Le mystérieux père Boratte :
quand une pile Wonder devient une affaire de survie !
« Tragique méprise » : voilà
un titre qui ne manque pas de piquant pour une affaire qui,
heureusement, se termina mieux qu’elle n’avait commencé.
Dans les journaux de décembre 1950 apparaît à
plusieurs reprises un curieux personnage répondant au nom de père
Boratte. Mais qui était donc cet homme dont la mésaventure
allait faire les frais de la rubrique des faits divers ?
Les informations dont nous disposons sont encore
bien maigres. La presse nous apprend toutefois qu'il était présenté,
selon les journaux, comme « le doyen des braconniers »
ou comme « le doyen des tambours de ville ». Deux
activités qui donnent déjà au personnage une certaine allure !
Était-il véritablement braconnier ? Tambour de
ville ? Peut-être les deux ? Voilà déjà de quoi faire travailler
notre imagination... et surtout notre enquêteur en herbe.
Une armoire, une poudre mystérieuse et une terrible confusion
L'affaire commence dans l'obscurité de son
armoire.
Le père Boratte, en fouillant parmi ses affaires,
aurait confondu de la mort-aux-rats avec une poudre
médicinale. Une confusion pour le moins fâcheuse, surtout
lorsque l'on sait que les deux produits n'avaient évidemment pas
vocation à se retrouver dans le même rayon !
Victime de cette méprise, il fut transporté à
l'hôpital.
Mais l'histoire prit alors une tournure encore
plus rocambolesque.
Une première information publiée dans la presse
annonça que le père Boratte s'était suicidé.
Erreur !
L'homme n'était pas mort. Et surtout, il ne
s'était nullement suicidé.
Les journaux rectifièrent donc leur information
quelques jours plus tard, en expliquant que le malheureux avait
simplement confondu, dans l'obscurité de son armoire, la
mort-aux-rats avec une poudre médicinale.
Et la fameuse promesse du boîtier Wonder ?
C'est ici que cette histoire devient presque
publicitaire.
À sa sortie de l'hôpital, le père Boratte
aurait déclaré qu'il allait acheter un boîtier Wonder.
Pourquoi ?
Tout simplement pour éviter, semble-t-il, de
renouveler l'expérience !
La publicité Wonder fournie avec cette histoire
prend alors une saveur toute particulière. Elle proclame fièrement
:
« La pile Wonder ne s'use que si l'on
s'en sert ! »
Dans le cas du père Boratte, on pourrait presque
détourner le slogan :
« La poudre médicinale ne doit pas être
confondue avec la mort-aux-rats, surtout quand on fouille dans le
noir ! »
Et l'on imagine volontiers notre homme, de retour
chez lui, installant soigneusement une pile Wonder dans une lampe de
poche flambant neuve, histoire que sa prochaine exploration d'armoire
se fasse avec davantage de lumière !
Mais qui était réellement le père Boratte ?
C'est là que commence notre véritable enquête.
Les trois coupures de presse que nous avons
retrouvées, datées de décembre 1950, ne nous livrent
malheureusement que quelques indices.
Selon les versions, il est question du «
père Boratte », du « doyen des braconniers »
et du « doyen des tambours de ville ».
La localisation mentionnée est Avallon,
ce qui fournit une première piste sérieuse pour tenter de retrouver
son identité dans les archives de l'Yonne.
Mais pour l'instant, le personnage reste
mystérieux.
Quel était son prénom ?
Quel âge avait-il réellement ?
Depuis combien de temps exerçait-il ses activités
de tambour de ville ou de braconnier ?
Était-il connu dans toute la région ?
Et surtout... pourquoi cette étrange confusion
entre une poudre médicinale et de la mort-aux-rats ?
Sherlock Holmes, à vous de jouer !
Il ne manque finalement qu'une loupe, une
casquette à carreaux et quelques vieux registres pour transformer
cette petite anecdote de presse en véritable enquête historique.
Le père Boratte a bel et bien existé.
Les journaux de 1950 nous en donnent la trace,
mais son identité demeure pour l'instant dans la pénombre...
exactement là où, justement, notre homme avait commis sa fameuse
méprise.
Il nous reste donc à allumer la lumière !
Peut-être qu'un recensement, un registre d'état
civil, un journal local ou quelque archive municipale permettra un
jour de retrouver ce mystérieux père Boratte d'Avallon
et de reconstituer son histoire.
En attendant, une chose est certaine : après son
passage à l'hôpital, il avait compris une règle élémentaire...
Pour fouiller dans une armoire, mieux vaut
avoir une bonne lumière !
Et, si l'on en croit la publicité de l'époque,
une bonne vieille pile Wonder pouvait justement
rendre ce précieux service.
Affaire Boratte : dossier toujours ouvert.
🔎🔋
Sources : coupures de presse (La Bourgogne Républicaine, l'Aube, La Croix, Le Semeur de décembre 1950
et publicité ancienne Wonder) communiquées pour cette enquête.
L'identité précise du père Boratte reste à établir.