mercredi 12 août 2026

Quand le garde-champêtre était aussi musicien…

 


 

Une tradition aujourd'hui disparue

Pendant près d'un siècle, dans de nombreuses communes françaises, le garde-champêtre n'était pas seulement le représentant de l'autorité municipale.

Il était souvent également musicien, chef de fanfare, tambour de ville, clairon, parfois même professeur de musique.

Cette association de fonctions, aujourd'hui presque oubliée, apparaît pourtant régulièrement dans la presse ancienne.

Les municipalités recherchaient volontiers un ancien musicien militaire capable d'assurer simultanément la police rurale, les annonces publiques et la vie musicale du village.

Cette polyvalence répondait à une logique simple : dans les petites communes, un seul homme pouvait devenir à la fois la voix, l'oreille… et la musique du village.

 


Les annonces municipales… au son du tambour ou du clairon

Avant les haut-parleurs et Internet, il fallait bien prévenir les habitants.

Le garde-champêtre remplissait alors le rôle de tambour de ville.

Il parcourait les rues.

Quelques roulements de tambour…

Parfois un appel de clairon…

Puis venait la formule attendue :

« Avis à la population… »

Il annonçait :

  • les arrêtés municipaux,

  • les réunions du conseil,

  • les coupures d'eau,

  • l'ouverture de la chasse,

  • les fêtes,

  • les ventes publiques,

  • les objets trouvés,

  • les informations urgentes.

Cette fonction de tambour de ville était d'ailleurs traditionnellement assurée par le garde-champêtre ou l'appariteur communal, voire d'agent de police municipale et rurale par la suite. 

 


Des musiciens militaires très recherchés

Les annonces publiées dans les journaux sont révélatrices.

On y lit par exemple :

  •  la commune de Jaulgonne recherchant un musicien militaire retraité pour devenir garde-champêtre et donner des leçons de musique (La France Militaire, 19 février 1895) ;
  •  un ancien chef de fanfare des Hussards nommé garde-champêtre à Landivy (La Mayenne 13 janvier 1904) ;
  •  un bourg de 1800 habitants en bord du Loir offre une place de garde-champêtre à un musicien comme 1er piston dans une société musicale classée en 3ème division, 1ère section (L'Ouest-Eclair, 5 mai 1927)
  •  un emploi cumulant chef de musique et garde-champêtre à Morbier (L'intransigeant, 13 février 1928).  
  •  un poste réunissant les fonctions de garde-champêtre, tambour, afficheur et sonneur (Le Petit Troyen, 1er septembre 1934) ; 
  •  une commune de la région grenobloise pour un poste de gardien de police municipale, emploi réservé par priorité à un musicien jouant du trombone ou de la basse (Journal de de Confédération Musicale de France, décembre 1974)
  •  la Musique de Verneuil-sur-Havre recherche un chef avec possibilités de logement et d'emploi de police municipale (Journal de de Confédération Musicale de France, février 1975)
  • ou encore la Mairie de Voulx recherche un appariteur sachant jouer du clairon et ayant quelques connaissances musicales (Journal de de Confédération Musicale de France, mai 1976)

  •  et bien d'autres !

Ces offres montrent combien les municipalités appréciaient la discipline, les compétences musicales et le sens du service des anciens musiciens militaires.

 


Le chef de fanfare… et le représentant de l'autorité

Dans certaines communes, un jour en semaine, le même homme pouvait :

  • diriger la répétition de la fanfare ou de l'harmonie,

puis, quelques heures plus tard,

  • dresser un procès-verbal,

  • annoncer un arrêté municipal,

  • accompagner un convoi funéraire,

  • ou faire respecter les règlements communaux.

Cette double casquette étonne aujourd'hui mais paraissait alors parfaitement naturelle.

La presse de 1928 s'amusait même de cette fonction « double », se demandant s'il était facile de réunir « les qualités d'un bon chef d'orchestre et celles d'un bon garde-champêtre ».

 


Une tradition qui a survécu jusque dans les années 1970

Voici le témoignage d'un ancien policier rural de cette époque :

"En 1976, répondant à une annonce publiée dans le journal de la Confédération Musicale de France, je fus recruté par le maire d'une commune de Seine-et-Marne pour succéder au garde-champêtre qui prenait sa retraite à soixante-dix ans. 

Ma mission allait bien au-delà des fonctions de police.

Je devais également :

  • diriger la fanfare municipale ;

  • donner quelques leçons de musique ;

  • assurer les annonces publiques dans toute la commune.

À Solex, puis en mobylette, le porte-voix en bandoulière, le képi souvent repoussé vers l'arrière, je sillonnais les rues.

À chaque arrêt…

Un appel de clairon.

Puis les habitants ouvraient leurs fenêtres ou sortaient sur le pas de leur porte pour écouter les nouvelles du village.

J'annonçais les réunions du conseil municipal, les arrêtés, les coupures d'eau, l'ouverture de la chasse, les festivités et toutes les informations importantes de la commune.

Mais les journées étaient loin de se limiter à ces annonces.

Il fallait également assurer la traversée des écoliers, tenir des permanences en mairie, répondre au téléphone, distribuer le courrier aux élus, assister aux réunions du conseil municipal, relever les compteurs d'eau, ouvrir le local des sapeurs-pompiers lors des départs en intervention, remonter les poids de l'horloge de l'église et veiller au bon fonctionnement de son mécanisme.

À cela s'ajoutaient les opérations funéraires, les convois jusqu'au cimetière, les tournées de surveillance et bien d'autres services encore.

J'occupais un logement de fonction installé dans la mairie, avantage appréciable qui s'accompagnait naturellement d'une disponibilité presque permanente".

 


Une époque révolue… mais inoubliable

Aujourd'hui, ces fonctions ont disparu ou se sont progressivement spécialisées.

Le garde-champêtre, le tambour de ville, le chef de fanfare communal et l'ancien musicien militaire ne font plus qu'un dans les souvenirs et les archives.

Pourtant, en parcourant ces coupures de presse, on découvre une France où la musique faisait pleinement partie de la vie municipale.

Et je mesure avec émotion avoir été l'un des derniers témoins de cette étonnante tradition, héritée d'un autre siècle, où l'on pouvait, dans une même journée, diriger une répétition de fanfare… puis annoncer au clairon les nouvelles de la commune.

 


lundi 10 août 2026

Quand les maires n'aimaient pas la musique…



Les étonnantes guerres déclarées aux fanfares dans la presse ancienne

À la Belle Époque et jusque dans les premières décennies du XXᵉ siècle, les rues des villes et des villages résonnaient volontiers au son des fanfares, harmonies municipales, orphéons et tambours. Ces formations animaient les fêtes patronales, les processions, les cérémonies officielles et les marchés, apportant une joyeuse animation dans les bourgs.

Pourtant, tous les maires ne partageaient pas cet enthousiasme.

Au fil de mes recherches dans la presse ancienne, j'ai découvert de nombreux articles relatant les démêlés parfois étonnants entre certains édiles et les sociétés musicales de leur commune. Bien souvent, les journaux de l'époque racontaient ces affaires avec humour, non sans une certaine ironie.

La guerre aux fanfares

Les journaux rapportent plusieurs arrêtés municipaux interdisant ou limitant la musique dans les rues.

Les motivations sont variées :

  • préserver le repos des habitants ;

  • limiter les nuisances sonores ;

  • éviter les attroupements ;

  • faire respecter les horaires de tranquillité ;

  • ou, parfois, simplement affirmer l'autorité municipale.

Dans plusieurs communes françaises, les fanfares voient ainsi leurs répétitions, leurs concerts ou leurs défilés interdits.

Quelques notes... et des procès-verbaux

Dans une affaire particulièrement commentée, un maire interdit à plusieurs sociétés musicales de jouer lors d'un défilé.

Quelques roulements de tambour et quelques marches suffisent pourtant à déclencher une série de procès-verbaux.

L'affaire se termine devant les tribunaux, où plusieurs participants sont condamnés à de modestes amendes pour tapage diurne. Les journaux s'amusent alors de ce maire qui semblait avoir déclaré la guerre... aux musiciens.

Des fanfares devant les tribunaux

Ailleurs, un arrêté municipal interdit l'usage des clairons, tambours et autres instruments près des habitations après une certaine heure.

Les musiciens de la fanfare locale sont verbalisés en nombre et traduits devant le tribunal.

Mais la justice estime finalement que les poursuites ne reposent pas sur des fondements suffisamment solides.

Jusqu'au Conseil d'État !

Dans une autre commune, un arrêté va jusqu'à interdire à une société philharmonique de défiler sur la voie publique, avec ou sans instruments.

Les responsables de la société musicale contestent cette décision pour excès de pouvoir.

L'affaire prend une telle ampleur qu'elle remonte jusqu'au Conseil d'État.

Les musiciens ne désarment pas

Il arrive aussi que les sociétés musicales décident de résister.

Malgré les procès-verbaux, certaines continuent de jouer durant les fêtes locales, encouragées par les applaudissements des habitants.

D'autres choisissent une protestation plus originale encore.

La sérénade... sous les fenêtres du maire

L'un des épisodes les plus savoureux racontés par la presse voit des musiciens venir interpréter leur répertoire juste sous les fenêtres du maire, de bon matin.

La grosse caisse, les trombones, les clairons et les tambours composent un concert improvisé destiné à faire connaître leur mécontentement.

Le journaliste décrit avec gourmandise le réveil brutal de l'élu, avant que l'affaire ne se poursuive... devant les tribunaux.

Une vieille querelle toujours actuelle

Ces anecdotes prêtent aujourd'hui à sourire.

Elles rappellent pourtant que les questions liées aux nuisances sonores et à l'occupation de l'espace public ne datent pas d'hier.

Déjà, il y a plus d'un siècle, les maires devaient trouver un équilibre entre deux exigences parfois contradictoires : garantir la tranquillité publique tout en préservant les traditions musicales et la vie associative.

Les tribunaux rappelaient d'ailleurs qu'un arrêté municipal ne pouvait aller au-delà de ce qui était réellement nécessaire au maintien de l'ordre public.

Une musique qui faisait vivre les villages

À cette époque, les fanfares, harmonies et orphéons représentaient bien davantage qu'un simple divertissement.

Ils formaient des générations de musiciens, animaient les fêtes locales, accompagnaient les cérémonies patriotiques, les processions, les inaugurations et les œuvres de bienfaisance.

Dans bien des communes, ils constituaient l'âme musicale de la cité.

Les nombreux articles retrouvés dans la presse ancienne montrent finalement qu'il suffisait parfois de quelques notes de clairon ou d'un roulement de tambour pour déclencher une polémique, un procès... ou même une décision de justice.

Conclusion

Ces chroniques oubliées témoignent d'une époque où la musique de rue occupait une place essentielle dans la vie quotidienne. Si certains maires voyaient dans les fanfares une source de désordre, la plupart des habitants semblaient, au contraire, y trouver une animation bienvenue.

Aujourd'hui, ces vieilles coupures de journaux nous font surtout sourire. Elles rappellent qu'entre le silence et les cuivres, entre les arrêtés municipaux et les partitions, les débats ne datent pas d'hier. Heureusement, la musique a souvent eu le dernier mot... et continue encore de faire vibrer les places de nos villes et de nos villages.

Les anecdotes évoquées dans cet article sont issues de diverses coupures de la presse française de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle. Elles illustrent des situations particulières, parfois rapportées avec humour par les journalistes de l'époque, et ne sauraient refléter l'histoire ou l'action actuelle des communes concernées.



samedi 8 août 2026

Les Gnossiennes n° 1, 3 et 4 d'Erik Satie


Erik Satie - Carte postale - Éditions CEF Nice


Les Gnossiennes n° 1, 3 et 4 d'Erik Satie (1866-1925) comptent parmi les œuvres les plus énigmatiques et les plus poétiques du répertoire pour piano. Composées à la fin du XIXᵉ siècle, elles se distinguent par leur liberté rythmique, leurs harmonies audacieuses et leur atmosphère suspendue, presque intemporelle. Leur titre même, inventé par Satie, évoque un univers de mystère, de contemplation et de quête intérieure.

J'ai souhaité redonner une voix nouvelle à ces pages fascinantes en les interprétant à la flûte à bec, accompagnée au piano. La sonorité douce et expressive de la flûte met en lumière la ligne mélodique de Satie, tandis que le piano préserve toute la richesse harmonique et la profondeur méditative de ces œuvres.

Je vous invite à découvrir ces trois Gnossiennes dans cette version instrumentale, où le dialogue entre la flûte à bec et le piano ouvre une autre perspective sur l'univers singulier de ce compositeur visionnaire. Puissent ces quelques minutes de musique vous offrir un moment de calme, de rêverie et d'évasion.

🎵 Bonne écoute sur ma chaîne YouTube !

 

 
 
 

jeudi 6 août 2026

A la chasse aux moustiques !


Carte postale ancienne - Illustrateur non mentionné

🦟 Avis à tous les moustiques insomniaques ! 😅

Chaque été, le même concert recommence... 🎻

À peine la lumière éteinte, un soliste ailé entonne son célèbre « Zzzzzzz... » juste au-dessus de votre oreille. Résultat : on bondit hors du lit, pantoufles en main, prêt à livrer une bataille épique contre cet envahisseur minuscule ! 

Cette ancienne carte postale illustre à merveille le combat nocturne de nos ancêtres. Rien n'a vraiment changé... sauf qu'aujourd'hui, on peut rassurer ce pauvre monsieur : il existe désormais le Moustivore ! 🦟💥

Plus efficace que la pantoufle volante, moins fatigant que les acrobaties sur le lit, il permet enfin de retrouver des nuits paisibles... pendant que les moustiques, eux, cherchent un autre hôtel ! 😄

Bonne chasse... et surtout, bonne nuit ! 🌙✨

 

mardi 4 août 2026

Marie Deschamps, la reine de l'harmonium


Image générée par IA
 

Marie Deschamps, 

la grande virtuose française de l'harmonium que l'histoire a oubliée

 

Marie Deschamps (1841-1885) fut l'une des grandes virtuoses françaises de l'harmonium au XIXe siècle. Pianiste et professeure de formation, issue du Conservatoire de Paris, élève du compositeur et organiste Henri Lebeau d'Aubel, elle se spécialisa dans l'orgue expressif et l'harmonium, auxquels elle consacra une grande partie de sa carrière. Dès les années 1860, elle se produisit dans les principales salles parisiennes et imposa l'harmonium comme véritable instrument de concert, notamment sur les instruments des maisons Alexandre puis Mustel.

Virtuose, compositrice et organisatrice de concerts, Marie Deschamps connut également le succès en province et à l'étranger, de l'Allemagne à l'Angleterre, de la Belgique à l'Italie. Ses fantaisies d'opéras et ses pièces originales furent saluées pour leur poésie, leur délicatesse et leur puissance expressive. La presse lui décerna des surnoms éclatants : « la Sainte Cécile de l'harmonium », « la fée de l'harmonium », « l'Étoile de l'harmonium » ou encore « la reine de l'harmonium ».

Aujourd'hui largement oubliée, Marie Deschamps apparaît pourtant, à la lumière de la presse de son temps, comme une personnalité majeure de l'histoire de l'harmonium de concert et comme une compositrice dont l'œuvre reste en grande partie à redécouvrir.

Les recherches menées dans le Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France permettent aujourd'hui d'identifier plusieurs œuvres publiées de Marie Deschamps. Dès 1862, elle signe les paroles et la musique de La Voix du cœur, mélodie pour soprano avec piano et orgue-mélodium ad libitum. Suivent notamment une transcription de Norma de Bellini pour orgue expressif et piano et la rêverie Le Sentier mystérieux, publiées par Alexandre en 1875, puis Le Bal champêtre, édité chez Schott en 1878.

En 1883 paraît chez A. O'Kelly un important recueil de Douze Pièces originales pour harmonium, réunissant pages religieuses, pastorales, nocturne, berceuse, barcarolle, scherzo, valse de concert et pièces exploitant les ressources expressives de l'instrument. Plusieurs de ces compositions furent exécutées par Marie Deschamps elle-même au cours de ses concerts et saluées par la presse.

Ce premier catalogue demeure cependant incomplet. Les journaux du temps mentionnent de nombreuses fantaisies, transcriptions et œuvres vocales dont les partitions restent aujourd'hui à localiser. La redécouverte de Marie Deschamps prend ainsi la forme d'une véritable enquête musicologique, à la recherche d'un répertoire dispersé ou peut-être en partie disparu.

 

 🎹 

© 2026 Association « Harmoniums En Péril »


 


 

samedi 1 août 2026

Entrée Triomphale en Musique

 


🎼👑 Quand Sa Majesté prend la baguette, les murs du palais en oublient presque de tenir debout !

Dans un élan d'inspiration digne des plus grands maîtres, le roi de Manéhouarnie dirige avec son talent royal l'Entrée Triomphale, une œuvre de sa propre composition. Les bras dessinent de vastes arabesques, les regards se croisent, les cuivres flamboyent, les cordes frémissent... et quelques musiciens avouent discrètement qu'il vaut mieux suivre la baguette que tenter de deviner le prochain mouvement !

À ses côtés, Aurore, l'organiste royale, fait rugir les grandes orgues du palais avec une majesté éclatante, donnant à cette fresque musicale un souffle digne des plus fastueuses cérémonies.

Le public, partagé entre admiration et sourire, réserve une ovation au souverain compositeur... tandis que les partitions, elles, demandent officiellement une journée de repos après tant d'émotions ! 🎺🎹✨

 

⚜️ ©royaumedemanehouarnie (2026)

 



vendredi 31 juillet 2026

La Belle Cycliste, une guinguette emblématique de Suresnes


120, boulevard de Versailles et angle rue des Carrières

  

Le jardin

 

La tour de 30 mètres

 

La Belle Cycliste, une guinguette emblématique de Suresnes

À la fin du XIXᵉ siècle, alors que la bicyclette devient le nouveau loisir des Parisiens, un établissement ouvre ses portes au 120, boulevard de Versailles (aujourd'hui boulevard Henri-Sellier) : La Belle Cycliste. Construite en 1889, cette guinguette devient rapidement l'un des rendez-vous incontournables des amateurs de la « petite reine », avant d'attirer une clientèle toujours plus nombreuse venue déjeuner, danser ou simplement profiter de la campagne suresnoise.

À partir de 1900, le restaurant appartient à MM. Richard père et fils, comme l'indique la presse lors de l'incendie de 1935. Les recensements de la ville confirment d'ailleurs que la famille Richard résidait bien au 120, boulevard de Versailles.

La Belle Cycliste ne se limitait pas à un simple café-restaurant. L'établissement possédait de vastes terrasses, un jardin ombragé, des salles de bal et une étonnante tour panoramique d'une trentaine de mètres. Un fil aérien qui transportait les visiteurs au-dessus des jardins, entre deux tourelles, attraction particulièrement originale pour l'époque. Les cartes postales anciennes témoignent du succès de cette installation, qui faisait partie des curiosités les plus célèbres de Suresnes.

 

Carte postale ancienne
 

Au fil des années, la guinguette devint un lieu réputé pour les noces, banquets et bals dominicaux. Les automobiles de luxe stationnaient le long du boulevard pendant que leurs propriétaires profitaient des orchestres et des jardins.

Mais cette belle aventure prit brutalement fin le 8 janvier 1935. Un incendie, vraisemblablement provoqué par un court-circuit, se déclara dans un local où étaient entreposés des instruments de musique. Malgré l'intervention rapide des pompiers de Suresnes et de Puteaux, les deux grandes salles de danse, construites en bois, furent entièrement détruites. Les journaux de toute la France relatèrent le sinistre, qui marqua la disparition définitive de l'une des plus célèbres guinguettes des bords de Seine.

Aujourd'hui, La Belle Cycliste demeure le souvenir d'une époque où Suresnes était l'une des destinations favorites des Parisiens venus respirer l'air de la campagne, goûter aux plaisirs des guinguettes et découvrir, depuis une tour de trente mètres, un panorama exceptionnel sur la vallée de la Seine et le Mont-Valérien.

 

Sources : Le Journal, 9 janv. 1935, Le Petit Journal 9 janv. 1935, L'Écho de Paris, 9 janv. 1935, L'Écho de Paris, 9 janv. 1935, Paris-soir, 9 janv. 1935, Excelsior, 9 janv. 1935, Le Petit Bleu de Paris, 10 janv. 1935.


Le petit journal 9 janvier 1935


Excelsior, 9 janv. 1935