dimanche 8 mars 2026

Journée internationale des droits des femmes

 


 

👑🌸 Message royal du Royaume de Manéhouarnie 🌸👑

En ce jour particulier, Sa Majesté le Roi de Manéhouarnie souhaite adresser, du fond de son palais musical et fleuri, ses plus respectueuses et chaleureuses pensées à toutes les femmes du royaume… et bien au-delà.

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le Roi salue avec admiration celles qui, chaque jour, font résonner la vie comme une belle symphonie : par leur courage, leur intelligence, leur sensibilité et leur détermination.

Dans le grand concert de l’humanité, les femmes tiennent des rôles essentiels — parfois solistes éclatantes, parfois chefs d’orchestre inspirantes, parfois harmonies discrètes mais indispensables. Grâce à elles, la partition du monde devient plus riche, plus juste et plus belle. 🎼

Depuis son trône baroque, entouré de musique et de fleurs, le Roi de Manéhouarnie lève symboliquement sa flûte à bec en signe d’hommage et souhaite à toutes les femmes une merveilleuse journée pleine de reconnaissance, de respect et d’espoir.

Que cette journée soit comme une grande mélodie : lumineuse, libre et inspirante.

👑🎶 Belle Journée Internationale des droits des Femmes à toutes ! 🌷✨

 

La Garde aux Champs

 


🌾 La Garde aux Champs

(Hommage aux femmes gardes champêtres)

Couplet 1
Dans plus d’un village aux abords du front,
Une femme avançait, reprenant les fonctions
Du garde d’hier parti pour la guerre,
Veillant sur les champs, les chemins et les terres.
Fière de servir sa commune autrement,
Elle portait la loi simplement ;
« Avis à la population ! » lançait sa voix qui résonne,
Et son tambour disait : « Qu’on se le dise à tous les hommes ! »

Refrain 
Ô garde des sillons,
Sentinelle des saisons,
Dans la brume ou le vent qui tournoie,
Ta voix porte la loi.
Des haies jusqu’aux rivières,
Tu protèges nos terres,
Hier comme aujourd’hui fièrement,
Femme de cœur, femme de serment.


Couplet 2
Aujourd’hui dans nos champs aux saisons changées,
Elle veille aux forêts, aux sentiers, aux ruisseaux,
Gardienne des lois et des équilibres menacés,
Messagère du calme et du bon mot.
Entre la terre et l’homme elle tient l’harmonie,
Ni dure ni soumise, mais ferme dans sa voix,
Elle incarne un pays, une vigie,
La République au détour d’un bois.

Refrain 
Ô garde des sillons,
Mémoire et horizon,
Des guerres aux jours présents,
Ton courage traverse le temps.
Dans les champs de nos vies,
Sous le ciel qui relie,
Tu marches droite et fièrement,
Femme d’honneur et de serment.

©dboissy (2026) 

 


 

samedi 7 mars 2026

Les agents mélomanes

 

(ca 1919)

 

AU BON MARCHÉ – PARIS

LES AGENTS MÉLOMANES

Pendant longtemps
l’agent ne s
ût
guère jouer
que du
violon… où
il conduisait les
délinquants
sans
tambour ni trompette.

Mais il a
fait des progrès :
Nous l’avons
vu jouer du
tambour pour
la plus grande
joie des
enfants !

Puis, (il) a appris à siffler mélodieusement
tel un joyeux merle !

Et nous
avons eu
les agents-
ténors et
les agents-
sirènes
ah ! la
voix enchan-
teresse de la sirène !

Bientôt nous aurons l’agent-homme-orchestre
dont chaque instrument donnera un
avertissement différent !


Ce document provient d’une publication publicitaire illustrée du grand magasin parisien Au Bon Marché, l’un des premiers grands magasins modernes fondé au XIXᵉ siècle à Paris. Ces publications étaient très répandues entre 1880 et 1930 et mélangeaient publicité, divertissement et illustration.

Le thème : l’évolution “musicale” des policiers

La planche « Les Agents mélomanes » joue sur une plaisanterie :

Elle évoque l’évolution des moyens sonores utilisés par les agents :

  1. Le violon (expression « conduire quelqu’un au violon » = au poste).

  2. Le tambour pour attirer l’attention.

  3. Le sifflet, réellement utilisé par les policiers au début du XXᵉ siècle.

  4. La sirène, technologie moderne qui commence à apparaître.

  5. Enfin la caricature de l’agent “homme-orchestre”.

C’est une satire légère du progrès technique, thème très courant dans les publications humoristiques de l’époque.

la date 1919 est intéressante

La date correspond à la période immédiatement après la Première Guerre mondiale.

Dans ces années :

  • les villes se modernisent rapidement

  • la circulation automobile augmente

  • les policiers commencent à utiliser sifflets et signaux sonores pour réguler la rue.

La planche reflète donc l’évolution de la police urbaine dans la vie quotidienne.

 

Les Agents Mélomanes

(Chansonnette humoristique d’après la planche de 1919)

Couplet 1

Pendant longtemps dans nos quartiers
L’agent n’était guère musicien,
Pour les voleurs qu’il arrêtait
Il jouait du violon… très bien !
Sans tambour ni trompette alors
Il menait les mauvais garçons
Vers le poste, d’un pas très fort,
Au son discret de son violon.

Refrain

Ah ! voyez donc ces agents mélomanes
Qui font la musique en patrouillant !
Tambour, sifflet, et puis la sirène
Tout Paris les écoute en riant !
Quand la loi se met en cadence
Et défile au coin du boulevard,
Même les enfants entrent dans la danse
Au passage du brave sergent !


Couplet 2

Mais bientôt l’agent fit progrès
Et devint un fameux tambour,
Pour la joie des petits parisiens
Qui le suivaient tout le long du jour.
Et puis l’on apprit à siffler
Comme un joyeux merle au printemps,
Un air clair pour bien signaler
Que l’ordre veille à tout moment.

(Refrain)


Couplet 3

Puis vinrent les agents ténors
Et les sirènes dans la nuit,
Leur voix sonnait claire et sonore
Par-dessus le bruit de Paris.
Mais demain, qui sait, mes amis ?
Dans la rue ce sera charmant :
L’agent deviendra, je parie,
Un véritable homme-orchestre ambulant !

(Refrain final) 

 

©dboissy (2026) 

 


 

vendredi 6 mars 2026

La Marmotte, Op 52 No 7 - Beethoven

 


🎼 La Marmotte – Op. 52 n°7 de Ludwig van Beethoven

Composée à la fin du XVIIIᵉ siècle sur un poème de Johann Wolfgang von Goethe, La Marmotte (Op. 52 n° 7) est l’une des huit mélodies du recueil Opus 52 de Beethoven. Derrière son apparente simplicité se cache tout le charme du lied allemand naissant : une ligne mélodique limpide, presque populaire, soutenue par un accompagnement délicat. À l’origine écrite pour voix et piano, cette pièce traverse les siècles avec fraîcheur et poésie. Dans cette nouvelle interprétation, le Roi de Manéhouarnie en propose une lecture instrumentale à la flûte à bec ténor, accompagnée au piano, mettant en lumière la tendresse de cette page inspirée, où l’élégance classique se mêle à une saveur folklorique pleine de grâce.

 

 

 

Voici une traduction fidèle en français du poème de Johann Wolfgang von Goethe mis en musique par Ludwig van Beethoven.

🪶 La Marmotte 

Je traverse déjà bien des pays,
avec la marmotte,
et toujours j’y trouve à manger,
avec la marmotte.
Avecque ci, avecque là,
avec la marmotte.

J’ai vu bien des messieurs
qui aimaient fort les demoiselles,
avec la marmotte.
Avecque ci, avecque là,
avec la marmotte.

J’ai vu aussi de belles jeunes filles
qui jetaient les yeux sur moi, le petit,
avec la marmotte.
Avecque ci, avecque là,
avec la marmotte.

Ne me laissez donc pas partir ainsi, messieurs,
car les garçons aiment manger et boire,
avec la marmotte.
Avecque ci, avecque là,
avec la marmotte.

 

dimanche 1 mars 2026

🌸 Fête des Grands-Mères 🌸

 


🌸 Fête des Grands-Mères 🌸

À l’occasion de cette belle journée dédiée à nos chères grands-mères, j’ai eu le plaisir d’enregistrer une version instrumentale de la célèbre chanson « Voulez-vous danser grand-mère ? » 🎶

Tout en douceur et en élégance, je l’interprète à la flûte à bec, accompagné au piano, pour lui redonner un souffle tendre et intemporel. Une manière musicale de saluer celles qui nous transmettent souvenirs, valeurs et tant d’affection.

Si le cœur vous en dit, je vous invite à écouter (et peut-être à fredonner ou même à danser !) 💕

Très belle fête à toutes les grands-mères !

 

Musique de Jean-Raymond Baltel & Alex Padou (1946) 🎶

 

jeudi 26 février 2026

Daniel Puissant, Garde Champêtre

 


Faisons connaissance avec Daniel Puissant, Garde Champêtre Principal Honoraire de Poigny (Seine-et-Marne), entré dans une retraite bien méritée en 2014. Son remarquable parcours est notamment relaté dans un article de La République de Seine-et-Marne.
 
Homme d’engagement et de convictions, Daniel Puissant est Président-Fondateur du Poigny Karaté Club. Son action et son courage ont été salués par de nombreuses distinctions : Médaille de la Sécurité Intérieure, Médaille d’Or de la Fédération Française de Karaté, Médaille d’Or de la Jeunesse et des Sports, ainsi que la Plaquette d’Argent des Héros de la Civilisation, décernée pour avoir sauvé une jeune femme de la noyade dans la Seine en 1981. 

En parallèle, il est enseignant de karaté, Instructeur fédéral, 5ᵉ Dan, et titulaire du Certificat de formation à la gestion associative, transmettant avec passion savoir, discipline et valeurs humaines.
 
 

 

 
Daniel Puissant est également l’auteur des paroles du chant national des gardes champêtres, écrites à la fin de l’année 2004. Longtemps attendues, ces paroles ont récemment été mises en musique, faisant de ce chant une référence reconnue dans toute la professionUn parcours exemplaire, riche d’engagement, de courage et de transmission.
 
 
 
 

 
 

mardi 24 février 2026

Hommage à M. Alcide Delmont

 



En 1930, une chanson, Hommage à M. Alcide Delmont, Marche populaire, paroles de Marius Lancry, musique de L. Alexandre, est spécialement imprimée à Fort-de-France « pour acclamer notre estimé Delmont », « Député de la Martinique et Sous-Secrétaire d’État au Ministère des Colonies » lors de sa visite sur l'île en août.


Hommage à M. Alcide Delmont. Marche populaire.

Député de la Martinique,
Sous-Secrétaire d’Etat au Ministère des Colonies.

Paroles de L. Alexandre. Musique de Marius Lancry.

I

Quelle fête pour notre beau pays,                         
De recevoir par ce matin fleuri                
Le Député Ministre méritoire,                
Ce fils chéri tout couronné de gloire !             
Le ciel vêtu de son plus joli bleu,                
Notre soleil aux rayons merveilleux                
Embellissent Madinina qui chante                
Ce refrain vibrant que son cœur enfante.            

Refrain
Fêtons Delmont notre grand bienfaiteur,
Fêtons Delmont comme un libérateur,
Aimons Delmont, car ses bienfaits immenses
Ont allégé bien de douleurs intenses.
Chantons la gloire et louons l’Eminent,
Comme on le fait sur le Continent…
Vive Delmont partout, dans les écoles.
Vive Delmont notre belle auréole.
                                
II
Bonjour Messieurs, (1) illustres envoyés
De la France, patrie des libertés.
Nous vous souhaitons, avec notre air aimable,
Santé, bonheur, et séjour agréable.
La Martinique, aussi Pays d’amour,
Vous aimera chacun à votre tour
Autant qu’elle aime avec reconnaissance
Cette bonne mère, oui la Grande France.
(au refrain)

III
Pavoisons chambrettes, maisons, châteaux
Ce jour sera de nos jours le plus beau.
Martiniquais de tous les coins de l’île
Fêtez comme vos frères de la Ville
Désertez les campagnes et les monts
Pour acclamer notre estimé Delmont.
Cher Ministre, le peuple vous admire
Et saura bien toujours vous réélire.
(au refrain)


(1) LASNET, Inspecteur général du service de Santé
BELET, Chef de Cabinet du Ministère
GHEERBRANDT, Chargé de mission    

Fort-de-France, Imprimerie R.[ené] Illemay, [1930]. 4 p., ill., mus.

(Document Bibliothèque historique de la ville de Paris Cote : BHVP _4-BRO-303344)

Alcide DELMONT (Saint-Pierre (Martinique) 1874-Brannay (Yonne) 1959) (cf. Michèle Degrave Alcide Delmont (1874-1959), un député de la Martinique dans l’Yonne. Sens, Bull. de la SAS, T. XIII. 2022).

Chanson à l’occasion de sa visite à la Martinique en août 1930 lors de son voyage triomphal aux Antilles en août-septembre, marquant pour la première fois, la venue d’un membre du Gouvernement sur ces îles devenues françaises.

Dr Alexandre Lasnet (1870-1940)
Maurice-Marcel Belet (1886-1970)
Jehan-Laurent Gheerbrandt (1882-1965)

 


 


 

Chanson revisitée - Dominique Boissy (2026)


vendredi 20 février 2026

Le Vercingétorix des Boulevards

 

Collection Photothèque des Jeunes Parisiens

 L'Agent LECLERCQ (1877–1940) 

« Le Vercingétorix des Boulevards »
Gardien de la paix – Vétéran de 1914-1918

Rémy Armand Alcide Leclercq naît le 28 septembre 1877 à Plachy-Buyon, dans la Somme, au sein d’un foyer modeste et travailleur. Fils d’Armand Leclercq, papetier, et d’Henriette Lefebvre, il grandit à Bacouel-sur-Selle où il suit ses études primaires avant d’entrer, comme son père, dans une papeterie. Il devient ensuite ourdisseur dans une usine de tissage, métier exigeant qui forge déjà son endurance et son sens du devoir.

Il accomplit son service militaire au 72e régiment d’infanterie d’Amiens entre 1898 et 1899, puis retourne à la vie civile. Marié en 1901 à Marie Françoise Claire Féron, il mène une existence simple jusqu’à la mobilisation d’août 1914, qui bouleverse son destin.

Le soldat courageux

Rappelé sous les drapeaux dès le début de la Grande Guerre, il rejoint son régiment à Amiens et est nommé caporal. Fin 1916, il passe au 108e régiment d’artillerie lourde, section des secrétaires. Le 21 novembre 1916, il reçoit la Croix de guerre 1914-1918 pour un acte de bravoure remarquable : il s’est porté volontairement au secours de canonniers marins grièvement blessés, ensevelis sous les décombres après un bombardement. Sa citation souligne « un sang-froid, un courage et un dévouement remarquables ».

Cet épisode révèle un trait constant de sa personnalité : le courage tranquille, allié à une profonde humanité.

De la guerre aux boulevards

Le 1er août 1918, il est détaché comme gardien de la paix à Paris. C’est sous l’uniforme bleu qu’il vivra la fin du conflit. Démobilisé en 1919, il choisit de rester dans la capitale et de poursuivre sa carrière dans la police municipale.

Affecté à la régulation de la circulation à la porte Saint-Denis, carrefour alors parmi les plus encombrés de Paris, il y exercera pendant plus de seize ans. Très vite, sa haute silhouette, son bâton blanc levé avec autorité et surtout sa longue barbe rousse soigneusement entretenue attirent l’attention.

Il devient une figure pittoresque et populaire. Les Parisiens l’appellent affectueusement « la barbe de la porte Saint-Denis » ou encore « Vercingétorix », tant sa barbe flamboyante évoque les représentations du chef gaulois. Ennemi déclaré du rasoir, il porte sa barbe comme un étendard. Les touristes se font photographier à ses côtés ; les chauffeurs de taxi le saluent ; la presse s’empare de sa silhouette pour en faire l’emblème d’une police à la fois ferme et bienveillante.

L’agent que l’on crut mort

En juillet 1928, victime d’une insolation en plein service sous le soleil écrasant, il est transporté à l’Hôtel-Dieu. Plusieurs journaux annoncent prématurément sa mort. L’émotion est vive : on pleure déjà « une figure bien parisienne ».

Mais le lendemain, rectificatif : l’agent Leclercq n’est pas mort. Il se remet et reprend son poste quelques jours plus tard. Pour ceux qui n’avaient pas lu le démenti, son retour évoqua presque une apparition fantomatique, silhouette familière ressurgissant au carrefour, bâton blanc en main, barbe au vent.

Cette anecdote illustre l’attachement sincère du public à cet homme simple dont la présence rassurait et rythmait la vie du quartier.

Distinctions et reconnaissance

Outre la Croix de guerre 1914-1918, il reçoit la médaille d’honneur de la police municipale et rurale (Journal officiel du 7 novembre 1933), reconnaissance officielle d’un service exemplaire.

Pourtant, sa plus belle décoration demeure sans doute l’affection populaire. Pendant près de vingt ans, on lui offre fleurs et petits présents ; on vient prendre de ses nouvelles lorsqu’il s’absente ; on célèbre sa bonhomie et sa courtoisie.

La retraite et le retour aux sources

Il prend sa retraite en 1936 (selon certaines sources 1938) et retourne dans la Somme, à Bacouel-sur-Selle. Loin du tumulte parisien, il se consacre à ses passions : jardinage, pêche à la truite, sculpture et peinture. Régulièrement sollicité par la presse, il ne disparaît pas totalement de la mémoire collective et revient parfois à Paris pour exposer ses œuvres ou participer à des manifestations caritatives.

Il s’éteint en novembre 1940, quelques mois après que Paris est passé sous l’occupation allemande. Sa disparition laisse orpheline sa chère porte Saint-Denis.

Le chansonnier Pierre Gilbert lui rend un hommage touchant, reconnaissant que, s’il fut parfois gentiment moqué dans les couplets satiriques, il fut surtout « un agent de gaieté » qui avait su garder la paix — et que désormais, « la paix le gardera ».

Mémoire d’une figure parisienne

Rémy Leclercq incarne une époque où le policier de quartier était une figure familière, presque théâtrale, mais profondément humaine. Ancien combattant décoré, fonctionnaire consciencieux, homme simple devenu symbole populaire, il fut l’un de ces personnages qui donnent à une ville son visage et son âme.

Qu’aucune rue de Paris ne porte encore son nom demeure une curiosité de l’histoire. Car le « Vercingétorix des Boulevards » fut bien davantage qu’une silhouette pittoresque : il fut l’image d’une autorité bienveillante, d’un courage discret et d’une fidélité sans faille au service public.


 

Le Vercingétorix des Boulevards

(Chanson Hommage à l’agent Leclercq)

Couplet 1

Dans la Somme aux brumes légères,
Naquit un gars au cœur vaillant,
Fils d’un papetier, fier et sincère,
Ouvrier simple et bon vivant.
Du 72e d’infanterie
Il porta sac et pantalon,
Puis vint la guerre et sa furie
Où son courage eut son galon.

Couplet 2

Sous l’orage et sous la mitraille
Il sauva des marins blessés,
Des décombres et de la bataille
Il les tira sans hésiter.
Croix de Guerre à la boutonnière,
Caporal au regard de feu,
Il servit la France entière
Avec un sang-froid valeureux.

Refrain

Ohé ! Leclercq, l’agent magnifique,
Barbe au vent comme un vieux Gaulois !
Sous ton bâton blanc héroïque
Les fiacres s’arrêtaient net, ma foi !
Vercingétorix des boulevards,
Gardien des autos et des cœurs,
À la Porte Saint-Denis, chaque soir,
Tu régnais sans faste… mais en vainqueur !

Couplet 3

Premier août mil neuf cent dix-huit,
Il troque l’uniforme guerrier
Pour le képi bleu de la nuit
Des gardiens de la paix parisiens.
À la Porte Saint-Denis fidèle,
Carrefour grondant et bruyant,
Sa barbe rousse, solennelle,
Brillait au soleil levant.

Couplet 4 – La barbe

Ennemi juré du rasoir,
Sa barbe était son étendard,
Les touristes venaient le voir
Comme on salue un monument rare.
D’un geste ample et théâtral
Il arrêtait l’automobile,
Mais d’un sourire cordial
Rendait la circulation docile.

Couplet 5 – L’insolation

Un jour de juillet trop ardent
Le soleil frappa trop fort ;
On crut Paris en deuil vraiment,
Les journaux annoncèrent sa mort !
Mais tel un spectre bienveillant
Il revint, barbe triomphante —
Certains parlèrent d’un revenant
Sous la blanche férule éclatante !

Couplet 6 – La retraite

Vingt ans au carrefour fidèle,
Puis vint l’heure de raccrocher ;
Il laissa Paris et ses querelles
Pour la Somme et ses peupliers.
Peinture, pêche et jardinage,
Loin du tumulte et des klaxons ;
Mais dans les cœurs, son image
Restait comme une chanson.

Final

Novembre quarante l’emporta,
La Porte pleura son soldat ;
Un chansonnier dit tout bas :
« Tu gardas la paix… qu’elle te gardera. »
Et l’on murmure encor parfois
Quand le trafic devient trop fort :
“Ah ! s’il était là, ce Gaulois,
Paris irait droit… sans effort !”

Dernier refrain

Salut Leclercq, barbe héroïque,
Panache tendre des boulevards !
Plus qu’un agent pittoresque et mythique,
Tu fus l’âme simple de Paris le soir.
Vercingétorix des boulevards,
Gardien fidèle et cœur d’or,
Ton nom mériterait un square…
Ou mieux encor : nos accords !
🎵

©dboissy (2026)