Couplet 1
Au grand
Conservatoire,
Une classe vient d’ouvrir,
On y cultive un
art
Qu’on n’osait pas enseigner.
Le professeur
s’avance,
Très digne, très distingué :
« Mesdames et
messieurs, silence !
Nous allons pétomaner ! »
Refrain
Prout-prout, en do
majeur,
Prout-prout, tout en douceur !
Du grave jusqu’au
suraigu,
On fait chanter son… instrument !
Prout-prout,
quelle harmonie,
Quel souffle, quelle mélodie !
Au
Conservatoire, désormais,
On apprend… le pet en musique !
Couplet 2
Premier exercice
: le brutal,
Qui tonne comme un canon,
Puis
vient le diminué,
Tout fin comme un
clairon.
Le doucereux s’envole,
Tel une
flûte dans le vent,
Le bardeur fait feu
d’artifice,
Et réveille les dormants !
Refrain
Prout-prout, en do
majeur,
Prout-prout, tout en douceur !
Du grave jusqu’au
suraigu,
On fait chanter son… instrument !
Prout-prout,
quelle harmonie,
Quel souffle, quelle mélodie !
Au
Conservatoire, désormais,
On apprend… le pet en musique !
Couplet 3
Le musical,
c’est le champion,
Il se divise en plusieurs parties :
Un
petit grave, un joli rond,
Puis retour à la tonalité !
Et
voici le pet timide,
Qui n’est presque qu’un
souffle…
Le professeur dit : « Magnifique !
Encore un
peu… et vous êtes virtuose ! »
Pont parlé, très sérieux
«
Aujourd’hui, examen de composition !
Vous allez nous écrire
une marche…
Uniquement avec des pets.
Deux mesures en
majeur,
Deux mesures en mineur,
Un arpège descendant…
Et
surtout, pas de fausse note ! »
Couplet 4
Alors
l’orchestre se rassemble,
Chacun prend son instrument,
Ça
commence tout doucement…
Puis ça module étonnamment !
Un
pet en si, deux en ré,
Un autre en sol bémol,
Et dans la
salle, émerveillée,
Le jury perd le contrôle !
Dernier refrain
Prout-prout,
en do majeur,
Prout-prout, quel grand bonheur !
Un arpège
par-ci,
Une modulation par-là,
Du fortissimo au
pianissimo,
La symphonie s’envole !
Prout-prout, quelle
mélodie,
Quel chef-d’œuvre de pétomanie !
Et pour
finir dans la douceur,
Un petit vent… libérateur !
Final
Le professeur lève
sa baguette :
« Mes chers élèves, quel talent !
Vous
avez tous réussi votre examen…
Mais sortez donc par la
fenêtre,
Pour aérer le Conservatoire ! »
Dernier effet orchestral Prout…
prout… prrrrrout… 🎺💨 « Mention très
bien… à l’unanimité ! »
Avant
la radio, avant le téléphone portable et bien avant le haut-parleur
municipal, il existait un moyen particulièrement efficace de faire
savoir les nouvelles à toute la population : le trompette de ville !
Et
attention, il ne suffisait pas de souffler trois notes dans
l'instrument et de rentrer tranquillement à la mairie. Il fallait
sonner fort, sonner au bon endroit, et surtout ne laisser
aucun quartier sur le bord du chemin !
📯
Un héraut avec des poumons
Le
trompette de ville appartient à une très ancienne tradition. Du
Moyen Âge à l'époque moderne, les villes employaient des musiciens
chargés d'annoncer solennellement les décisions du pouvoir
municipal ou royal. Dans les grandes cités, le trompette pouvait
porter les couleurs de la ville et même une trompette d'argent ornée
d'une banderole aux armes municipales.
Son
rôle était en quelque sorte celui d'un haut-parleur avant
l'invention de l'électricité.
Le
principe était simple : TROMPETTE ! 📯
On
attire l'attention.
Puis le crieur ou le trompette annonce la
nouvelle.
Ordonnance,
règlement de police, vente aux enchères, proclamation municipale,
arrivée d'une personnalité, fête ou manifestation : tout ce qui
devait être connu de la population pouvait ainsi être crié dans
les rues.
Dans
certaines villes, le trompette accompagnait même officiellement les
magistrats et ouvrait leur marche en sonnant. À Forcalquier, par
exemple, les trompettes municipaux proclamaient les décisions
administratives, les enchères et les ordonnances dans les places et
carrefours.
Bref, la communication municipale était alors équipée d'un
système sonore fonctionnant au souffle et à la bonne volonté de
l'employé communal !
🏘️
En 1886 : attention au quartier oublié !
Une
coupure de presse du Conservateur du 30 mai 1886,
concernant Royan, nous montre que le métier avait encore ses petits
problèmes de couverture géographique.
Le
journal reproche au trompette de ville de « délaisser tout le
quartier de l'avenue de Pontaillac ». Le rédacteur suggère donc
qu'il pourrait sonner « en face la maison de M. Amiot » ou, au
minimum, au coin de la rue des Chantiers.
On
imagine assez bien la scène :
« Avis à la population ! »
Mais
au fond de l'avenue :
«
Quelle population ? Parce que nous, on n'a rien entendu ! »
Voilà
donc un problème très ancien qui ressemble étrangement à certains
problèmes modernes : la communication était bien faite,
mais pas forcément reçue par tout le monde !
Le
trompette de ville devait donc penser à son parcours. Un carrefour
ici, une place là, un autre coin de rue ailleurs…
Car
annoncer une nouvelle à la population, c'était une chose.
Faire
en sorte que toute la population l'entende, c'en était une autre !
⏱️
En 1924 : surtout, laissez le temps aux gens d'arriver !
Une
autre coupure, publiée dans L'Écho rochelais le 30
juillet 1924, nous livre un détail absolument délicieux
sur le fonctionnement de cette communication municipale.
Un
certain M. Bonnaud, trompette de ville désirant
prendre sa retraite, devait être remplacé. Mais aucun candidat ne
semblait vouloir accepter le traitement de 400 francs par an.
Le conseil décida donc de porter la rémunération du futur
trompette à 600 francs.
Six
cents francs !
Il
faut évidemment replacer cette somme dans son contexte, mais une
chose est certaine : faire sortir les habitants de chez eux
pour leur annoncer les nouvelles municipales était considéré comme
un véritable travail.
Et
les conseillers municipaux avaient encore une autre préoccupation.
Ils
demandèrent qu'un intervalle plus long soit observé entre
la sonnerie et l'annonce de l'avis, afin que les personnes
intéressées aient le temps de se déplacer pour prendre
connaissance du communiqué. La remarque fut officiellement
enregistrée.
Voilà qui mérite réflexion.
Le
trompette devait donc faire :
Pooouêêêêêêêêêt
! 🎺
Puis
attendre…
Encore
un peu…
Et
encore un peu…
Parce
qu'il fallait laisser le temps à Mme Martin de descendre l'escalier,
à M. Dupont de quitter son atelier, au boulanger de poser sa pelle
et au voisin du bout de la rue de mettre ses sabots !
Et
surtout, interdiction de faire :
«
POUET ! L'annonce est la suivante… »
avant
que les intéressés aient eu le temps d'arriver !
🎺
Le trompette était parfois… un couteau suisse municipal
La
fonction pouvait d'ailleurs se combiner avec celle de crieur
public, et parfois avec d'autres emplois communaux.
Un
témoignage consacré à La Rochefoucauld raconte ainsi le souvenir
d'un « trompette de ville » qui était musicien et chef d'une
société musicale. Il arrivait avec son clairon, s'arrêtait dans la
rue, jouait quelques notes bien connues pour faire sortir les
habitants de chez eux, puis annonçait d'une voix forte les arrivages
de légumes et de poissons, les communiqués de la mairie, les fêtes,
les frairies ou encore les ventes aux enchères.
Et
voilà notre homme transformé en véritable radio municipale
ambulante !
Avec,
toutefois, une particularité : la radio devait marcher
jusqu'à ses auditeurs.
À
Gençay, la fonction de trompette de ville fut même associée à
celle de garde champêtre et d'afficheur municipal. Le dernier
véritable crieur de la commune parcourait encore le bourg avec son
clairon et ne prit sa retraite qu'en 1965.
On
est donc très loin du personnage médiéval disparu depuis des
siècles.
🔊
Avant le haut-parleur, il fallait être entendu !
Le
système reposait finalement sur une véritable petite mécanique
sonore :
1.
Le trompette arrive. 2. Il sonne.
🎺 3. Les habitants comprennent qu'une annonce va
suivre. 4. Ils se rapprochent. 5.
Le trompette ou le crieur lit le communiqué. 6.
Et tout le monde rentre chez soi avec la nouvelle.
Une
forme de notification municipale à l'ancienne, sans
abonnement, sans batterie et surtout sans possibilité de mettre le
trompette en mode silencieux !
Mais
il y avait une règle d'or : le trompette devait être
entendu.
À
Royan en 1886, on lui reproche de ne pas suffisamment sonner dans un
quartier. En 1924, on lui demande au contraire de laisser
suffisamment de temps entre la sonnerie et l'annonce.
Autrement
dit, le cahier des charges était assez clair :
Sonner assez fort pour
être entendu par tout le monde, mais attendre assez longtemps pour
que tout le monde puisse venir écouter !
🎺
Une véritable fonction de musicien au service de la cité
Le
trompette de ville n'était donc pas simplement un musicien chargé
de faire « pouet-pouet » dans les rues.
Il
était un agent de communication publique, héritier
du héraut et proche cousin du crieur municipal.
Il
devait posséder une bonne embouchure, des poumons solides, une voix
qui porte, une excellente connaissance des rues… et probablement
une certaine résistance aux remarques des habitants !
Car
si un quartier n'entendait pas l'annonce :
C'était
sa faute.
Si
les habitants n'avaient pas eu le temps d'arriver :
C'était
encore sa faute.
Et
si le trompette sonnait trop longtemps :
On
peut imaginer que ce n'était probablement pas sa faute… mais celle
des oreilles municipales ! 😄
Aujourd'hui,
un message apparaît sur un téléphone en quelques secondes.
Autrefois,
la mairie envoyait simplement son meilleur « haut-parleur sur pattes
» faire le tour du quartier.
Et
si quelqu'un demandait :
«
Pourquoi n'avez-vous pas annoncé la nouvelle chez nous ? »
Il
suffisait probablement de répondre :
«
Parce que Monsieur le Trompette n'a pas encore sonné jusqu'ici ! »
🎺
Pouet-pouet ! L'information municipale est annoncée !
Merci
de vous rapprocher, de patienter entre la sonnerie et le communiqué…
et surtout, de ne pas habiter trop loin du trompette !
🎺 Le cornet à pistons automatique,
ou « Player
Cornet »,
fut une étonnante tentative de transposer au monde des instruments à
vent le principe du piano mécanique. Présenté au début des années
1920, il utilisait une bande de papier perforé qui commandait
automatiquement les pistons du cornet. Le musicien n'avait plus qu'à
souffler dans l'embouchure : la mécanique se chargeait de
sélectionner les notes.
La
photographie publiée dans l'Almanach illustré du Petit Parisien
montre le jeune Barrie Darewski, alors enfant, fils du compositeur et
éditeur musical britannique Herman Darewski. Une publication
américaine de 1922 le présente comme le démonstrateur de ce
curieux « Mechanical Cornet », précisant que son père avait
acquis les droits mondiaux de l'invention. Le système constituait
ainsi une sorte de « piano mécanique à vent » : le papier perforé
remplaçait les doigts du musicien, mais le souffle humain demeurait
indispensable.
Cette
invention, aussi ingénieuse qu'insolite, semble toutefois être
restée une curiosité de l'ère des automates musicaux. Elle
témoigne de l'extraordinaire imagination des inventeurs de
l'entre-deux-guerres, qui cherchaient alors à faire jouer
automatiquement presque tous les instruments de musique.
🎶 An Italian Ground – Variations baroques sur une basse obstinée
Avec « An Italian Ground », nous entrons au cœur de la musique baroque anglaise du XVIIᵉ siècle.
Cette pièce repose sur un ground bass, une basse obstinée répétée inlassablement, sur laquelle se développent de nombreuses variations ou divisions. Inspirée de la tradition italienne, cette forme permet au musicien de faire preuve d’une grande virtuosité tout en conservant la structure régulière de la basse.
Très appréciée des interprètes de flûte à bec, cette œuvre offre un magnifique dialogue entre la ligne mélodique, riche en ornements et en variations, et la basse à cordes, qui maintient le fil conducteur de l’ensemble.
Pour cet enregistrement, j’ai choisi de faire entendre cette musique dans une formation simple et intimiste : flûte à bec et basse à cordes, afin de mettre en valeur toute la finesse, l’élégance et l’inventivité de ces variations baroques.
🎵 Une petite plongée musicale dans l’Angleterre du XVIIᵉ siècle, où une basse obstinée devient le terrain de jeu d’une flûte à bec pleine d’imagination !