Et si une simple leçon de solfège pouvait tourner à la catastrophe… musicale ? 😄
Inspirée d’une savoureuse coupure de presse de 1942, cette petite chanson humoristique joue avec les mots UT, ZUT et FLÛTE, pour nous emmener dans une classe de musique où le professeur perd peu à peu… le contrôle de sa leçon !
🎼 UT, ré, mi, fa, sol, la, si, do… et surtout, ne dites pas ZUT !
Une chanson rétro, légère et malicieuse, à écouter avec une bonne dose de sourire. 📻🎶
Intro
Mesdemoiselles et messieurs... Une petite histoire de solfège... Tout commence avec une innocente petite note : Ut !
Couplet 1
Dans une classe de musique,
Un professeur très appliqué,
Faisait chanter d'un ton classique
Les petits élèves bien rangés.
« Répétez donc, mademoiselle,
La note que je viens de dire ! »
Mais l'élève, un peu rebelle,
Répondit sans réfléchir :
Refrain
🎵 De ut à zut, il n'y a qu'une lettre, Un petit Z qui vient tout chambouler ! De ut à zut, voilà notre élève, Qui fait du solfège à sa façon ! Ut, ré, mi, fa, sol, la, si, do, Tout allait bien, c'était très beau... Mais quand le professeur dit : « Ut ! » La petite répond aussitôt : « Zut ! » 🎵
Couplet 2
Le professeur, fort courroucé,
Lui dit : « Il faut vous corriger !
Ce n'est pas « zut » qu'il faut chanter,
Mais UT, avec application ! »
La demoiselle, fort obstinée,
Reprit alors d'un air très doux :
« Puisque vous voulez une note,
Je vais donc vous en donner deux ! »
Refrain
🎵 De ut à zut, il n'y a qu'une lettre, Un petit Z qui vient tout chambouler ! De ut à zut, voilà notre élève, Qui fait du solfège à sa façon ! Ut, ré, mi, fa, sol, la, si, do, Tout allait bien, c'était très beau... Mais quand le professeur dit : « Ut ! » La petite répond aussitôt : « Zut ! » 🎵
Couplet 3
« Si vous refusez encore l'ut,
Que pourriez-vous donc nous chanter ? »
La demoiselle alors s'écrie :
« Ma foi, monsieur... flûte ! » 🎶
Le maître en perd sa baguette,
La classe éclate de rire,
Et depuis ce fameux matin,
On apprit surtout à sourire !
Dernier refrain
🎵 De ut à zut, de zut à flûte, Le solfège a bien des détours ! Une petite note qui chahute, Et voilà qu'on rit tout autour ! Ut, ré, mi, fa, sol, la, si, do, Chantons-les tous bien comme il faut... Mais si jamais ça ne va plus... Ne dites pas « zut »... dites « flûte ! » 🎵
Existe-t-il un instrument meilleur qu’un autre pour vivre vieux ?
Voilà une question que l’on ne poserait peut-être pas aujourd’hui à son médecin… mais que les journaux des XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle abordaient avec un sérieux désarmant !
Plusieurs des coupures anciennes que j’ai retrouvées s’intéressent en effet à la longévité des musiciens, en établissant des listes parfois très précises de compositeurs et de leur âge au décès.
Et à lire certains de ces tableaux, on pourrait presque croire que l'Assurance maladie aurait dû, autrefois, rembourser les instruments de musique ! 😄
🎼 Les vieux maîtres avaient parfois une sacrée résistance !
Une coupure du Monde illustré du 11 juillet 1874 dresse ainsi une impressionnante liste :
Gossec : 96 ans
Auber : 90 ans
Monsigny : 88 ans
Campra : 84 ans
Cherubini : 82 ans
Rameau : 81 ans
Haydn : 77 ans
Spontini : 77 ans
Rossini : 76 ans
Salieri : 75 ans
Haendel : 74 ans
Gluck : 73 ans
Grétry : 72 ans
Meyerbeer : 70 ans
Mais la liste descend aussi brutalement dans les profondeurs de la statistique : Mozart 35 ans, Bellini 33, Schubert 31, Pergolèse seulement 26 ans.
Autrement dit, si l'on cherchait une recette universelle, la partition serait quelque peu illisible !
🎺 Souffler pour vivre vieux ?
C'est là que les choses deviennent franchement savoureuses.
Une autre coupure, publiée en 1911, attribue au docteur James F. Rogers une véritable « échelle de longévité instrumentale ».
Selon cette théorie ancienne, les instrumentistes à vent auraient une espérance de vie différente selon leur instrument : les joueurs de flûte autour de 61 ans, les hautboïstes autour de 63, les cornistes autour de 64, les clarinettistes autour de 65, tandis que trompettistes et pistonistes atteindraient environ 69 ans, et les contrebassistes et ophicléidistes jusqu'à 75 ans !
On imagine déjà le jeune élève du conservatoire :
« Papa, je voudrais jouer de la flûte ! »
« Certainement pas ! Prends donc un ophicléide, mon garçon, tu gagneras quelques années ! » 😂
Évidemment, cette statistique doit être replacée dans son contexte historique. Elle ne constitue absolument pas une démonstration scientifique moderne permettant de choisir son instrument en fonction de son espérance de vie.
Les recherches contemporaines sur les instrumentistes à vent sont d'ailleurs beaucoup plus prudentes. Certaines études ont observé une fonction respiratoire intéressante chez les souffleurs, mais d'autres ne trouvent pas de différence significative avec les autres musiciens.
Et une étude publiée en 2026 auprès de musiciens professionnels allemands souligne plutôt certaines questions respiratoires et d'hygiène liées aux instruments à vent, sans permettre de conclure qu'un instrument ferait vivre plus longtemps qu'un autre.
Bref : la flûte n'est pas encore reconnue comme médicament anti-âge !
🎻 Et les cordes, alors ?
Les anciens articles semblent parfois leur attribuer une longévité moins spectaculaire que celle de certains souffleurs.
Mais voilà un détail amusant : comment comparer sérieusement un violoniste qui pratique deux heures par jour avec un musicien professionnel qui répète six heures, donne des concerts, voyage et travaille dans des conditions très différentes ?
C'est là que les belles statistiques anciennes commencent à jouer… faux. 🎻
Le problème est que l'âge au décès dépend d'une multitude de facteurs : alimentation, conditions de vie, tabac, alcool, maladies infectieuses, niveau social, activité physique, médecine disponible, guerre, accidents, etc.
L'instrument n'est probablement qu'un tout petit morceau de la partition.
🎺🎻🎹 Et les multi-instrumentistes ?
Voilà une catégorie que nos journalistes anciens semblent avoir quelque peu oubliée !
61 ans pour la flûte + 69 pour la trompette + 74 pour l'orgue + 75 pour l'harmonium…
Et voilà notre pauvre multi-instrumentiste condamné à vivre jusqu'à 279 ans !
Il faudra simplement penser à lui trouver un logement suffisamment grand pour installer tous les instruments. 😄
Plus sérieusement, je n'ai pas trouvé de données solides montrant que les multi-instrumentistes vivent plus ou moins longtemps que les musiciens spécialisés dans un seul instrument. La question mériterait pourtant une étude intéressante : nombre d'instruments, nombre d'heures de pratique, activité professionnelle ou amateur, âge de début, activité physique associée, etc.
🎼 Professionnel ou amateur : qui gagne la bataille ?
Voilà une question particulièrement intéressante.
Une étude danoise portant sur 25 000 adultes a justement comparé non-musiciens, musiciens amateurs et professionnels. Les musiciens amateurs actifs déclaraient globalement un état de santé meilleur que les non-musiciens et que les amateurs ayant cessé leur pratique. Les professionnels actifs, eux, déclaraient davantage de problèmes de santé. Les auteurs soulignent toutefois qu'il s'agit d'associations et non d'une preuve que jouer de la musique provoque directement ces différences.
Cela donne donc une petite morale inattendue :
Il semblerait que jouer de la musique pour son plaisir soit parfois plus reposant que d'en faire son métier !
Le professionnel doit répéter même lorsqu'il n'en a pas envie, jouer malgré la fatigue, voyager, supporter le bruit, les horaires irréguliers, les contraintes physiques et parfois le stress de la représentation.
L'amateur, lui, peut déclarer :
« Aujourd'hui, je ne répète pas. C'est mauvais pour ma santé ! »
Et reprendre tranquillement le lendemain. 😄
🎹 Et les organistes et harmoniumistes ?
Voilà un cas particulièrement intéressant.
Les études modernes ne permettent pas de dire que l'orgue ou l'harmonium prolongent à eux seuls la vie.
En revanche, une vaste étude finlandaise portant sur les artistes professionnels et les musiciens d'église a trouvé une mortalité toutes causes confondues plus faible chez les musiciens d'église étudiés que dans la population de référence : le ratio standardisé de mortalité était de 0,59 chez les musiciens d'église et de 0,75 chez les artistes interprètes.
Mais attention : cela ne signifie pas que l'orgue est une fontaine de jouvence à pédales !
Les musiciens d'église constituent un groupe particulier, avec leur environnement social, leurs habitudes, leur activité professionnelle et de nombreux facteurs qui peuvent expliquer une partie du résultat.
On ne peut donc pas conclure :
« Jouez de l'harmonium et vous gagnerez dix années de vie ! »
Même si, personnellement, je trouve l'idée assez séduisante… 🎹
🎼 Et les chefs d'orchestre ?
Là encore, nos statistiques anciennes nous laissent sur notre faim.
Le chef d'orchestre exerce pourtant une activité étonnamment physique : bras, épaules, posture, concentration, longues répétitions et parfois agitation comparable à celle d'un moulin à vent sous tempête !
Mais cela ne permet pas d'affirmer qu'un chef vit plus longtemps qu'un violoniste ou qu'un trompettiste.
Quant au compositeur, son principal risque semble surtout être de rester huit heures devant une partition en se demandant :
« Est-ce que je mets un fa dièse ici… ou est-ce que je détruis définitivement la civilisation occidentale ? »
Là encore, aucune statistique sérieuse ne permet d'établir une espérance de vie particulière du compositeur.
🪦 Les statistiques anciennes avaient quand même de l'humour
Ce qui me plaît particulièrement dans ces articles anciens, c'est leur manière de transformer la mort en véritable tableau de classement.
On trouve ainsi des listes où Auber, Haydn, Rossini, Gounod, Wagner, Meyerbeer, Beethoven, Weber et Mendelssohn défilent avec leur âge au décès.
Et l'article conclut tranquillement que la longévité générale des musiciens est « au-dessus de la moyenne ».
Puis il cite immédiatement Bellini, Mozart et Bizet morts très jeunes.
Autrement dit :
« Les musiciens vivent vieux… sauf lorsqu'ils meurent jeunes. »
Difficile de contredire une statistique aussi parfaitement équilibrée ! 😄
🎶 Alors, quel instrument choisir pour vivre le plus longtemps ?
Après avoir consulté ces vénérables articles et regardé ce que nous apprend la recherche moderne, je propose une conclusion beaucoup moins scientifique… mais nettement plus musicale :
🥇 Pour vivre très vieux :
jouez de l'instrument que vous aimez.
🥈 Pour conserver le moral :
jouez régulièrement, sans transformer chaque répétition en épreuve olympique.
🥉 Pour éviter les ennuis :
entretenez votre instrument… et particulièrement les instruments à vent !
Et surtout :
ne choisissez pas votre instrument en fonction d'une prétendue espérance de vie.
Les anciennes statistiques sont passionnantes pour comprendre la manière dont nos ancêtres réfléchissaient à la santé et à la musique. Mais elles ne démontrent pas que la flûte, la trompette, le violon ou l'harmonium font vivre plus ou moins longtemps.
La musique semble néanmoins avoir un avantage considérable : elle donne une bonne raison de continuer à faire travailler la tête, les oreilles, les mains, la respiration, la mémoire et surtout le plaisir.
Et puis, soyons honnêtes…
Si l'on pouvait réellement gagner quelques années grâce à son instrument, les facteurs d'instruments seraient probablement déjà en train de vendre des assurances-vie avec chaque flûte à bec ! 🎵😂
📜 Quelques sources et coupures particulièrement savoureuses
Des coupures de presse ancienne permet notamment de mettre en regard des articles du Monde illustré (11 juillet 1874), du Monde artiste (14 octobre 1894), de Vert-vert (5 novembre 1894), du Soleil (13 septembre 1911) et des Alpes pittoresques (15 février 1912). Les chiffres et les théories qu'ils présentent sont surtout intéressants aujourd'hui comme témoignages de la culture scientifique et musicale de leur époque.
Et la recherche contemporaine apporte un joli contrepoint : les travaux disponibles ne permettent pas d'établir un « instrument de la longévité », tandis que certaines données suggèrent des associations intéressantes entre pratique musicale, santé et activité amateur.
Conclusion personnelle pour le musicien : Flûtiste, trompettiste, violoniste, organiste, harmoniumiste, chef d'orchestre ou multi-instrumentiste… le véritable élixir de longue vie pourrait finalement être tout simplement de continuer à faire de la musique ! 🎶
🎼 Les Cours Sinat :
apprendre la musique par correspondance à Paris,
de 1913 aux années
1940
À une époque où l'enseignement de la musique
repose essentiellement sur les leçons particulières et les
conservatoires, une entreprise parisienne propose une formule
particulièrement moderne : apprendre le piano, l'harmonie,
le solfège, le violon, le chant ou la mandoline… par
correspondance !
Il s'agit des Cours Sinat,
installés au 1, rue Jean-Bologne, à Paris XVIe, et
dont les nombreuses publicités retrouvées dans la presse permettent
de suivre l'activité depuis les années 1910 jusque dans les années
1930.
Derrière cette appellation apparaît notamment
Mathilde SINAT, qui signe plusieurs
textes consacrés à la pédagogie musicale et fait directement la
promotion des cours.
RetroNews : Excelsior 1er décembre 1913
«
Enseigne plus et mieux que toute autre leçon »
Dès 1913, les Cours Sinat se
présentent comme une méthode nouvelle destinée à rendre l'étude
de la musique plus efficace et moins mécanique.
Le principe est simple : l'élève reçoit ses
leçons à domicile, les étudie seul, puis correspond avec
l'établissement. La méthode entend lui apprendre non seulement à
jouer des notes, mais surtout à comprendre la musique,
développer son sens du rythme, de l'harmonie et du style et devenir
progressivement autonome.
Les publicités promettent même d'apprendre « en
quelques leçons plus que des années d'études ».
Une ambition considérable, qui explique sans
doute le slogan récurrent :
« Rend facile tout ce qui semblait
difficile. »
Les Cours Sinat affirment également que leur
méthode permet d'acquérir rapidement la lecture musicale, la sûreté
du jeu, le style et même la virtuosité. Cette publicité de 1913 va
jusqu'à présenter l'enseignement comme permettant de « lire la
musique comme on lit un livre ».
🎹
Piano, harmonie… mais pas seulement
Au fil des années, l'offre devient
particulièrement étendue.
On trouve notamment :
Cours de
piano par correspondance
Cours
d'harmonie
Cours de
solfège
Cours de
violon
Cours de
chant
Cours de
mandoline
et même des cours spécialement conçus pour
les enfants.
Les publicités précisent que l'harmonie doit
permettre de composer, improviser, accompagner, analyser et
comprendre les œuvres musicales.
En 1921, par exemple, la publicité publiée dans
La Science et la Vie présente toujours les cours de piano
et d'harmonie ainsi que les cours de violon, solfège, chant et
mandoline.
👧
Une pédagogie adaptée aux enfants
Les Sinat ne s'adressent pas uniquement aux
adultes.
Une publicité destinée aux familles précise que
le cours pour enfants comporte des pages expliquées, des
devoirs et des indications destinées à intéresser l'élève et à
le faire devenir bon musicien.
Mathilde Sinat s'intéresse d'ailleurs directement
à la question de « La Musique des Enfants ».
Dans un texte signé de son nom, elle défend une
conception assez moderne de l'éducation musicale : il ne faudrait
pas imposer aux enfants une musique vulgaire ou simplement destinée
à les divertir, mais leur faire découvrir progressivement les
grands maîtres.
Elle cite notamment Bach, Haendel,
Schumann, Rameau et Mozart, considérant que leurs œuvres
peuvent également fournir des pièces adaptées aux jeunes élèves.
Cette conception donne aux Cours Sinat une
dimension qui dépasse le simple apprentissage mécanique du piano :
former l'oreille, le goût et l'intelligence musicale de
l'enfant.
👩🏫
Une méthode destinée aussi aux professeurs
Autre particularité intéressante : les Cours
Sinat ne prétendent pas remplacer systématiquement le professeur.
Certaines publicités affirment au contraire que
la méthode peut être utilisée par les professeurs
eux-mêmes pour compléter leur enseignement. Une annonce de
1918 présente ainsi les cours de piano, harmonie, violon, chant,
mandoline et déchiffrage comme une aide permettant de progresser
plus rapidement.
Les annonces s'adressent donc à des publics très
différents :
débutants, élèves avancés, enfants,
adultes, professeurs et même musiciens souhaitant reprendre leurs
études.
🎼
L'appui de grands noms de la musique
Pour convaincre les futurs élèves, les Cours
Sinat mettent régulièrement en avant les appréciations de
personnalités musicales prestigieuses.
Les annonces reproduisent des témoignages
particulièrement élogieux concernant la méthode Sinat. Camille
Erlanger aurait notamment apprécié la conception pédagogique des
cours, tandis que Louis Diémer insiste sur l'importance de
comprendre le rôle de chaque note et l'architecture musicale.
Il convient naturellement de considérer ces
déclarations dans leur contexte publicitaire. Elles
montrent cependant l'importance que les Cours Sinat accordaient à
leur caution artistique et pédagogique.
✉️
Une véritable école… dans sa boîte aux lettres
Les documents des années 1930 permettent de
comprendre concrètement comment fonctionnait cette école à
distance.
L'élève remplissait d'abord un questionnaire
permettant d'évaluer son niveau : connaissances musicales,
expérience précédente, capacité à déchiffrer, morceaux étudiés,
connaissance des différentes clés, pratique des deux mains au
piano, etc.
Le cours pouvait ensuite être adapté à son
niveau.
Les leçons étaient expédiées régulièrement
par courrier. En 1935, le programme indique notamment des envois de
quatre leçons tous les quinze jours.
Les tarifs sont également détaillés : piano,
harmonie, solfège, violon, chant et mandoline possèdent chacun leur
propre programme et leur propre progression.
Nous sommes donc assez loin d'une simple série de
fascicules impersonnels : les Cours Sinat cherchent à donner l'image
d'un enseignement individualisé par correspondance.
📬
Une présence publicitaire pendant plus de trente ans
Les nombreuses annonces retrouvées dans la presse
montrent une remarquable continuité.
En 1913, les Cours Sinat sont
déjà annoncés au 1, rue Jean-Bologne, Paris XVIe.
Durant les années suivantes, les publicités
apparaissent dans différentes publications, notamment La Revue
française, L'Excelsior, L'Éclair, La
Mode illustrée et d'autres périodiques destinés notamment au
public féminin.
On retrouve parfois l'adresse du 6,
carrefour de l'Odéon, Paris VIe, avant que le 1,
rue Jean-Bologne ne redevienne l'adresse habituelle.
Dans les années 1920, la publicité continue de
présenter les Cours Sinat comme une méthode permettant d'obtenir
rapidement les qualités d'un véritable musicien. En 1920, une
annonce mentionne même le numéro de téléphone Auteuil
25-14.
Et l'activité se poursuit encore dans les années
1940, avec une organisation pédagogique devenue
particulièrement complète.
Une annonce de 1943 montre que les Cours Sinat de piano par correspondance existaient encore pendant la Seconde Guerre mondiale.
Les Ondes N° 137 - 12 décembre 1943
📚
Des partitions « Cours Sinat »
L'existence des Cours Sinat ne se limite
d'ailleurs pas aux annonces publicitaires.
Des partitions conservées à la Bibliothèque
nationale de France portent la mention " Cours Sinat ", ce qui montre que l'entreprise disposait également
d'un véritable matériel musical destiné à l'étude.
On retrouve ainsi dans les collections des œuvres
ou extraits de Clementi, Schubert, Chopin, Gluck et Bach,
notamment des pièces présentées comme matériel pédagogique des
Cours Sinat.
Les Cours Sinat semblent donc avoir constitué une
véritable méthode musicale complète, associant
cours théoriques, exercices, partitions et progression pédagogique.
👑🎶 Les Journées du Patrimoine au Royaume de Manéhouarnie 🎶👑
Avis aux sujets, mélomanes, curieux, historiens et amateurs de flûtes en tous genres !
À l’occasion des Journées du Patrimoine 2026, les portes du Royaume de Manéhouarnie s’ouvrent exceptionnellement au public… enfin, celles que Sa Majesté aura bien voulu laisser ouvertes ! 😄
Le Roi Dominik de Manéhouarnie, passionné du patrimoine musical, vous présente avec une grande solennité sa précieuse collection de flûtes à bec enchanteresses. De la plus petite soprano à la majestueuse flûte basse, toutes ont une histoire, un caractère… et surtout quelques notes à faire entendre ! 🎵
Et comme tout bon roi musicien se doit de joindre la parole à la musique, il est même possible d’écouter « Les Flûtes Éternelles du Roi » sur sa chaîne YouTube :
Cet hymne envoûtant célèbre la magie de ces instruments qui font vibrer tout le royaume. De la plus petite à la plus grave, chaque flûte porte la voix du souverain et fait rayonner l’âme musicale de Manéhouarnie. 👑🎶
Mais ce n’est pas tout !
Les visiteurs pourront également entendre les enregistrements de flûte à bec interprétés par Sa Majesté, disponibles sur SoundCloud :
Alors, pour ces Journées du Patrimoine, point de vieilles pierres silencieuses au Royaume de Manéhouarnie : ici, le patrimoine respire, chante et parfois même siffle ! 😄
🎼 Des instruments, une histoire, un patrimoine… et beaucoup de musique !
👑 Sa Majesté le Roi vous attend pour une visite musicale exceptionnelle.
🎺 Friedensgruß (Salutation de paix), op. 44 – Franz
Poenitz (1850-1912) 🕊️
Friedensgruß, op. 44, est une œuvre
instrumentale du compositeur et harpiste allemandFranz
Poenitz (1850-1912), composée en 1898.
La partition originale est écrite pour trompette
en si♭ ou cornet à pistons, accompagnés à l’harmonium.
Une formation qui donne à cette petite pièce romantique une
sonorité à la fois chaleureuse et solennelle.
Ayant récemment transcrit cette œuvre pour flûte à bec ténor et harmonium, j’ai eu envie d’en explorer
également une autre possibilité sonore.
Dans cette vidéo, je vous propose donc une
réinterprétation de Friedensgruß dans laquelle la
mélodie est confiée à la trompette, accompagnée cette fois par un
orchestre. Cette version a été générée avec
l’intelligence artificielle Suno, à partir d’indications
musicales que je lui ai fournies.
Une manière amusante de redonner vie à une œuvre
quelque peu oubliée et de lui faire emprunter un nouveau chemin
musical, entre partition ancienne et création assistée par
l’IA. 🎶
🎼 Franz Poenitz – Friedensgruß, op.
44
🎺 Trompette & orchestre
🤖
Réinterprétation générée avec Suno
📜 Œuvre originale :
trompette/cornet à pistons & harmonium
Connaissez-vous l’étonnante mésaventure du docteur Edward Young, célèbre auteur des Nuits ? Au bord de la Tamise, une simple flûte suffit à provoquer la colère d’un officier… et à conduire les deux hommes jusqu’à un duel pour le moins surprenant !
Mais Young avait une drôle de façon de régler ses comptes : point de sang versé, l’officier devra… danser un menuet ! 💃🎩
J’ai transformé cette savoureuse anecdote de la presse ancienne en une petite chanson humoristique, sur un airde musique baroque, où la flûte, le pistolet et la danse font bon ménage ! 🎼😄
Moralité : mieux vaut réfléchir à deux fois avant de donner des ordres à un joueur de flûte ! 🎶😉
🎶Le docteur Young et l'officier de la Tamise
[Couplet 1]
Sur la Tamise un beau matin,
Young se promenait sans souci,
Sa flûte chantait dans le lointain,
Pour quelques dames ravies.
Mais sur une barque, un officier,
Entendit soudain la mélodie :
« Monsieur, veuillez donc continuer,
Votre flûte me plaît, ma foi ! »
[Refrain]
🎵 Jouez, jouez, monsieur Young, Jouez donc votre menuet ! Si vous refusez, gare à vous, Dans la Tamise, vous plongerez !
🎵 Jouez, jouez, monsieur Young, Puisque tel est mon bon plaisir ! Mais qui fait danser les musiciens Devra peut-être en pâtir !
[Couplet 2]
Young, pour ne point troubler ces dames,
Reprit doucement son instrument,
Mais dans le fond de son âme
Il méditait très sérieusement.
« Monsieur l'officier, rendez-vous
Demain matin à Hyde Park !
Nous réglerons entre nous
Cette affaire avant qu'il ne soit tard ! »
[Refrain]
🎵 Jouez, jouez, monsieur Young, Jouez donc votre menuet ! Hier c'était vous qui commandiez, Mais demain, nous verrons bien !
🎵 Jouez, jouez, monsieur Young, La musique n'est pas un crime ! Mais lorsqu'on provoque un poète, Il faut s'attendre à la rime !
[Couplet 3]
Le lendemain dans la rosée,
L'officier vint, l'épée au côté.
Il croyait bien faire danser
Son adversaire au bout de son épée.
Young arriva tranquillement,
Un pistolet caché à la main :
« Monsieur, hier vous commandiez…
Aujourd'hui, c'est mon tour enfin ! »
[Pont – parlé] L'officier :
« Vous allez donc me provoquer ? »
Young :
« Pas du tout ! Je vais vous faire danser ! »
L'officier :
« Danser ? »
Young :
« Un menuet, monsieur ! Et sans fausse note ! »
[Couplet 4]
Un pas à droite, un pas à gauche,
L'officier pâlit sous son chapeau.
Young surveillait chaque approche,
Le pistolet toujours bien haut.
« Un petit salut, monsieur l'ami,
Et maintenant, tournez joliment !
Hier vous m'avez fait jouer,
Aujourd'hui vous danserez ! »
[Refrain final]
🎵 Dansez, dansez, monsieur l'officier, Dansez donc votre menuet ! Hier j'ai joué pour vous complaire, Aujourd'hui, c'est votre tour !
🎵 Dansez, dansez, monsieur l'officier, Un petit pas, puis deux, puis trois ! Qui fait jouer les musiciens Doit savoir danser quelquefois !
[Couplet final]
Puis Young rangea son pistolet,
Et dit avec beaucoup d'esprit :
« Nous sommes quittes désormais,
Vous avez joué, j'ai souri !
Point de blessure, point de querelle,
La danse suffit entre gens d'honneur !
Mais retenez cette ritournelle : Ne commandez jamais à un joueur de flûte ! »
[Refrain final]
🎵 Jouez, dansez, voilà la leçon, Du bord de la Tamise à Hyde Park ! Un menuet vaut mieux qu'un duel, Quand la musique désarme les querelles !
🎵 Jouez, dansez, monsieur l'officier, Et saluez donc votre adversaire ! Car le docteur Young l'a démontré : Un poète peut être un drôle de maître !
🎵
La musique et les animaux : un étonnant concert de la nature
Depuis plus d’un
siècle, la presse ancienne s’amuse à poser une question pour le
moins originale : les animaux aiment-ils la musique ?
Les anecdotes rapportées dans des coupures de presse dressent un
véritable petit bestiaire mélomane ! 🐕🎻🐄
Dès 1909, on raconte
que les vaches laitières auxquelles on fait
entendre des mélodies donneraient davantage de lait, avec une
préférence pour la valse lente ! L’expérience, rapportée avec
beaucoup de sérieux, suggère même que la musique de Planquette ou
de Lecocq pourrait devenir un précieux auxiliaire dans les étables
normandes…1
D’autres
observations prêtent aux animaux des réactions étonnamment
humaines : singes, éléphants, hippopotames, lions, tigres,
crocodiles, pingouins ou kangourous manifesteraient, chacun
à leur manière, intérêt, indifférence ou émotion devant les
instruments. Les chiens, eux, semblent particulièrement sensibles à
la musique, certains allant jusqu’à reconnaître certains airs et
à se rapprocher du haut-parleur !23
Les petites bêtes ne
sont pas oubliées : rats et blaireaux auraient été dressés
pour danser avec la musique, tandis que les lézards
seraient décrits comme de véritables mélomanes, s’immobilisant
pour écouter les vibrations musicales. Même les araignées auraient
leurs admirateurs, attirées par certaines romances populaires !4
Et comment ne pas
évoquer Erik Satie, qui consacra aux « animaux
musiciens » une conférence pleine d’humour ? Pour lui, les
oiseaux possèdent un avantage naturel : leur instrument, le bec, est
toujours à portée de… gosier ! Quant aux poissons, privés
d’instruments de musique par une Providence quelque peu distraite,
ils resteraient condamnés au silence. 😄 5
La conférence La Musique et les Animaux de Satie est bien
attestée dans ses écrits et fut présentée à plusieurs reprises.
Enfin, une amusante
histoire publiée en 1932 raconte que deux musiciens réfugiés
dans un moulin en ruines pendant un orage furent assaillis par des
loups… jusqu’à ce qu’ils recommencent à jouer : les
animaux, soudain apaisés par la musique, les laissèrent
tranquilles. 6
Qu’elles
soient scientifiques, anecdotiques ou franchement facétieuses, ces
anciennes chroniques témoignent d’une même fascination : celle
d’imaginer que la musique puisse franchir la frontière entre
l’homme et l’animal. Après tout, si une vache préfère
une valse, un chien reconnaît son air favori et une araignée
s’arrête pour écouter… peut-être que le règne animal possède
lui aussi son petit conservatoire ! 🎶🕷️🐄🐕
1 La Revue française politique et littéraire, 7 nov. 1909
Petite chanson
humoristique, esprit chanson française fantaisiste des années
1900-1930
Couplet 1
Dans
un petit coin du jardin,
Vivait une araignée,
Qui ne
voulait, pour rien au monde,
Manger ni travailler.
Elle
trouvait les mouches banales,
Les moustiques sans intérêt,
Mais
dès qu'on jouait de la flûte,
Madame venait écouter !
Refrain
🎵
Joue, joue, joue de la flûte,
Petit flûtiste
enchanteur !
Fais vibrer toutes tes notes,
Et réjouis mon
petit cœur !
Do, ré, mi, fa, sol, la, si,
Tisse donc,
tisse donc, jolie !
Quand ta musique me séduit,
Je fais ma
toile en harmonie ! 🕷️
Couplet 2
Elle
avait posé sa bobine
Au-dessus du vieux portail,
Mais sa
toile était si vilaine
Qu'on la prenait pour un travail !
«
Il me faut des arabesques,
Des petits ronds bien réguliers,
Et
quelques fils en diagonale,
Pour faire joli dans l'escalier ! »
Refrain
🎵
Joue, joue, joue de la flûte,
Petit flûtiste
enchanteur !
Fais vibrer toutes tes notes,
Et réjouis mon
petit cœur !
Do, ré, mi, fa, sol, la, si,
Tisse donc,
tisse donc, jolie !
Quand ta musique me séduit,
Je fais ma
toile en harmonie !
Couplet 3
Le
flûtiste reprend son souffle,
Et joue un petit
menuet.
L'araignée, ravie, s'affaire,
Et tire un fil après
l'autre, en secret.
À chaque trille, une spirale,
À
chaque cadence, un nouveau trait,
Et quand arrive la dernière
note,
Quelle merveille ! Quel beau filet !
Pont parlé,
façon chanson comique :
«
Bravo, ma chère araignée !
Mais attention au contretemps
!
Vous avez fait une maille trop longue...
Reprenez depuis
le commencement ! »
Dernier
refrain
🎵 **Joue, joue, joue de la flûte,
Et
surtout ne t'arrête pas !
Car lorsque ta musique est douce,
Ma
toile devient un vrai gala !
Do, ré, mi, fa, sol, la, si,
Quel
joli métier que celui-ci !
Moi je joue, elle tisse,
Et
pendant ce temps-là... les mouches applaudissent !
🪰👏
Voilà une question qui pouvait paraître
bien étrange au début du XXe siècle. Pourtant, le Petit
Parisien du 21 mai 1906 consacrait un article à cette curieuse
question, relatant les expériences d'un certain M. Lécailleau.
Selon lui, les araignées semblaient réagir à certains sons
produits par la flûte, le piano ou le violon.
Plus
d'un siècle plus tard, la science est venue apporter une nuance
intéressante à cette étonnante histoire. Les araignées sont en
effet particulièrement sensibles aux vibrations, notamment celles
qui parcourent leur toile. Certaines espèces sont même capables de
percevoir des sons aériens.
Mais
l'araignée n'a pas seulement intéressé les savants : elle
a également inspiré les musiciens !
En
1913, Albert Roussel créait Le Festin de l'araignée,
ballet-pantomime inspiré des observations de l'entomologiste
Jean-Henri Fabre. On y trouve notamment une savoureuse «
Joie de l'Araignée – Danse de l'Araignée ».
Et
Roussel n'est pas le seul à avoir fait entrer notre petite
tisserande dans le monde musical. Marcel Legay composa en 1910 une
Chanson de l'Araignée, tandis que Jean Absil, Claude
Arrieu, puis plus récemment Isabelle Aboulker lui consacrèrent
également des œuvres.
Alors,
l'araignée est-elle mélomane ? Rien ne permet de l'affirmer ! Mais
une chose est certaine : elle possède une toile qui, à sa
manière, est déjà un étonnant instrument de musique.
🕷️🎼
Redécouvrons aujourd’hui une ancienne marche dédiée aux sapeurs-pompiers français, créée en 1949 par Michel Roux de l’Opéra, sur une musique de Jean Bertrand et des paroles de Bertal-Maubon.
Près de 80 ans plus tard, Soldats du Feu reprend vie grâce à une réinterprétation vocale et orchestrale réalisée avec Suno, tout en conservant les paroles et la musique de l’œuvre originale.
Une rencontre entre mémoire, patrimoine musical et intelligence artificielle, en hommage à celles et ceux qui, hier comme aujourd’hui, répondent à l’appel du devoir.
🔥 « Au feu ! L’alerte a sonné… » 🔥🎺🚒
🚒 Soldats du Feu 🔥
Couplet 1 Vrais volontaires du devoir Le danger ne peut les émouvoir Sacrifice, abnégation Voilà leur mission Soldats valeureux du feu Le sinistre n’attend pas On le voit déjà Et le ciel rougit là bas
Refrain Au feu ! L’alerte a sonné Au feu ! L’appel est donné Il faut soudain bondir Quand le danger commande On doit partir Il faut voler au secours La nuit comme le jour Car c’est le devoir qui le veut Soldats du feu
Couplet 2 On voit la fumée tournoyer Et les flammes jaillir du foyer Le pompier dans un élan Toujours plus ardent Combat le fléau Bientôt… Que de gens seront encor Sauvés de la mort Par son admirable effort
Refrain Au feu ! L’alerte a sonné Au feu ! L’appel est donné Il faut soudain bondir Quand le danger commande On doit partir Il faut voler au secours La nuit comme le jour Car c’est le devoir qui le veut Soldats du feu
Couplet 3 Pas une fête sans pompier La foule accourt pour les acclamer Car on pense en les fêtant A ceux qui souvent Tombent sans espoir Un soir... Plus aux peines qu'à l'honneur Pourtant leur valeur Partout fait vibrer les coeurs
Refrain final Au feu ! L’alerte a sonné Au feu ! L’appel est donné Il faut soudain bondir Quand le danger commande On doit partir Il faut voler au secours La nuit comme le jour Car c’est le devoir qui le veut Soldats du feu
Couplet 1
Au grand
Conservatoire,
Une classe vient d’ouvrir,
On y cultive un
art
Qu’on n’osait pas enseigner.
Le professeur
s’avance,
Très digne, très distingué :
« Mesdames et
messieurs, silence !
Nous allons pétomaner ! »
Refrain
Prout-prout, en do
majeur,
Prout-prout, tout en douceur !
Du grave jusqu’au
suraigu,
On fait chanter son… instrument !
Prout-prout,
quelle harmonie,
Quel souffle, quelle mélodie !
Au
Conservatoire, désormais,
On apprend… le pet en musique !
Couplet 2
Premier exercice
: le brutal,
Qui tonne comme un canon,
Puis
vient le diminué,
Tout fin comme un
clairon.
Le doucereux s’envole,
Tel une
flûte dans le vent,
Le bardeur fait feu
d’artifice,
Et réveille les dormants !
Refrain
Prout-prout, en do
majeur,
Prout-prout, tout en douceur !
Du grave jusqu’au
suraigu,
On fait chanter son… instrument !
Prout-prout,
quelle harmonie,
Quel souffle, quelle mélodie !
Au
Conservatoire, désormais,
On apprend… le pet en musique !
Couplet 3
Le musical,
c’est le champion,
Il se divise en plusieurs parties :
Un
petit grave, un joli rond,
Puis retour à la tonalité !
Et
voici le pet timide,
Qui n’est presque qu’un
souffle…
Le professeur dit : « Magnifique !
Encore un
peu… et vous êtes virtuose ! »
Pont parlé, très sérieux
«
Aujourd’hui, examen de composition !
Vous allez nous écrire
une marche…
Uniquement avec des pets.
Deux mesures en
majeur,
Deux mesures en mineur,
Un arpège descendant…
Et
surtout, pas de fausse note ! »
Couplet 4
Alors
l’orchestre se rassemble,
Chacun prend son instrument,
Ça
commence tout doucement…
Puis ça module étonnamment !
Un
pet en si, deux en ré,
Un autre en sol bémol,
Et dans la
salle, émerveillée,
Le jury perd le contrôle !
Dernier refrain
Prout-prout,
en do majeur,
Prout-prout, quel grand bonheur !
Un arpège
par-ci,
Une modulation par-là,
Du fortissimo au
pianissimo,
La symphonie s’envole !
Prout-prout, quelle
mélodie,
Quel chef-d’œuvre de pétomanie !
Et pour
finir dans la douceur,
Un petit vent… libérateur !
Final
Le professeur lève
sa baguette :
« Mes chers élèves, quel talent !
Vous
avez tous réussi votre examen…
Mais sortez donc par la
fenêtre,
Pour aérer le Conservatoire ! »
Dernier effet orchestral Prout…
prout… prrrrrout… 🎺💨 « Mention très
bien… à l’unanimité ! »
Avant
la radio, avant le téléphone portable et bien avant le haut-parleur
municipal, il existait un moyen particulièrement efficace de faire
savoir les nouvelles à toute la population : le trompette de ville !
Et
attention, il ne suffisait pas de souffler trois notes dans
l'instrument et de rentrer tranquillement à la mairie. Il fallait
sonner fort, sonner au bon endroit, et surtout ne laisser
aucun quartier sur le bord du chemin !
📯
Un héraut avec des poumons
Le
trompette de ville appartient à une très ancienne tradition. Du
Moyen Âge à l'époque moderne, les villes employaient des musiciens
chargés d'annoncer solennellement les décisions du pouvoir
municipal ou royal. Dans les grandes cités, le trompette pouvait
porter les couleurs de la ville et même une trompette d'argent ornée
d'une banderole aux armes municipales.
Son
rôle était en quelque sorte celui d'un haut-parleur avant
l'invention de l'électricité.
Le
principe était simple : TROMPETTE ! 📯
On
attire l'attention.
Puis le crieur ou le trompette annonce la
nouvelle.
Ordonnance,
règlement de police, vente aux enchères, proclamation municipale,
arrivée d'une personnalité, fête ou manifestation : tout ce qui
devait être connu de la population pouvait ainsi être crié dans
les rues.
Dans
certaines villes, le trompette accompagnait même officiellement les
magistrats et ouvrait leur marche en sonnant. À Forcalquier, par
exemple, les trompettes municipaux proclamaient les décisions
administratives, les enchères et les ordonnances dans les places et
carrefours.
Bref, la communication municipale était alors équipée d'un
système sonore fonctionnant au souffle et à la bonne volonté de
l'employé communal !
🏘️
En 1886 : attention au quartier oublié !
Une
coupure de presse du Conservateur du 30 mai 1886,
concernant Royan, nous montre que le métier avait encore ses petits
problèmes de couverture géographique.
Le
journal reproche au trompette de ville de « délaisser tout le
quartier de l'avenue de Pontaillac ». Le rédacteur suggère donc
qu'il pourrait sonner « en face la maison de M. Amiot » ou, au
minimum, au coin de la rue des Chantiers.
On
imagine assez bien la scène :
« Avis à la population ! »
Mais
au fond de l'avenue :
«
Quelle population ? Parce que nous, on n'a rien entendu ! »
Voilà
donc un problème très ancien qui ressemble étrangement à certains
problèmes modernes : la communication était bien faite,
mais pas forcément reçue par tout le monde !
Le
trompette de ville devait donc penser à son parcours. Un carrefour
ici, une place là, un autre coin de rue ailleurs…
Car
annoncer une nouvelle à la population, c'était une chose.
Faire
en sorte que toute la population l'entende, c'en était une autre !
⏱️
En 1924 : surtout, laissez le temps aux gens d'arriver !
Une
autre coupure, publiée dans L'Écho rochelais le 30
juillet 1924, nous livre un détail absolument délicieux
sur le fonctionnement de cette communication municipale.
Un
certain M. Bonnaud, trompette de ville désirant
prendre sa retraite, devait être remplacé. Mais aucun candidat ne
semblait vouloir accepter le traitement de 400 francs par an.
Le conseil décida donc de porter la rémunération du futur
trompette à 600 francs.
Six
cents francs !
Il
faut évidemment replacer cette somme dans son contexte, mais une
chose est certaine : faire sortir les habitants de chez eux
pour leur annoncer les nouvelles municipales était considéré comme
un véritable travail.
Et
les conseillers municipaux avaient encore une autre préoccupation.
Ils
demandèrent qu'un intervalle plus long soit observé entre
la sonnerie et l'annonce de l'avis, afin que les personnes
intéressées aient le temps de se déplacer pour prendre
connaissance du communiqué. La remarque fut officiellement
enregistrée.
Voilà qui mérite réflexion.
Le
trompette devait donc faire :
Pooouêêêêêêêêêt
! 🎺
Puis
attendre…
Encore
un peu…
Et
encore un peu…
Parce
qu'il fallait laisser le temps à Mme Martin de descendre l'escalier,
à M. Dupont de quitter son atelier, au boulanger de poser sa pelle
et au voisin du bout de la rue de mettre ses sabots !
Et
surtout, interdiction de faire :
«
POUET ! L'annonce est la suivante… »
avant
que les intéressés aient eu le temps d'arriver !
🎺
Le trompette était parfois… un couteau suisse municipal
La
fonction pouvait d'ailleurs se combiner avec celle de crieur
public, et parfois avec d'autres emplois communaux.
Un
témoignage consacré à La Rochefoucauld raconte ainsi le souvenir
d'un « trompette de ville » qui était musicien et chef d'une
société musicale. Il arrivait avec son clairon, s'arrêtait dans la
rue, jouait quelques notes bien connues pour faire sortir les
habitants de chez eux, puis annonçait d'une voix forte les arrivages
de légumes et de poissons, les communiqués de la mairie, les fêtes,
les frairies ou encore les ventes aux enchères.
Et
voilà notre homme transformé en véritable radio municipale
ambulante !
Avec,
toutefois, une particularité : la radio devait marcher
jusqu'à ses auditeurs.
À
Gençay, la fonction de trompette de ville fut même associée à
celle de garde champêtre et d'afficheur municipal. Le dernier
véritable crieur de la commune parcourait encore le bourg avec son
clairon et ne prit sa retraite qu'en 1965.
On
est donc très loin du personnage médiéval disparu depuis des
siècles.
🔊
Avant le haut-parleur, il fallait être entendu !
Le
système reposait finalement sur une véritable petite mécanique
sonore :
1.
Le trompette arrive. 2. Il sonne.
🎺 3. Les habitants comprennent qu'une annonce va
suivre. 4. Ils se rapprochent. 5.
Le trompette ou le crieur lit le communiqué. 6.
Et tout le monde rentre chez soi avec la nouvelle.
Une
forme de notification municipale à l'ancienne, sans
abonnement, sans batterie et surtout sans possibilité de mettre le
trompette en mode silencieux !
Mais
il y avait une règle d'or : le trompette devait être
entendu.
À
Royan en 1886, on lui reproche de ne pas suffisamment sonner dans un
quartier. En 1924, on lui demande au contraire de laisser
suffisamment de temps entre la sonnerie et l'annonce.
Autrement
dit, le cahier des charges était assez clair :
Sonner assez fort pour
être entendu par tout le monde, mais attendre assez longtemps pour
que tout le monde puisse venir écouter !
🎺
Une véritable fonction de musicien au service de la cité
Le
trompette de ville n'était donc pas simplement un musicien chargé
de faire « pouet-pouet » dans les rues.
Il
était un agent de communication publique, héritier
du héraut et proche cousin du crieur municipal.
Il
devait posséder une bonne embouchure, des poumons solides, une voix
qui porte, une excellente connaissance des rues… et probablement
une certaine résistance aux remarques des habitants !
Car
si un quartier n'entendait pas l'annonce :
C'était
sa faute.
Si
les habitants n'avaient pas eu le temps d'arriver :
C'était
encore sa faute.
Et
si le trompette sonnait trop longtemps :
On
peut imaginer que ce n'était probablement pas sa faute… mais celle
des oreilles municipales ! 😄
Aujourd'hui,
un message apparaît sur un téléphone en quelques secondes.
Autrefois,
la mairie envoyait simplement son meilleur « haut-parleur sur pattes
» faire le tour du quartier.
Et
si quelqu'un demandait :
«
Pourquoi n'avez-vous pas annoncé la nouvelle chez nous ? »
Il
suffisait probablement de répondre :
«
Parce que Monsieur le Trompette n'a pas encore sonné jusqu'ici ! »
🎺
Pouet-pouet ! L'information municipale est annoncée !
Merci
de vous rapprocher, de patienter entre la sonnerie et le communiqué…
et surtout, de ne pas habiter trop loin du trompette !