samedi 3 octobre 2026

Quand l’oignon devenait pompier !

 

Journal de Seine-et-Marne, 14 février 1857

 

🧅 Quand l’oignon devenait pompier !

 

Une étrange méthode pour éteindre les feux de cheminée au XIXᵉ siècle

Il existe des remèdes anciens qui laissent perplexe… et puis il y a l’oignon pompier !

En fouillant dans la presse ancienne, j'ai retrouvé plusieurs témoignages étonnants consacrés à une méthode pour éteindre les feux de cheminée : jeter des oignons crus dans le foyer.

Et pas seulement un petit oignon symbolique pour faire joli : dans certains témoignages, il est question d'en jeter une dizaine ou une douzaine !

🔥 « Au feu !… Vite, apportez les oignons ! »

Le premier témoignage, publié dans le Journal de Seine-et-Marne du 14 février 1857, provient de Jouy-le-Châtel.

Les habitants racontent qu'un feu avait pris dans la cheminée d'un voisin. Ayant connaissance du procédé, ils jetèrent une dizaine d'« ognons crus » dans le foyer.

Et, selon leur témoignage, quelques secondes plus tard, le feu était éteint.

Le récit se termine avec une remarque pleine de bon sens :

« Il va sans dire que nous avons ensuite fait ramoner la cheminée. »

Voilà au moins une précaution qui n'a pas pris une ride !

👨‍🚒 L'expérience du coiffeur

Quelques mois auparavant, le Phare de la Loire avait rapporté une expérience réalisée à Nantes.

Un coiffeur, M. Trépont, avait été appelé auprès d'un feu de cheminée. Le propriétaire lui expliqua qu'il avait jeté une certaine quantité d'oignons crus dans la cheminée et que le danger avait aussitôt disparu.

Quelques jours plus tard, lorsque le feu prit dans sa propre cheminée, M. Trépont se souvint du procédé et le reproduisit.

Selon son témoignage, une douzaine d'oignons furent jetés dans la cendre du foyer et le feu s'éteignit rapidement.

Le journal ajoute même une conclusion savoureuse : les ménagères ayant toujours une provision d'oignons dans leur cuisine pourraient ainsi éviter l'intervention des pompiers !

👮‍♂️ Même la police s'en mêle !

Mais l'histoire ne s'arrête pas là.

Dans une lettre datée du 14 janvier, publiée dans le Phare de la Loire, le commissaire spécial de police du Palais, à Belle-Île-en-Mer, raconte à son tour avoir été témoin du phénomène.

Arrivé sur les lieux d'un incendie de cheminée, il aurait vu les flammes s'élever à plus de deux mètres au-dessus de la cheminée.

Il fit alors jeter des oignons crus dans le foyer.

Et, écrit-il, « comme par enchantement », le feu se serait complètement éteint.

Trois témoignages, trois lieux différents, et toujours le même légume appelé à la rescousse !


🧅 Une recette qui ne disparaît pas complètement

On pourrait croire qu'il s'agissait simplement d'une mode passagère de 1856-1857.

Mais non !

Une publication consacrée au Dauphiné et aux années 1878-1880 reprend encore le procédé. Elle explique que, lorsqu'on constate que la suie d'une cheminée s'enflamme, on peut jeter une douzaine d'oignons crus dans le feu. Le texte présente même les oignons comme un substitut au soufre.

C'est une trouvaille particulièrement intéressante car elle montre que la recette a continué à circuler plusieurs décennies après les articles de presse de 1856-1857.

🧪 Mais pourquoi le soufre ?

C'est là que les choses deviennent intéressantes.

Les anciens manuels consacrés à la maison donnent effectivement des méthodes d'extinction des feux de cheminée faisant intervenir le soufre et l'étouffement du foyer.

La Maison rustique des dames, par exemple, décrit un feu de cheminée comme reconnaissable au « ronflement mêlé de crépitation » de la suie enflammée. Elle recommande notamment de réduire les arrivées d'air et décrit l'emploi de fleur de soufre, dont les fumées étaient alors considérées comme capables d'éteindre la suie enflammée.

On retrouve donc deux traditions :

Le procédé documenté :

🔥 réduire le courant d'air
🔥 étouffer le foyer
🔥 employer certains agents comme le soufre

Le procédé populaire rapporté par la presse :

🧅 jeter des oignons crus dans le foyer !

En revanche, il serait imprudent d'affirmer aujourd'hui que l'oignon possède une propriété chimique particulière permettant d'éteindre un feu de cheminée. Les articles anciens rapportent des expériences et des témoignages, mais ils ne constituent pas une démonstration scientifique.

Il est possible que le résultat ait dépendu de plusieurs phénomènes simultanés, notamment de la diminution de la combustion et du tirage.


🏡 Une époque où le potager faisait concurrence à la caserne

Ce qui rend cette histoire délicieuse, c'est le contexte.

Au XIXᵉ siècle, le savoir domestique était rempli de recettes destinées à résoudre les petits problèmes quotidiens avec ce que l'on avait sous la main.

Un peu de soufre par-ci…

Un drap mouillé par-là…

Et, si nécessaire :

« Passez-moi donc une douzaine d'oignons ! » 🧅

L'oignon, jusque-là destiné à la soupe, au bouillon ou au pot-au-feu, pouvait soudain recevoir une nouvelle fonction : auxiliaire de lutte contre l'incendie.

Il ne manquait plus que l'uniforme !


⚠️ Et aujourd'hui ?

Évidemment, cette recette appartient à l'histoire des pratiques domestiques et ne doit pas être considérée comme une méthode actuelle d'extinction.

Les services de secours recommandent aujourd'hui, en cas de feu de cheminée, de réduire si possible l'intensité du foyer, de sortir du logement, de fermer les portes et d'appeler les sapeurs-pompiers au 18. Le SDIS de la Manche déconseille notamment de jeter dans une cheminée des matériaux susceptibles de produire des fumées toxiques.

Le ramonage reste par ailleurs une mesure essentielle de prévention. La réglementation française impose au minimum un ramonage annuel, avec des fréquences pouvant être supérieures selon les départements.

Bref : aujourd'hui, on appelle les pompiers. Au XIXᵉ siècle, on appelait parfois le marchand de légumes ! 😄

 


 

jeudi 1 octobre 2026

La valse du beau gosse

 



🎶💃 LA VALSE DU BEAU GOSSE 🎹❤️

Mesdames, attention ! Voici venu le moment de rencontrer le beau gosse de l’Opéra… celui qui se croit irrésistible et affirme fièrement : « Je suis beau gosse et je plais, toutes les filles tombent à mes pieds ! » 😎

Mais voilà… son assurance fond comme neige au soleil lorsqu’il rencontre une ravissante pianiste aux doigts de fée. 🎹✨

Une valse romantique, lyrique et délicieusement humoristique, où notre séducteur découvre qu’il est parfois bien plus facile de faire valser une demoiselle que de résister à son charme !

💃 Une valse, un piano… et voilà notre beau gosse amoureux ! ❤️

 

Couplet I

Je suis beau gosse, et je le sais,
Dans tous les salons, je plais !
Quand je parais, quelle merveille,
Les beaux yeux brillent, les cœurs s'éveillent !

Je suis beau gosse, que voulez-vous ?
Ce n'est vraiment pas de ma faute à moi !
Le ciel m'a fait joli, c'est tout,
Et les miroirs me le disent chaque fois !

Refrain

Je suis beau gosse et je plais,
Toutes les filles tombent à mes pieds !
Je suis beau gosse, je le sais,
C'est ainsi que le destin m'a fait !

Mais ce soir, par un étrange hasard,
Mon cœur s'est égaré quelque part...
Car devant moi, quelle merveille,
Une musicienne aux doigts de fée !

Couplet II

Elle est assise au piano,
Et son clavier devient concerto.
Ses mains frêles courent, légères,
Sur les touches blanches et les touches noires.

Arpèges brillants, accords enchanteurs,
Chaque mesure me vole le cœur !
Son doux visage, son regard charmant,
Me font oublier que je suis si séduisant !

Moi qui croyais séduire le monde,
Me voilà pris dans une valse profonde !
Un simple sourire, un léger regard,
Et mon assurance disparaît quelque part !

Refrain

Je suis beau gosse et je plais,
Mais devant elle, je ne sais plus quoi faire !
Je suis beau gosse, je le savais,
Mais c'est elle qui me fait perdre mes repères !

Ah ! Quelle musique, quel doux vertige,
Quel tendre piège où mon cœur s'afflige !
Car lorsque ses doigts font chanter le piano,
Je voudrais valser jusqu'au dernier tempo !

Couplet III

Mademoiselle, acceptez donc
Cette valse au tendre abandon !
Laissez le piano nous accompagner,
Et que nos deux cœurs puissent tournoyer !

Tournez, tournez, jolie demoiselle,
Votre grâce me donne des ailes !
Je vous entraîne dans un tourbillon,
Plus fou qu'un grand bal de l'Opéra !

La salle s'efface, le monde s'endort,
Nous tournons encore, encore, encore !
Et dans cette valse étourdissante,
Votre beauté devient enivrante !

Grand passage lyrique

Ô belle musicienne,
Ô merveilleuse pianiste !
Vos mains sur le clavier
Ont vaincu le plus grand des artistes !

Je voulais vous séduire,
Mais c'est moi qui suis conquis !
Je voulais vous faire rire,
Mais c'est mon cœur qui s'évanouit !

Quel sortilège, quelle folie,
Quel doux poison que cette harmonie !
Je tourne, je danse, je perds la raison,
Et votre piano gouverne mon cœur !

Refrain final

Je suis beau gosse et je plais,
Du moins, c'est ce que je croyais !
Mais devant cette belle musicienne,
Ma superbe soudain s'enchaîne !

Je suis beau gosse, je le sais,
Mais ce soir je suis désarmé !
Car une jolie pianiste aux doigts de fée
A fait valser mon cœur pour l'éternité !

Coda

Alors, valse encore, ma belle,
Fais tourner la nuit et les étoiles !
Que ta musique soit éternelle,
Et que nos deux cœurs mettent les voiles !

Je suis beau gosse... paraît-il !
Mais pour vous, je deviens fragile...
Et si demain vous rejouez du piano,
Je reviendrai valser... au même tempo !

Très théâtral, parlé :

« Mesdames, Messieurs...
Je dois bien l'avouer...
Pour une fois...
Ce n'est pas moi qui ai séduit la demoiselle.
C'est son piano qui m'a séduit ! »

Final orchestral :

La la la... tourne, tourne, jolie valse...
Tourne encore... tourne toujours...
Car quand une pianiste joue avec tant de grâce,
Même un beau gosse tombe amoureux !

 

©dboissy (2026)