouarnie chacun connaît mon ennui : Un roi règne sur tout... sauf sur les retardataires, pardi !
Couplet 2
Le vieux piano royal penche un peu sur le côté,
Il tient par habitude autant que par fierté ;
Quelques touches ont fui vers un meilleur destin,
Les autres font encor semblant d'être en bon état, enfin...
J'ai commandé pourtant un concert solennel,
Avec feux d'artifice et fanfares éternelles ;
Mais les courtisans bâillent en comptant les moutons,
Tandis que je rejoue cent fois le même bourdon.
Refrain
J'attends ma pianiste, hélas depuis midi...
Couplet 3
J'ai consulté l'astrologue et le grand chambellan,
Le ministre des Arts, le maréchal des vents ;
Tous m'ont dit gravement, le regard inspiré :
« Sire, son arrivée ne saurait tarder ! »
Alors j'ai fait porter un message pressant :
« Le royaume entier attend votre talent ! »
Mais l'unique réponse apportée par le coursier
Fut un simple billet : « Je suis presque arrivée. »
Refrain
J'attends ma pianiste, hélas depuis midi...
Couplet 4
Enfin vers le soir tombant, tandis que je m'endormais,
La porte s'ouvrit soudain dans un grincement parfait ;
« Me voici ! » cria la dame en entrant au salon.
Je bondis de mon fauteuil avec émotion.
Mais après tant d'années de patience et d'efforts,
J'avais appris tout seul à jouer de tous les bords ;
Et je lui répondis d'un ton presque attendri :
« Merci, chère pianiste... mais le concert est fini ! »
Refrain final
J'attendais ma pianiste depuis bien trop longtemps, J'ai usé trois couronnes et deux fauteuils pourtant ! Je souffle menuets, sarabandes et rondeaux, Et même le vieux piano me trouve assez beau ! J'attendais ma pianiste, le destin fut cocasse, Elle arrive à l'instant précis où je quitte la place ! Dans tout Manéhouarnie l'on répète aujourd'hui : Un roi peut être patient... mais pas jusqu'à l'infini ! 👑🎶😄
Direction les cafés-concerts de la Belle Époque avec cette chanson humoristique inspirée d'une étonnante publicité médicale des années 1910 ! À une époque où les réclames promettaient monts et merveilles, le célèbre Jubol se présentait comme un véritable « ramoneur de l'intestin », chargé de remettre de l'ordre dans les tuyauteries intérieures de ses contemporains.
Sur un air léger et enjoué, cette fantaisie ressuscite l'univers savoureux des anciennes affiches publicitaires, où médecins, académiciens et petits ramoneurs rivalisaient d'imagination pour vanter les vertus de leurs remèdes. Entre satire, opérette et chanson de café-concert, voici une joyeuse célébration de la mystérieuse « jubolisation » qui promettait, paraît-il, bonheur, légèreté... et harmonie des formes !
🎶 Une curiosité chantée venue tout droit des réclames les plus cocasses de la Belle Époque.
(Chanson comique à la manière des cafés-concerts de 1910)
Couplet 1
Depuis huit jours, quelle disgrâce,
Je marchais d'un pas solennel,
Avec le ventre plein d'audace
Mais l'intérieur peu fraternel.
Mon estomac criait famine,
Mon intestin faisait grève aussi,
On entendait dans ma poitrine
Comme un orchestre mal appris !
Refrain
🎶
V'là le petit ramoneur,
Le joyeux déboucheur !
Qui descend dans les tuyaux
Avec son balai rigolo !
Il frotte, il brosse avec entrain,
Les détours du pauvre intestin,
Et chacun crie de bon matin :
« Vive le Jubol souverain ! »
🎶
Couplet 2
Le médecin, d'un air tragique,
Déclara devant les voisins :
« Votre système hydraulique
Ne suit plus les chemins anciens ! »
Alors survint, tel un apôtre,
Le petit Jubol triomphant,
Qui promettait, sans rien de trop,
Le nettoyage convaincant.
Refrain
🎶
V'là le petit ramoneur,
Le joyeux déboucheur !
Qui descend dans les tuyaux
Avec son balai rigolo !
Il frotte, il brosse avec entrain,
Les détours du pauvre intestin,
Et chacun crie de bon matin :
« Vive le Jubol souverain ! »
🎶
Couplet 3
Il emporta glaires, migraines,
Vertiges, langue de charbon,
Et même certaines rengaines
Qui m'ennuyaient dans le salon.
Je retrouvai ma silhouette,
Mon appétit, mon gai maintien,
Et ma couturière Colette
Trouva que j'avais meilleur teint.
Refrain
🎶
V'là le petit ramoneur,
Le joyeux déboucheur !
Qui descend dans les tuyaux
Avec son balai rigolo !
Il frotte, il brosse avec entrain,
Les détours du pauvre intestin,
Et chacun crie de bon matin :
« Vive le Jubol souverain ! »
🎶
Couplet 4
À l'Académie des Sciences,
Paraît-il, l'on discutait fort
De cette étrange renaissance
Qui rendait les bedons moins lourds.
Moi je ne sais qu'une seule chose,
Et je l'affirme sans détour :
Quand mon ventre devient morose,
Je pense au petit troubadour !
Refrain final
🎶
V'là le petit ramoneur,
Le champion du bonheur !
Avec son éponge et son seau,
Il nettoie tout de haut en bas !
Plus de soupirs, plus de chagrin,
Dans les couloirs de l'intestin,
Et l'on chante en levant la main :
« Jubolisons-nous demain ! »
🎶
Le portrait qui ressort de ce
document est celui d'une chanteuse élégante de
l'entre-deux-guerres, évoluant dans cet univers de lumières
électriques, de dancings enfumés, de casinos balnéaires et de
tournées de music-hall où se mêlaient fox-trots, opérettes et
attractions de variétés. Une de ces nombreuses artistes qui
animaient les soirées de la France des Années folles et dont il ne
subsiste souvent aujourd'hui que quelques lignes dans la presse
ancienne et une rare carte photographique. ✨
Les coupures de presse
montrent une carrière tournée vers les établissements de
divertissement populaires :
En 1928, elle est annoncée comme vedette invitée
de l'Olympia-Dancing, où elle présente ses «
dernières nouveautés ».
En 1929, elle apparaît au Royal-Dancing
comme « chanteuse étoile de théâtre lyrique ».
En 1930, la presse algérienne la présente encore
parmi les attractions de grands programmes de casino et de
music-hall, notamment au Splendid-Casino, où elle
est qualifiée de « charmante chanteuse » puis aux Ambassadeurs pour un grand gala.
Pour
l'instant, je n'ai trouvé aucune notice biographique établie ni
état civil clairement identifié sous ce nom de scène. Il est donc
probable que Yolly
Mirbel
soit un pseudonyme artistique. La période documentée des coupures s'étend essentiellement de 1928
à 1930,
avec des engagements à Paris, en province et jusqu'en Afrique du
Nord, ce qui témoigne d'une artiste bénéficiant alors d'un réseau
professionnel relativement étendu.
Un
profil très fréquent chez les chanteuses de casino de
l'entre-deux-guerres qui interprétaient aussi bien des romances que
des extraits d'opérettes ou des chansons à succès.
Une artiste lyrique parisienne entre opérette, music-hall et
tournées internationales
Parmi les nombreuses artistes qui firent rayonner l’opérette
française dans les années folles, Sonia Alnydemeure aujourd’hui
une silhouette discrète, presque effacée des grandes encyclopédies
du spectacle. Pourtant, la presse ancienne permet de retracer une
carrière élégante et mouvementée, entre Paris, les casinos des
grandes villes d’eaux et même l’Amérique. ✨
Née à Paris en 1898, de mère française et de père russe selon
ses propres déclarations dans la presse, Sonia Alny grandit dans un
milieu cultivé. Elle reçoit une solide formation artistique :
piano, chant, français et anglais. Cette excellente éducation lui
permet très tôt d’enseigner avant de se tourner définitivement
vers le théâtre lyrique.
La presse de 1923 évoque ses débuts à la Gaîté-Lyrique où
elle interprète Suzanne dans Les Saltimbanques. Elle chante
ensuite au Trianon-Lyrique ainsi qu’à Deauville, dans des
spectacles d’opérette où son élégance et sa finesse sont
remarquées. Le compositeur Raoul Moretti et surtout Cuvillier lui
confient alors plusieurs créations.
Sonia Alny crée notamment Nonette aux Capucines, puis
chante à Bruxelles dans Peg de mon cœur avec Berthe Bovy
avant de revenir triompher à Paris dans Benjamin, opérette
de René Mercier. Dès cette époque, les journalistes louent :
sa silhouette élancée,
sa diction raffinée,
et sa voix légère parfaitement adaptée aux héroïnes
modernes de l’opérette nouvelle.
En 1927, une interview publiée dans La Vie Bordelaise
nous offre un portrait particulièrement vivant de l’artiste. Sonia
Alny y raconte avoir joué :
à Mogador,
à la Michodière,
à l’Apollo,
aux Capucines,
ainsi que dans les célèbres cabarets des « 4-z-Arts ».
Elle évoque également ses tournées dans les casinos de
Deauville, Cannes et Monte-Carlo où elle crée Les Bleus de
l’Amour. Déjà tournée vers l’international, elle revient
alors d’Amérique et du Canada, où elle a chanté l’opérette
française tout en perfectionnant son anglais afin d’aborder le
répertoire anglo-américain.
Cette ouverture internationale est assez rare pour une artiste
d’opérette française des années 1920. Sonia Alny apparaît ainsi
comme une représentante typique de cette génération moderne,
cosmopolite et élégante qui accompagne l’évolution du spectacle
parisien après la Première Guerre mondiale. 🌍
Les journaux spécialisés soulignent également son aisance dans
les rôles travestis, très en vogue dans les opérettes modernes.
Elle cite elle-même Le Petit Duc comme l’un de ses
emplois favoris.
Durant les années 1930, Sonia Alny poursuit sa carrière entre
théâtre, concerts radiophoniques et galas. On retrouve encore son
nom dans la presse radiophonique de 1936 où elle chante à
Radio-Paris lors d’émissions de Noël.
Puis, après 1939, son nom disparaît presque complètement des
journaux et programmes connus. Comme beaucoup d’artistes de cette
génération, la guerre semble avoir interrompu ou profondément
transformé sa carrière publique.
Sonia Alny s’éteint en 1993, après avoir traversé presque
tout le XXe siècle. Il reste aujourd’hui d’elle quelques
photographies et des articles enthousiastes
témoignant d’une artiste raffinée qui incarna, durant près de
vingt ans, l’esprit léger et brillant de l’opérette parisienne.
🎭