jeudi 30 avril 2026

Les chroniques du garde champêtre Boyer

 


 

À Sammeron, au début du XXe siècle, la tranquillité des champs n’était qu’une illusion… car veillait un homme : Boyer, garde champêtre, terreur des voleurs de pommes et gardien inflexible de l’ordre rural !

 

🍎 Affaire n°1 : les pommes baladeuses
Cueillir chez le voisin ? Mauvaise idée. Boyer transforme toute tentation fruitée en procès-verbal bien mûr. 

 

Journal de Seine-et-Marne, 13 oct. 1909

 

 🌿 Affaire n°2 : la promenade… un peu trop gourmande
Passer « innocemment » par la propriété d’un voisin, casser une branche de pommier et repartir avec quelques prunes ?
Boyer surgit (probablement derrière une haie), constate, sermonne… et verbalise !

 

Journal de Seine-et-Marne, 18 août 1911


 🐇 Affaire n°3 : le lapin imprudent
Un collet, un lapin… et hop, un procès-verbal de plus. La justice champêtre ne laisse rien filer, pas même une oreille de lièvre !

 

 Journal de Seine-et-Marne, 28 janv. 1912

 

 🔔 Affaire n°4 : les cloches rebelles
Midi sonne… et les cloches aussi ! Crime sonore ! Même le curé n’échappe pas à la rigueur du garde : à Sammeron, on ne plaisante pas avec les arrêtés municipaux.

 

Journal de Seine-et-Marne, 23 avr. 1913

 

 🍎 Affaire n°5 : les pommes baladeuses
Cueillir chez le voisin ? Mauvaise idée. Boyer transforme toute tentation fruitée en procès-verbal bien mûr.

 

Journal de Seine-et-Marne, 5 oct. 1913

 

vendredi 24 avril 2026

The Wellerman

 


 

Cap sur les mers du Sud avec The Wellerman, célèbre chant de marins venu de Nouvelle-Zélande au XIXᵉ siècle. Entonné par les baleiniers, ce « sea shanty » rythmait le travail à bord tout en nourrissant l’espoir : celui de voir arriver le navire ravitailleur de la compagnie des frères Weller, chargé de thé, de sucre… et de réconfort.

Remis à l’honneur au XXIᵉ siècle, notamment grâce aux réseaux sociaux et à des interprètes comme Nathan Evans, ce chant intemporel continue de faire vibrer les cœurs.

Aujourd’hui, il largue les amarres dans une version revisitée : la douceur de la flûte à bec portée par les souffles chaleureux de l’accordéon. Une rencontre entre tradition maritime et esprit baroque… pour un voyage musical hors du temps ! 🌊🎶

 


 

mardi 21 avril 2026

Flûte traversière - René d'Avril

Carte postale 1902 - Illustrateur André Dupuis

René d'Avril (1875-1966)

 


 

Flûte traversière

Dans un écrin de verdure et de murmures délicats, cette romance nous entraîne au cœur d’un rêve suspendu…

Entre chants d’oiseaux, frémissements de feuilles et souffle invisible d’un musicien mystérieux, la flûte devient ici messagère d’un amour furtif, presque irréel. Les papillons eux-mêmes semblent s’arrêter pour écouter…

🎼 Une poésie sensible et évocatrice, signée René d’Avril, où la nature et le sentiment se confondent en un doux mirage.

Fermez les yeux… et laissez-vous porter par ce souffle venu du bois chenu. 🌳🦋

 


 

dimanche 19 avril 2026

La voix brisée d'un héros lyrique



La voix brisée de la Belle Époque : Louis Vaurs

Que reste-t-il des triomphes d’hier ? Derrière le prestige de l’Opéra-Comique, certaines destinées brillent puis s’éteignent trop tôt. Celle du baryton Louis Vaurs en est un exemple poignant.

Né le 5 août 1881 à Bessan, fils de tonnelier, il quitte son Hérault natal pour Paris, où il entre au Conservatoire. Élève brillant, il remporte en 1908 un premier prix d’opéra. Sa voix puissante et bien timbrée séduit rapidement la critique. À l’Opéra-Comique, il s’impose dans de nombreux rôles et devient une figure appréciée de la scène lyrique. En 1912, il est nommé Officier d’Académie.

La guerre de 1914 interrompt cet élan. Mobilisé dans l’infanterie coloniale, il est blessé et décoré de la Croix de Guerre. Même au front, il continue de chanter pour ses camarades, offrant des instants de réconfort au cœur de l’épreuve.

Après-guerre, malgré des problèmes de santé contractés en service, il poursuit sa carrière avec courage, se produisant notamment à Marseille et à Nice dans des rôles exigeants.

Mais un drame personnel vient tout bouleverser. En 1920, il perd son épouse, la cantatrice Jenny Fayolle, à laquelle il était profondément attaché. Accablé par le chagrin, il ne s’en remet pas.

Le 10 août 1921, à Nice, Louis Vaurs met fin à ses jours à l’âge de 40 ans, emportant avec lui une voix remarquable et une sensibilité rare.

Artiste talentueux, soldat courageux et homme profondément épris, Louis Vaurs incarne à lui seul la grandeur et la fragilité des destinées artistiques de la Belle Époque.

 


 

La voix s’est tue (Hommage à Louis Vaurs)


Que reste-t-il des voix d’autrefois…
Quand les bravos se perdent dans le vent ?

Dans un atelier aux senteurs de bois,
Un enfant rêvait d’un autre destin,
Loin des tonneaux, déjà dans sa voix
Vibrait l’éclat des lendemains.
De B
essan jusqu’aux feux de Paris,
Il suivit l’appel du grand art,
Et sous les ors de Favart, la nuit,
Naquit un baryton au timbre rare.

Mais la voix s’est tue dans le vent du soir,
Comme un écho perdu dans la mémoire,
Et les bravos n’y peuvent plus rien,
Quand le cœur se brise en chemin…
Ô chante encore au-delà du noir,
Dans nos silences et nos espoirs,
Louis Vaurs, ton chant nous revient…
Comme un dernier refrain.

Sur les planches, solide et fier,
Son timbre sonnait comme un métal,
Alfio,
Werther ou Frère en prière,
Il donnait tout, c’était vital.
Même au front, parmi les soldats,
Dans la nuit et sous les obus,
Il chantait pour ceux qui n’y croyaient pas,
Et faisaient renaître l’inconnu.

Mais la voix s’est tue dans le vent du soir,
Comme un écho perdu dans la mémoire…

Et puis un jour… le silence…
Elle n’était plus là…

Ah… ah…

Puis vint le jour où tout s’effondra,
Quand l’amour s’en alla sans retour,
Et dans son âme ne resta
Qu’un silence plus fort que l’amour.
À Nice, sous les pins et les cieux,
Loin des regards et des décors,
Il a rejoint celle qu’il aimait tant,
Dans un ultime accord…

Et la voix s’élève au vent du soir,
Comme un écho vivant dans l’histoire,
Car les grands chants ne meurent jamais,
Ils traversent l’éternité !
Ô chante encore dans nos mémoires,
Par-delà le temps et le noir,
Louis Vaurs, ton nom nous revient…
Comme un immortel refrain.

 

©dboissy (2026 

 


 

mardi 14 avril 2026

L'Agent Ténor

 


🎭✨ L’AGENT TÉNOR – une histoire vraie… et chantée !

Saviez-vous qu’à Paris, dans les années 1920, un simple gardien de la paix faisait tourner les têtes… autant que les cœurs ?

👮‍♂️ Le jour, il réglait la circulation sur les quais.
🎤 Le soir, il faisait vibrer les salles de spectacle.

Henri Vors, surnommé “l’Agent Ténor”, a vécu un destin hors du commun :
de la rue de Rivoli à l’Olympia, puis jusqu’à l’Opéra-Comique, il a transformé sa vocation en véritable aventure artistique… avant de devenir auteur dramatique !

💫 Une double vie fascinante, entre devoir et passion, discipline et émotion — où un simple coup de sifflet pouvait presque devenir… un air d’opéra.

🎶 J’ai eu envie de faire revivre ce personnage étonnant à travers une chanson, inspirée d’articles de presse d’époque et de son parcours unique.

👉 Une histoire vraie, pleine de panache, d’humour et de lyrisme… comme on les aime !



🎭 L’AGENT TÉNOR

(Chanson pour ténor d’opéra-comique, avec panache et sourire)

🎶 Couplet 1

Sur le quai des Orfèvres, au matin gris perlé,
Un agent faisait la ronde, l’œil vif, le pas réglé ;
Mais sous le képi sombre, un mystère résonnait :
C’était
un air de Manon que son cœur fredonnait !

Il levait son bâton blanc comme un chef d’orchestre,
Arrêtait les fiacres… en cadence céleste !
Et les passants surpris, charmés malgré eux,
Disaient : « Quel drôle d’agent… mais quel timbre merveilleux ! »


🎶 Refrain

🎤
C’est l’agent ténor, la voix du pavé,
Qui chante Verdi en faisant circuler !
De la rue de Rivoli jusqu’à l’Opéra,
Il met du grand art sous chaque pas !

C’est l’agent ténor, rêveur en uniforme,
Qui garde la paix… mais trouble les normes !
Et quand il s’élance en ut éclatant,
Paris tout entier retient son temps !


🎶 Couplet 2

« Je suis né à Sète », dit-il avec fierté,
« Et j’ai dans la poitrine un soleil enchanté ;
La nuit je fais mon service, le jour je fais mes gammes,
Entre deux coups de sifflet… je poursuis mon drame ! »

Chez Nuibo il travaille son aigu triomphant,
Et déjà dans
Tosca il frémit en chantant ;
De
Werther à Carmen, son rêve est lancé :
Quitter la chaussée… pour mieux s’élever !


🎶 Refrain

🎤
C’est l’agent ténor, la voix du pavé,
Qui chante Puccini en faisant circuler !
Des taxis pressés aux cœurs attendris,
Il fait de la rue un théâtre infini !

C’est l’agent ténor, vaillant et lyrique,
Qui règle le monde en musique !
Et sous son uniforme au pli impeccable,
Se cache un héros… presque inclassable !


🎶 Couplet 3

Un soir à l’Olympia, miracle accompli,
Le gardien de la paix devient artiste applaudi !
Puis l’Opéra-Comique ouvre ses coulisses,
À cet agent chantant que le destin propulse.

Mais l’histoire ne s’arrête pas au dernier accord :
Quand d’autres chantent encore, lui écrit son sort !
« Déception » naît enfin sous sa plume hardie,
Et Vors devient auteur… après avoir conquis Paris !


🎶 Refrain final (grandiose)

🎤
C’est l’agent ténor, devenu auteur,
Qui troque le sifflet contre la ferveur !
Des pavés de Paris aux feux de la rampe,
Il change de vie… mais jamais de flamme !

C’est l’agent ténor, et dans sa mémoire
Résonne à jamais un double espoir :
Servir la cité… et chanter plus haut,
Comme un cri du cœur devenu héros !


🎶 Coda (parlé-chanté, avec humour)

« Circulez… circulez… mais en mesure, je vous prie !
Et si vous entendez un ut… ce n’est pas un délit ! »

©dboissy (2026)  

 


 

vendredi 10 avril 2026

En Bourgogne !

 


Source BnF-Gallica

Chanteuse de café concert - Degas (1834-1917)

EN BOURGOGNE ! Chanson (1877) 

Chantée par Mme HEUZÉ à la Scala Paroles de Victor HEURÉ - Musique de Henry VOURY 

  

Couplet 1

Les Monts escarpés de la Suisse

Charment les yeux des voyageurs ;

Et glace, neige ou précipice,

Offrent de sublimes horreurs,

En Bourgogne, dans les campagnes,

Point de ces éternels frimas

Pour escalader ses montagnes

Les jalons sont des échalas !



Refrain

En Bourgogne !

Partons amis partons !

Alerte, à la besogne ;

Courage vendangeons ;

Que personne ne grogne !

Buvons, rions, chantons !

Buvons, rions, chantons !

Et vive la Bourgogne !

Salut aux Bourguignons !



Couplet 2

Pour ses provinces, bonne mère,

La France veut l'égalité;

Mais la Bourgogne elle est fière;

La Bourgogne c'est la gaîté !

Le vrai bourguignon aime rire,

Et du progrès il suit les lois;

Il a toujours, on peut le dire,

Le coeur français, l'esprit gaulois ! Au Refrain

 

 

Couplet 3

La Saône est une bourguignonne;

Elle jette à Lyon ses produits;

Dans les vignes serpente l'Yonne

Transportant ses vins à Paris;

Et la Vanne à Lutèce mène

Ses pures et limpides eaux;

C'est en Bourgogne que la Seine

Jaillit de vignobles côteaux ! Au Refrain



Couplet 4

Ô Bourgogne, féconde terre

D'hommes célèbres de tout rang !

Voici Charles le Téméraire,

Jean Cousin, Crébillon, Vauban ;

Piron à la muse badine,

Rameau, Vaugelas et Buffon;

Notre poëte Lamartine

N'était-il pas Bourguignon ? Au Refrain

 

 


 

jeudi 9 avril 2026

Les Mariniers de l'Yonne

 



Source : BnF-Gallica
 
 

LES MARINIERS DE L’YONNE Chanson (1881) 

Chantée par Eugène DURAND aux Concerts de l’orphéon de SENS - Paroles de Victor HEURÉ – Musique de Edouard LORIN 

Couplet 1
Braves enfants, Marins de l’Yonne,
Sans boussole nous voyageons,
Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il tonne
En route gaimant nous voguons
Point de mâtures, point de voiles
A nos coches à nos bateaux,
Et sans consulter les étoiles,
Filons sur nos paisibles eaux !
Refrain
Mariniers de l’Yonne, 
Vrais lurons, Bourguignons;
Sur l’Yonne mignonne
En chantant naviguons,
Mariniers de l’Yonne !

Couplet 2
Notre utile et bonne rivière
Amène Vin et Bois flotté;
Un matin nous partons d'Auxerre,
En route ! - et vive la gaité !
La côte Saint-Jacques nous montre
Des raisins mûrs sur la hauteur;
Nous avons soif en passant contre
Les vignobles de Crève-coeur !   
Refrain
Mariniers de l’Yonne, 
Vrais lurons, Bourguignons;
Sur l’Yonne mignonne
En chantant naviguons,
Mariniers de l’Yonne !  

Couplet 3
Tout comme en mer notre marine
Offre des accidents nombreux;
Et si nous avons rude mine
Chez nous le coeur est généreux:
Aussitôt le cri de détresse,
Malgré notre dégoût pour l'eau,
D'y plonger vite l'on s'empresse...
Bah ! ça ne mouille que la peau !... 
Refrain
Mariniers de l’Yonne, 
Vrais lurons, Bourguignons;
Sur l’Yonne mignonne
En chantant naviguons,
Mariniers de l’Yonne ! 

Couplet 4
Nous quittons l'Yonne pour la Seine,
Adieu montagnes et raisins:
Voici des bois et de la plaine,
Des châteaux, des parcs, des jardins;
Puis du brouillard... de la fumée...
Nous débarquons... Ah ! mes amis !
Ça ne dure qu'une journée,
Mais que l'on s'en donne à Paris !
Refrain
Mariniers de l’Yonne, 
Vrais lurons, Bourguignons;
Sur l’Yonne mignonne
En chantant naviguons,
Mariniers de l’Yonne !

Couplet 5
Il faut rentrer dans nos familles;
Achetons robes et chiffons
Pour nos femmes et pour nos filles,
Sabres, fusils pour nos garçons !...
Ces joujou-là font leur caprice...
Ah ! pourquoi donc les en priver ?
Nour leur apprendrons l'exercice,
Sait-on ce qui peut arriver ?... 
Refrain
Mariniers de l’Yonne, 
Vrais lurons, Bourguignons;
Sur l’Yonne mignonne
En chantant naviguons,
Mariniers de l’Yonne !

 


 

mercredi 8 avril 2026

Une Femme de Sens


"Le Café concert" de Louis Abel Truchet (1857-1918)


Source : BnF-Gallica

 

UNE FEMME DE SENS (1876)

Chansonnette, chantée par Mme Elise FAURE aux Ambassadeurs. 

Paroles de Victor HEURÉ – Musique de Félicie RAMEAU 

Couplet 1
A voir la mine rubiconde
Ce n'est pas de mode à Paris
C'est mal porté dans le grand monde
Mais ça fait du bien dans not' pays
J'suis d' Sens une ancienne vill' romaine
Et j'suis bâti d'ciment romain
J'nai pas d'bronchite et rien ne m'gêne
Mon huile de foie d'morue c'est l'vin

Refrain Bourguignonne Gai' laronne
J'ai d'l'esprit et du bon sens
Viv' mai bonne je raisonne
Moi j'suis une femme' une femme de Sens

Couplet 2
Bon coeur, sans façon rude et franche;             
J'ai de la tête et d'fameux bras,                         
Est-c'que j'suis taillé' comme une'planche,         
Mes jambes' sont-ell's des échalas ?                    
Enfin, j'ai la langue' bien pendue,                      
Et n'importe à qui j'parle haut,                         
J'm'suis toujours bien défendue                        
Quand on m'attaqu' j'ai l'dernier mot. (au refrain)

Couplet 3
J'ai pris l'grand Claude en mariage, 
Et, j'dois vous l'avouer entre nous, 
C'n'est pas un modèl comm' visage,  
Mais c'est le modèl' des époux.  
Il travaill' plus qu'une' bête'de somme, 
Je dirig' tout dans la maison. 
Et j'vous l'assur si l'pauv' cher homme 
A l'air maitr', j'en ai la chanson (au refrain)

Couplet 4
Autour de moi j'vois tout c'qui s'passe,
Je touche à tout et j'entends tout ;
J'suis heureuse : à table on se place.
Je sens l'potage' j'lui trouv' bon goût.
Vous l'voyez, ça n'est pas pour rire
Que je possède les cinq sens ;
Et vraiment de moi l'on peut dire
Que j'suis une' vrai femme' de Sens !... (au refrain)