En 1930, une chanson, Hommage à M. Alcide Delmont, Marche
populaire, paroles de Marius Lancry, musique de L. Alexandre, est
spécialement imprimée à Fort-de-France « pour
acclamer notre estimé Delmont », « Député
de la Martinique et Sous-Secrétaire d’État au Ministère des
Colonies » lors de
sa visite sur l'île en août.
Député de la Martinique, Sous-Secrétaire d’Etat au Ministère des Colonies.
Paroles de L. Alexandre. Musique de Marius Lancry.
I Quelle fête pour notre beau pays, De recevoir par ce matin fleuri Le Député Ministre méritoire, Ce fils chéri tout couronné de gloire ! Le ciel vêtu de son plus joli bleu, Notre soleil aux rayons merveilleux Embellissent Madinina qui chante Ce refrain vibrant que son cœur enfante.
Refrain Fêtons Delmont notre grand bienfaiteur, Fêtons Delmont comme un libérateur, Aimons Delmont, car ses bienfaits immenses Ont allégé bien de douleurs intenses. Chantons la gloire et louons l’Eminent, Comme on le fait sur le Continent… Vive Delmont partout, dans les écoles. Vive Delmont notre belle auréole.
II Bonjour Messieurs, (1) illustres envoyés De la France, patrie des libertés. Nous vous souhaitons, avec notre air aimable, Santé, bonheur, et séjour agréable. La Martinique, aussi Pays d’amour, Vous aimera chacun à votre tour Autant qu’elle aime avec reconnaissance Cette bonne mère, oui la Grande France. (au refrain)
III Pavoisons chambrettes, maisons, châteaux Ce jour sera de nos jours le plus beau. Martiniquais de tous les coins de l’île Fêtez comme vos frères de la Ville Désertez les campagnes et les monts Pour acclamer notre estimé Delmont. Cher Ministre, le peuple vous admire Et saura bien toujours vous réélire. (au refrain)
(1) LASNET, Inspecteur général du service de Santé BELET, Chef de Cabinet du Ministère GHEERBRANDT, Chargé de mission
(Document Bibliothèque historique de la ville de Paris Cote : BHVP _4-BRO-303344)
Alcide DELMONT (Saint-Pierre (Martinique) 1874-Brannay (Yonne) 1959) (cf. Michèle Degrave Alcide Delmont (1874-1959), un député de la Martinique dans l’Yonne. Sens, Bull. de la SAS, T. XIII. 2022).
Chanson à l’occasion de sa visite à la Martinique en août 1930 lors de son voyage triomphal aux Antilles en août-septembre, marquant pour la première fois, la venue d’un membre du Gouvernement sur ces îles devenues françaises.
Dr Alexandre Lasnet (1870-1940) Maurice-Marcel Belet (1886-1970) Jehan-Laurent Gheerbrandt (1882-1965)
« Le Vercingétorix des Boulevards »
Gardien de la paix – Vétéran de 1914-1918
Rémy Armand Alcide Leclercqnaît le 28 septembre 1877 à Plachy-Buyon, dans la Somme, au sein d’un foyer modeste et travailleur. Fils d’Armand Leclercq, papetier, et d’Henriette Lefebvre, il grandit à Bacouel-sur-Selle où il suit ses études primaires avant d’entrer, comme son père, dans une papeterie. Il devient ensuite ourdisseur dans une usine de tissage, métier exigeant qui forge déjà son endurance et son sens du devoir.
Il accomplit son service militaire au 72e régiment d’infanterie d’Amiens entre 1898 et 1899, puis retourne à la vie civile. Marié en 1901 à Marie Françoise Claire Féron, il mène une existence simple jusqu’à la mobilisation d’août 1914, qui bouleverse son destin.
Le soldat courageux
Rappelé sous les drapeaux dès le début de la Grande Guerre, il rejoint son régiment à Amiens et est nommé caporal. Fin 1916, il passe au 108e régiment d’artillerie lourde, section des secrétaires. Le 21 novembre 1916, il reçoit la Croix de guerre 1914-1918 pour un acte de bravoure remarquable : il s’est porté volontairement au secours de canonniers marins grièvement blessés, ensevelis sous les décombres après un bombardement. Sa citation souligne « un sang-froid, un courage et un dévouement remarquables ».
Cet épisode révèle un trait constant de sa personnalité : le courage tranquille, allié à une profonde humanité.
De la guerre aux boulevards
Le 1er août 1918, il est détaché comme gardien de la paix à Paris. C’est sous l’uniforme bleu qu’il vivra la fin du conflit. Démobilisé en 1919, il choisit de rester dans la capitale et de poursuivre sa carrière dans la police municipale.
Affecté à la régulation de la circulation à la porte Saint-Denis, carrefour alors parmi les plus encombrés de Paris, il y exercera pendant plus de seize ans. Très vite, sa haute silhouette, son bâton blanc levé avec autorité et surtout sa longue barbe rousse soigneusement entretenue attirent l’attention.
Il devient une figure pittoresque et populaire. Les Parisiens l’appellent affectueusement « la barbe de la porte Saint-Denis » ou encore « Vercingétorix », tant sa barbe flamboyante évoque les représentations du chef gaulois. Ennemi déclaré du rasoir, il porte sa barbe comme un étendard. Les touristes se font photographier à ses côtés ; les chauffeurs de taxi le saluent ; la presse s’empare de sa silhouette pour en faire l’emblème d’une police à la fois ferme et bienveillante.
L’agent que l’on crut mort
En juillet 1928, victime d’une insolation en plein service sous le soleil écrasant, il est transporté à l’Hôtel-Dieu. Plusieurs journaux annoncent prématurément sa mort. L’émotion est vive : on pleure déjà « une figure bien parisienne ».
Mais le lendemain, rectificatif : l’agent Leclercq n’est pas mort. Il se remet et reprend son poste quelques jours plus tard. Pour ceux qui n’avaient pas lu le démenti, son retour évoqua presque une apparition fantomatique, silhouette familière ressurgissant au carrefour, bâton blanc en main, barbe au vent.
Cette anecdote illustre l’attachement sincère du public à cet homme simple dont la présence rassurait et rythmait la vie du quartier.
Distinctions et reconnaissance
Outre la Croix de guerre 1914-1918, il reçoit la médaille d’honneur de la police municipale et rurale (Journal officiel du 7 novembre 1933), reconnaissance officielle d’un service exemplaire.
Pourtant, sa plus belle décoration demeure sans doute l’affection populaire. Pendant près de vingt ans, on lui offre fleurs et petits présents ; on vient prendre de ses nouvelles lorsqu’il s’absente ; on célèbre sa bonhomie et sa courtoisie.
La retraite et le retour aux sources
Il prend sa retraite en 1936 (selon certaines sources 1938) et retourne dans la Somme, à Bacouel-sur-Selle. Loin du tumulte parisien, il se consacre à ses passions : jardinage, pêche à la truite, sculpture et peinture. Régulièrement sollicité par la presse, il ne disparaît pas totalement de la mémoire collective et revient parfois à Paris pour exposer ses œuvres ou participer à des manifestations caritatives.
Il s’éteint en novembre 1940, quelques mois après que Paris est passé sous l’occupation allemande. Sa disparition laisse orpheline sa chère porte Saint-Denis.
Le chansonnier Pierre Gilbert lui rend un hommage touchant, reconnaissant que, s’il fut parfois gentiment moqué dans les couplets satiriques, il fut surtout « un agent de gaieté » qui avait su garder la paix — et que désormais, « la paix le gardera ».
Mémoire d’une figure parisienne
Rémy Leclercq incarne une époque où le policier de quartier était une figure familière, presque théâtrale, mais profondément humaine. Ancien combattant décoré, fonctionnaire consciencieux, homme simple devenu symbole populaire, il fut l’un de ces personnages qui donnent à une ville son visage et son âme.
Qu’aucune rue de Paris ne porte encore son nom demeure une curiosité de l’histoire. Car le « Vercingétorix des Boulevards » fut bien davantage qu’une silhouette pittoresque : il fut l’image d’une autorité bienveillante, d’un courage discret et d’une fidélité sans faille au service public.
Le
Vercingétorix des Boulevards
(Chanson Hommage
à l’agent Leclercq)
Couplet
1
Dans
la Somme aux brumes légères,
Naquit un gars au cœur
vaillant,
Fils d’un papetier, fier et sincère,
Ouvrier
simple et bon vivant.
Du 72e d’infanterie
Il porta sac et
pantalon,
Puis vint la guerre et sa furie
Où son courage
eut son galon.
Couplet
2
Sous
l’orage et sous la mitraille
Il sauva des marins blessés,
Des
décombres et de la bataille
Il les tira sans hésiter.
Croix
de Guerre à la boutonnière,
Caporal au regard de feu,
Il
servit la France entière
Avec un sang-froid valeureux.
Refrain
Ohé
! Leclercq, l’agent magnifique,
Barbe au vent comme un vieux
Gaulois !
Sous ton bâton blanc héroïque
Les fiacres
s’arrêtaient net, ma foi !
Vercingétorix des
boulevards,
Gardien des autos et des cœurs,
À la Porte
Saint-Denis, chaque soir,
Tu régnais sans faste… mais en
vainqueur !
Couplet
3
Premier
août mil neuf cent dix-huit,
Il troque l’uniforme
guerrier
Pour le képi bleu de la nuit
Des gardiens de la
paix parisiens.
À la Porte Saint-Denis fidèle,
Carrefour
grondant et bruyant,
Sa barbe rousse, solennelle,
Brillait
au soleil levant.
Couplet
4 – La barbe
Ennemi
juré du rasoir,
Sa barbe était son étendard,
Les
touristes venaient le voir
Comme on salue un monument rare.
D’un
geste ample et théâtral
Il arrêtait l’automobile,
Mais
d’un sourire cordial
Rendait la circulation docile.
Couplet
5 – L’insolation
Un
jour de juillet trop ardent
Le soleil frappa trop fort ;
On
crut Paris en deuil vraiment,
Les journaux annoncèrent sa mort
!
Mais tel un spectre bienveillant
Il revint, barbe
triomphante —
Certains parlèrent d’un revenant
Sous la
blanche férule éclatante !
Couplet
6 – La retraite
Vingt
ans au carrefour fidèle,
Puis vint l’heure de raccrocher ;
Il
laissa Paris et ses querelles
Pour la Somme et ses
peupliers.
Peinture, pêche et jardinage,
Loin du tumulte
et des klaxons ;
Mais dans les cœurs, son image
Restait
comme une chanson.
Final
Novembre
quarante l’emporta,
La Porte pleura son soldat ;
Un
chansonnier dit tout bas :
« Tu gardas la paix… qu’elle te
gardera. »
Et l’on murmure encor parfois
Quand le trafic
devient trop fort :
“Ah ! s’il était là, ce Gaulois,
Paris
irait droit… sans effort !”
Dernier
refrain
Salut
Leclercq, barbe héroïque,
Panache tendre des boulevards !
Plus
qu’un agent pittoresque et mythique,
Tu fus l’âme simple de
Paris le soir.
Vercingétorix des boulevards,
Gardien
fidèle et cœur d’or,
Ton nom mériterait un square…
Ou
mieux encor : nos accords !
🎵
Elle est née sous le ciel d’Alexandrie,
Par un matin clair de février ;
Gabrielle était son nom jadis,
Mais la scène dit : « Boissy, c’est mieux ainsi ! »
À Paris, rue Offémont discrète,
Elle étudiait l’art des chansonnettes ;
Chez les Chevalier, d’un ton mutin,
Elle apprit à séduire le destin !
🎵 Refrain (vif et souriant)
Ah ! Gaby ! Gaby Boissy !
Quand sa voix s’élance, tout Paris frémit !
Un sourire… un trille… et l’on oublie
Les chagrins gris de la vie !
Commère fine, diva jolie,
Tour à tour mutine ou fleur d’oubli,
De la revue à l’opéra,
Elle fait battre tous les cœurs, la voilà !
🎶 Couplets 2
À la Cigale on la vit briller,
Deux sous d’violettes faisaient pleurer ;
Puis, d’un clin d’œil malicieusement,
Elle riait dans les couplets fringants !
À Cluny, Scala, aux Variétés,
On bissait ses refrains effrontés ;
Sa taille souple et son entrain
Menaient la troupe tambour battant !
— « Mesdames, Messieurs… une centième ce soir ! »
— « Bissez ! Bissez ! »
— « Mais je n’ai plus de violettes ! »
🎵 Refrain
Ah ! Gaby ! Gaby Boissy !
Quand sa voix s’élance, tout Paris frémit !
Un sourire… un trille… et l’on oublie
Les chagrins gris de la vie !
🎶 Couplets 3
Puis l’Opéra-Comique ouvrit ses bras,
Et Micaëla pria tout bas ;
Mimi soupira dans la neige,
Sophie rêva d’amour en cortège.
À Deauville, Cannes, Nice, Monte-Carlo,
Sa voix légère brillait très haut ;
Manon passait, Thaïs pleurait,
Et tout le casino s’enflammait !
🎶 Couplets 4
Un disque tourna — quel tourbillon !
Chez Gramophone Company, quel frisson !
Dans Ciboulette l’amour qui passe
Sous la plume exquise de Reynaldo Hahn prend place.
Cent cinquante fois, soir après soir,
Le public réclamait son espoir ;
Et Clairville un jour fut son nom,
Mais Gaby resta dans les chansons !
🎵 Grand Refrain Final (avec chœurs)
Ah ! Gaby ! Gaby Boissy !
Ton rire chante encore aujourd’hui !
De l’Orient jusqu’à Paris,
Ton étoile n’a pas pâli !
Opérette ou grand opéra,
Toujours le cœur vibrait pour toi ;
Et quand le rideau se replie…
On entend encore : « Vive Gaby ! » 🎭
Gaby Boissy (née Gabrielle Cahen), artiste lyrique soprano, naît à Alexandrie le 18 février 1884 et s’éteint à Paris (16ᵉ arrondissement) le 18 juin 1976. En 1952, elle adopte officiellement le nom de Clairville, sans jamais effacer du souvenir du public celui de Gaby Boissy, sous lequel elle connut ses plus beaux triomphes.
Elle reçoit une solide formation vocale auprès de Georges Imbart de la Tour, professeur d’esthétique lyrique et de chant au Conservatoire national, puis poursuit ses études à l’école de Jules et Madeleine Chevallier, professeurs de chant et d’art lyrique, située 6 rue Offémont à Paris.
Dès 1905, elle mène une carrière active dans les fantaisies, opérettes et revues, où son charme scénique, sa voix fraîche et son tempérament vif lui valent une faveur immédiate du public. Elle se produit dans de nombreux théâtres et music-halls parisiens parmi les plus en vue : La Cigale, chez Mayol, la Boîte à Fursy, aux Capucines, à Cluny, aux Variétés, au théâtre Réjane, au théâtre Fémina, au théâtre Impérial, au Trianon lyrique, à la Scala, au théâtre Michel, à la Comédie Royale. Elle s’y distingue autant par son élégance que par son sens du jeu et de la diction.
Le 12 avril 1922 marque un tournant décisif : elle débute à l’Opéra-Comique dans le rôle de Micaëla de Carmen. Elle y interprète également Mimi dans La Bohème et Sophie dans Werther, affirmant ainsi son passage du répertoire léger au grand lyrisme.
Parallèlement, elle est engagée pour plusieurs saisons dans les grands casinos de la Côte et de Normandie — Deauville, Cannes, Nice, Monte-Carlo — entre 1921 et 1925, où elle remporte de vifs succès dans les grands rôles du répertoire.
En 1923, elle laisse un témoignage discographique en enregistrant, avec les chœurs du Théâtre des Variétés, un disque 78 tours pour la Gramophone Company : Ciboulette, opérette de Reynaldo Hahn, contribuant ainsi à fixer sur cire l’art délicat et expressif qui avait conquis la scène.
Figure marquante du Paris musical de la Belle Époque et de l’entre-deux-guerres, Gaby Boissy incarne cette génération d’artistes capables de passer avec aisance de la revue pétillante au lyrisme raffiné, alliant grâce scénique, intelligence dramatique et pureté vocale.
Louis-Jean Guillou (1937-2020), un musicien complet dont l'existence a été intimement liée à la Bretagne et plus particulièrement à Pont-Scorff.
Une formation musicale précoce
Né le 9 février 1937 à Lorient de parents négociants, il s'initie au piano dès l'âge de six ans avec une religieuse à Pont-Scorff. Sa formation se poursuit à l'institution Sainte-Croix de Quimperlé, où il étudie l'harmonium avec Jean Le Gouil et accompagne les offices dominicains. Il perfectionnera ensuite sa pratique de l'orgue et du piano auprès de professeurs à Paris.
Une carrière d'enseignant et d'organiste
Louis-Jean Guillou a consacré une grande partie de sa vie à la transmission :
• Il a enseigné le solfège et le piano en province, notamment à Rennes et à Saint-Aubin-du-Cormier entre 1977 et 1982.
• À partir de 1982, il s'installe comme professeur indépendant à son domicile de Pont-Scorff.
• Il devient titulaire de l'orgue et de l'harmonium de l'église paroissiale du Sacré-Cœur de Pont-Scorff, où il accompagne la chorale et les messes.
L'engagement pour le patrimoine et l'harmonium
Véritable passionné, il a œuvré pour la sauvegarde de l'harmonium, un instrument qu'il jugeait "comblant" et qu'il considérait comme sa "muse préférée". Il a participé à un reportage de TF1 soulignant l'importance de restaurer ces instruments délaissés dans les églises bretonnes. En septembre 2006, il organisait d'ailleurs une rencontre autour de l'harmonium lors des Journées du Patrimoine à Pont-Scorff.
Activités artistiques et concerts
Comme l'indique votre liste, son activité de concertiste a été intense entre 1994 et 2013, principalement dans le Morbihan et le Finistère. Ses prestations mettaient souvent en avant des instruments traditionnels et classiques :
• Concerts et récitals : Il se produisait régulièrement à Pont-Scorff, notamment pour des récitals de Noël, mais aussi à Quimperlé, Rosporden, ou encore Locminé.
• Collaborations : Ses concerts associaient souvent l'harmonium ou l'orgue à la bombarde, la flûte à bec, la trompette, la cornemuse ou le chant breton.
• Discographie : Il a réalisé un DVD en juillet 2005 et a enregistré des CD, dont un consacré aux cantiques bretons en 2008.
Poésie et littérature
Au-delà de la musique, Louis-Jean Guillou était un poète reconnu. Il a écrit une cinquantaine de poèmes entre 1993 et 2007, rassemblés dans un recueil qui lui a valu un diplôme d'honneur de la Société des Poètes et Artistes de France en 2012. Ses écrits étaient fortement inspirés par son vécu, sa ville de Pont-Scorff et la Bretagne.
Il s'est éteint le 17 février 2020 à Pont-Scorff, laissant derrière lui le souvenir d'un artiste dévoué à son église et à la préservation du patrimoine musical breton.
Couplet 1
Je suis le garde
des amours,
En képi bleu, l’aile au vent,
Je fais ma
ronde nuit et jour
D’un pas léger, vigilant.
Quand un
soupir trouble une âme,
Quand un regard devient brûlant,
Je
dresse procès-verbal aux flammes
Des cœurs battant
imprudemment !
Refrain
Je suis l’amour
policeman,
Je veille partout sans cesse,
Près des amoureux
en détresse
Vite j’accours galamment !
Un coup de
sifflet… pan ! pan !
Une flèche en supplément,
Et je
réconcilie tendrement
Les amants mécontents !
Couplet 2
Sous les
tonnelles, au clair de lune,
Je surprends bien des secrets ;
Des
mains qui tremblent à la brune,
Des mots qu’on n’ose
avouer.
Mais si l’orgueil fait résistance,
Si l’on se
fâche sottement,
Je dresse une contravention
Pour excès
d’éloignement !
Refrain
Je suis l’amour
policeman,
Je veille partout sans cesse,
Près des amoureux
en détresse
Vite j’accours galamment !
Un coup de
sifflet… pan ! pan !
Une flèche en supplément,
Et je
réconcilie tendrement
Les amants mécontents !
Couplet 3
Je n’ai ni sabre
ni prison,
Mais un carquois bien rempli ;
Je rends les
cœurs à l’unisson
D’un trait vif et accompli.
Et si
parfois l’un se rebiffe
Criant : « L’amour, c’est fini !
»
Je souffle fort dans mon sifflet
Et l’espoir revient…
pardi !
Refrain final (varié)
Je
suis l’amour policeman,
Gardien des cœurs en liesse,
Je
chasse au loin la tristesse
Des amants tremblants !
Un
battement… deux battements…
Et tout repart vivement,
Car
je fais régner tendrement
La paix des sentiments !
Couplet 1 Un soir d’été, la lune apparaissait Maître Pacaud, le vieux garde champêtre Après dîner, de table se levait Mettait sa plaque et boutonnait sa guêtre Or ça, dit-il d’un air malicieux Si j’allais faire une petite ronde Gare aux filous et gare aux amoureux Qui, deux à deux, vont dans la nuit profonde
Refrain Puis il partit à travers le sainfoin Mais on s’en méfiait peut-être, Car la lune éclairait au loin Le tricorne du gard’ champêtre.
Couplet 2 Ce même soir, un régiment entier Dans le pays, à l’étape s’arrête, La Jeanneton rencontre un officier Auprès du bois, et lui fait la causette Lui parla-t-il de guerre et de combats Je n’en crois rien, la brise frémissante D’abord apporte un doux baiser bien bas, Puis deux, soudain Jeanne reste tremblante,
Refrain Maître Pacaud marchait dans le sainfoin Mais on s’en méfiait peut-être, Car la lune éclairait au loin Le tricorne du gard' champêtre.
Couplet 3 Pierrot, Suzon, tous deux ayant seize ans S’en revenaient après une veillée Quittant la route, ils marchaient dans les champs Ou s’égaraient sous la verte feuillée Mais, s’ils trouvaient au bord des grands chemins Quelque pommier étendant sa ramure Ils le secouaient et les méchants gamins Croquaient la pomm’ bien qu’elle fût à peine mûre,
Refrain Maître Pacaud marchait dans le sainfoin Mais on s’en méfiait peut-être, Car la lune éclairait au loin Le tricorne du gard’ champêtre.
Couplet 4 Deux vieux époux, du monde retirés, Prenaient le frais devant leur maisonnette Dans les rameaux des arbres des grands prés, On entendait roucouler la fauvette ; Ce chant si doux rappelle nos amours Dit le mari, morbleu, mon cœur tressaille, Vous étiez belle, eh, vous l’êtes toujours… Eh bien, Hector, vous me prenez la taille !
Refrain Maître Pacaud marchait dans le sainfoin Mais on s’en méfiait peut-être, Car la lune éclairait au loin Le tricorne du gard’ champêtre
Couplet 5 Maître Pacaud, pourtant, n’avait rien vu, Bien entendu, tout lui sembla tranquille Allons, dit-il, très bien, rien d’imprévu, Il en est temps, rentrons au domicile ; Ah ! pensait-il, en se déshabillant, C’n’est pas ici, comme dans la capitale, Et ma mission se remplit aisément, Car, en c’pays, on honor’ la morale, Refrain Sur ce, Pacaud se couchant dans son coin, Rêva gloire, combats, salpêtre Et seul, on entendit, au loin, Le ronflement du gard’ champêtre.
🎶 Le Rajah de Suresnes 🎭
Plongez dans une histoire vraie aussi incroyable qu’amusante : en 1892, un rajah exilé s’installe à Suresnes avec ses danseuses… provoquant émoi, scandale et intervention de la police ! 😄
J’en ai tiré une chanson pleine d’humour et de clins d’œil à la presse d’époque.
À écouter sans modération (contrairement au vin de Suresnes 🍷) !
(Couplet 1)
À
Suresnes, près des coteaux,
On boit un vin… qui frappe un peu
trop,
Mais un beau jour, grand coup de théâtre :
Un rajah
débarque en villégiature !
Dépossédé par les
Anglais,
Il s’installe là, fort élégant, fort doré,
Dans
une maison louée bien trop cher
(Ou pas payée, mais ça, c’est
secondaire…)
(Refrain)
🎶
Le rajah de Suresnes, oh la belle surprise !
Avec ses bayadères
en robe de brise,
Il voulait chasser sa mélancolie,
Mais a
surtout réveillé la police ! 🎶
(Couplet 2)
Il
engage un corps de ballet,
Des prêtresses d’Indra, toutes
déchaînées,
Plus légères que des gazelles,
Plus
voluptueuses que des pastilles au miel.
Danses sacrées,
peut-être bien,
Mais pour les voisins, c’était moins
divin,
Car dans le parc, sous les marronniers,
On dansait
la vraie danse du ventre… sans billet !
(Refrain)
🎶
Le rajah de Suresnes, oh la belle surprise !
Les ligues morales
en sont toutes grises,
À force de voiles et de
déhanchements,
Il a fait tourner les têtes… et les huissiers
! 🎶
(Couplet 3)
La
pudeur locale s’est alarmée :
« On voit trop de choses au
jardin d’à côté ! »
Les plaintes fusent, les stylos
grincent,
Et l’huissier sonne — en grand prince !
Mais le rajah n’en
fait qu’à sa tête,
Ignore les papiers, méprise les
dettes,
Il danse, il chante, il ne part pas,
Jusqu’au
jour où… le commissaire arriva.
(Refrain)
🎶
Le rajah de Suresnes, oh la belle surprise !
Sans payer son
loyer, c’est la crise,
Il rêvait d’Inde, de palais
dorés,
Il a trouvé Suresnes… et la police armée ! 🎶
(Final)
Ainsi
finit l’histoire exotique
Du prince déchu et de son bal
magique,
À Suresnes, on a retrouvé le calme,
Et le vin
est resté… raide comme un huissier ! 🍷😄
Paroles de Seider et Mesnil - Musique de Mario Soulaire
Couplet 1 Il faisait partie de la police Quand il partait prendr' son service Tout's les petites femmes de la maison Contemplaient avec émotion Refrain Le Brigadier gadier des sergents d'ville Qui s'en allait n'allait d'un pas tranquille Séloignant d'son domicile.
Couplet 2 Je possédais pour tout potage Une bonne amie pas davantage, Quand j'voulais causer un peu d'ma passion Ell' guignait avec attention... Refrain Le brigadier...
Couplet 3 La belle avait un mal bizarre J'appelle un médecin qui déclare C'est peut-êtr' la grippe ou l'influenza Ell' répondit : non, c'est pas ça Refrain C'est l'brigadier...
Couplet 4 Trois mois après elle était mère Pendant que la sag' femme opère, J'lui crie : est-ce une fille; en riant ell' me dit J'le reconnais à son képi... Refrain C'est l'brigadier...
Couplet 5 A la Mairie j'déclar' le gosse l'employé m'demande d'un air rosse, Indiquez-moi donc le pèr' de l'enfant ? L'voisin répond en chantonnant... Refrain C'est l'brigadier...
Couplet 6 Mon fils possède un' science profonde J'lui demand' : qui c'est qu'à créé l'monde? Il m'répond : papa, ça j'lai jamais su Mais j'sais qui c'est qui t'fait cocu. Refrain C'est l'brigadier...
Couplet 7 Il arriv' que le ministère Des fois dégringole par terre Faut un homm' calé pour lui succéder Qui donc alors va-t-on chercher ? Refrain Le brigadier...
Couplet 8 Ma p'tite chansonnette est finie Ell' s'ra peut-êtr' bien applaudie, Mais pour arrêter vos applaudissements Dans la salle on n'a heureuz'ment Refrain final Le brigadier des sergents d'ville Qui écout'ça d'un air tranquille Sans jamais se faire de bile.
🎤🩲 Mesdames,
messieurs… place à la star des tiroirs à sous-vêtements !
Voici
«
Le Slip Kangourou »,
une chanson hommage au seul slip capable de rajeunir grand-père,
rassurer l’oncle, séduire l’homme idéal… et même convaincre
le Manneken-Pis 😄
Entre
poche magique, slogans d’époque et virilité assumée, ce
chef-d’œuvre textile mérite enfin son tube musical ! Une chanson
inspirée des publicités de presse dans les années 1950. À
écouter sans retenue… mais avec maintien 😉
🎵 Le
Slip Kangourou
(chanson humoristique)
Couplet
1
Enfin un slip viril, qu’on crie sur tous les
toits,
Pas un slip de femme, non, c’est pas pour moi !
Le
roi Dagobert l’a mis à l’envers, c’est sûr,
Car il
n’avait pas encore trouvé le bon tissu.
Refrain
🎶
Slip kangourou, ô slip fabuleux,
Avec ta poche magique, on se
sent heureux !
Grand, petit, mince ou fort,
Tu mets tout le
monde d’accord ! 🎶
Couplet
2
Si mon oncle portait un slip de femme, quelle affaire
!
Il serait ma tante — bon, ça ferait drôle à Noël !
Mais
grâce au kangourou, plus d’erreur de genre,
L’homme idéal
s’habille, sans détour ni décor !
Refrain
🎶
Slip kangourou, ô slip glorieux,
Même le Manneken-Pis t’a
trouvé merveilleux !
Pour tous les âges, pour toutes les
tailles,
Tu fais rimer confort avec détail ! 🎶
Couplet
3
Grand-père, pour te rajeunir, inutile de
courir,
Enfile un slip kangourou, tu vas te sentir revivre
!
Depuis que je le porte, je ne peux plus m’en passer,
C’est
comme une poche d’amour bien cousue et bien placée !
Pont
Enfin
un slip-poche ! Quelle révélation !
Une invention digne d’une
standing ovation !
Plus de maintien, plus de dignité,
Même
en pyjama, on se sent chevalier !
Dernier
refrain
🎶 Slip kangourou, héros du tiroir,
Toi,
tu fais de la mode un véritable art !
Depuis toujours, tu fais
ton trou,
Vive le slip, vive le slip kangourou ! 🎶
Poète et fabuliste français né à Logrian dans le Gard le 6 mars 1755, Jean-Pierre Claris de Florian est décédé à Sceaux dans les Hauts-de-Seine le 13 septembre 1794.