Sur le lac de cristal, ce miroir du feuillage, Un frêle esquif va, vient, laissant un long sillage Et les cygnes nombreux au plumage d’argent L’escortent de leurs cris tout en se rengorgeant... Près du lac, des enfants à la mine superbe S’amusant bruyamment à la course, au rondeau ; D’autres capricieux s'en vont rouler dans l’herbe Ou dessinent par terre en usant le râteau.
Caressé par la brise au parfum de verdure. Le vieux poète songe, en ce site enchanteur, Au destin cruel car : « Ici bas rien ne dure » L’amour rêvé se tue en le frappant au cœur.
La nuit étend son grand manteau sur la
nature, et l’oreille est caressée par
une mélodie mystique. Rien ne
me charme autant que la musique. Elle
gagne mystérieusement mon cœur. Elle
est l’expression de jolis yeux pensifs, de jeunesse qui
souffre et meurt, de suaves idylles, d’orgues aux voix qui charment
et torturent. Elle est le rayon de poésie qui émane de la mer, de
la mer azurée, infinie que je
trouve dans les belles barcarolles de Mendelssohn. Je voudrais me
trouver sur la mer, m’égarer devant la
belle cité d’Alger, dans un frêle esquif, accompagné d’une
musique caressante, voluptueuse et voguer ayant près de moi
l’ange de mon
rêve et contempler ses grands yeux azurés comme le
ciel... La mélodie me charme, me transforme, me raconte les
secrets des nuits étoilées, des nuits éclairées de la pâle lune
où Beethoven, le
musicien immortel, créait en gémissant
la phrase la plus belle de l’âme. La
musique berce mon âme, murmurant des phrases pleines de passion, des
poèmes d’amour qui grisent mon cœur. Mais quelle est la gentille
fée qui emprisonne dans ces nombreux instruments tout cet ensemble
de notes célestes. Une enfant? Un
ange?... Minuit vient de sonner. D’où vient cette musique qui
calme les cris du cœur, qui fait surgir une paix solennelle et fait
murmurer une prière, une invocation à
Dieu... Ce sont des plaintes torturantes, ce sont des cris de
passion, des accords qui surprennent, de gracieux arpèges, des
basses tristes, de jolis trilles. Cette musique divine nous narre les
histoires d’idéalisme, de gloires inconnues, d’âmes perdues. La
musique a cessé. La dernière note
s’est perdue dans l’infini. Chante,
ô voix mystérieuse. Ta musique triste
nous grise. Égrène un ensemble de notes qui
exprime de jolis poèmes. Viens musique divine m’endormir du
sommeil éternel et si je dois encore me réveiller, viens
m’effleurer tendrement comme un baiser de ma mère.