La Ronde du Garde Champêtre
Couplet 1
Un soir d’été, la lune apparaissait
Maître Pacaud, le vieux garde champêtre
Après dîner, de table se levait
Mettait sa plaque et boutonnait sa guêtre
Or ça, dit-il d’un air malicieux
Si j’allais faire une petite ronde
Gare aux filous et gare aux amoureux
Qui, deux à deux, vont dans la nuit profonde
Refrain
Puis il partit à travers le sainfoin
Mais on s’en méfiait peut-être,
Car la lune éclairait au loin
Le tricorne du gard’ champêtre.
Couplet 2
Ce même soir, un régiment entier
Dans le pays, à l’étape s’arrête,
La Jeanneton rencontre un officier
Auprès du bois, et lui fait la causette
Lui parla-t-il de guerre et de combats
Je n’en crois rien, la brise frémissante
D’abord apporte un doux baiser bien bas,
Puis deux, soudain Jeanne reste tremblante,
Refrain
Maître Pacaud marchait dans le sainfoin
Mais on s’en méfiait peut-être,
Car la lune éclairait au loin
Le tricorne du gard' champêtre.
Couplet 3
Pierrot, Suzon, tous deux ayant seize ans
S’en revenaient après une veillée
Quittant la route, ils marchaient dans les champs
Ou s’égaraient sous la verte feuillée
Mais, s’ils trouvaient au bord des grands chemins
Quelque pommier étendant sa ramure
Ils le secouaient et les méchants gamins
Croquaient la pomm’ bien qu’elle fût à peine mûre,
Refrain
Maître Pacaud marchait dans le sainfoin
Mais on s’en méfiait peut-être,
Car la lune éclairait au loin
Le tricorne du gard’ champêtre.
Couplet 4
Deux vieux époux, du monde retirés,
Prenaient le frais devant leur maisonnette
Dans les rameaux des arbres des grands prés,
On entendait roucouler la fauvette ;
Ce chant si doux rappelle nos amours
Dit le mari, morbleu, mon cœur tressaille,
Vous étiez belle, eh, vous l’êtes toujours…
Eh bien, Hector, vous me prenez la taille !
Refrain
Maître Pacaud marchait dans le sainfoin
Mais on s’en méfiait peut-être,
Car la lune éclairait au loin
Le tricorne du gard’ champêtre
Couplet 5
Maître Pacaud, pourtant, n’avait rien vu,
Bien entendu, tout lui sembla tranquille
Allons, dit-il, très bien, rien d’imprévu,
Il en est temps, rentrons au domicile ;
Ah ! pensait-il, en se déshabillant,
C’n’est pas ici, comme dans la capitale,
Et ma mission se remplit aisément,
Car, en c’pays, on honor’ la morale,
Refrain
Sur ce, Pacaud se couchant dans son coin,
Rêva gloire, combats, salpêtre
Et seul, on entendit, au loin,
Le ronflement du gard’ champêtre.
Paroles : Georges Dorfeuil (1848-1904) - Musique : Firmin Bernicat (1842-1883)







