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dimanche 13 septembre 2026

La musique et les animaux

 

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🎵 La musique et les animaux : un étonnant concert de la nature

Depuis plus d’un siècle, la presse ancienne s’amuse à poser une question pour le moins originale : les animaux aiment-ils la musique ? Les anecdotes rapportées dans des coupures de presse dressent un véritable petit bestiaire mélomane ! 🐕🎻🐄

Dès 1909, on raconte que les vaches laitières auxquelles on fait entendre des mélodies donneraient davantage de lait, avec une préférence pour la valse lente ! L’expérience, rapportée avec beaucoup de sérieux, suggère même que la musique de Planquette ou de Lecocq pourrait devenir un précieux auxiliaire dans les étables normandes… 1

D’autres observations prêtent aux animaux des réactions étonnamment humaines : singes, éléphants, hippopotames, lions, tigres, crocodiles, pingouins ou kangourous manifesteraient, chacun à leur manière, intérêt, indifférence ou émotion devant les instruments. Les chiens, eux, semblent particulièrement sensibles à la musique, certains allant jusqu’à reconnaître certains airs et à se rapprocher du haut-parleur ! 2 3

Les petites bêtes ne sont pas oubliées : rats et blaireaux auraient été dressés pour danser avec la musique, tandis que les lézards seraient décrits comme de véritables mélomanes, s’immobilisant pour écouter les vibrations musicales. Même les araignées auraient leurs admirateurs, attirées par certaines romances populaires ! 4

Et comment ne pas évoquer Erik Satie, qui consacra aux « animaux musiciens » une conférence pleine d’humour ? Pour lui, les oiseaux possèdent un avantage naturel : leur instrument, le bec, est toujours à portée de… gosier ! Quant aux poissons, privés d’instruments de musique par une Providence quelque peu distraite, ils resteraient condamnés au silence. 😄 5 La conférence La Musique et les Animaux de Satie est bien attestée dans ses écrits et fut présentée à plusieurs reprises.

Enfin, une amusante histoire publiée en 1932 raconte que deux musiciens réfugiés dans un moulin en ruines pendant un orage furent assaillis par des loups… jusqu’à ce qu’ils recommencent à jouer : les animaux, soudain apaisés par la musique, les laissèrent tranquilles. 6

Qu’elles soient scientifiques, anecdotiques ou franchement facétieuses, ces anciennes chroniques témoignent d’une même fascination : celle d’imaginer que la musique puisse franchir la frontière entre l’homme et l’animal. Après tout, si une vache préfère une valse, un chien reconnaît son air favori et une araignée s’arrête pour écouter… peut-être que le règne animal possède lui aussi son petit conservatoire ! 🎶🕷️🐄🐕

 

1  La Revue française politique et littéraire, 7 nov. 1909

2  L'Ami de la jeunesse, 24 sept. 1910

3  La Jeunesse illustrée, 18 juil. 1926

4  La Jeunesse illustrée, 18 juil. 1926

5  La Lecture, 10 déc. 1916

6  Le Petit Journal illustré, 24 juil. 1932

 

RetroNews : La Jeunesse illustrée, 9 avr. 1933

 

mercredi 9 septembre 2026

Quand les araignées se mettent à la musique...

 

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RetroNews

Le Petit Parisien, 21 mai 1906 

           Les araignées aiment-elles la musique ?

Voilà une question qui pouvait paraître bien étrange au début du XXe siècle. Pourtant, le Petit Parisien du 21 mai 1906 consacrait un article à cette curieuse question, relatant les expériences d'un certain M. Lécailleau. Selon lui, les araignées semblaient réagir à certains sons produits par la flûte, le piano ou le violon.
Plus d'un siècle plus tard, la science est venue apporter une nuance intéressante à cette étonnante histoire. Les araignées sont en effet particulièrement sensibles aux vibrations, notamment celles qui parcourent leur toile. Certaines espèces sont même capables de percevoir des sons aériens.
Mais l'araignée n'a pas seulement intéressé les savants : elle a également inspiré les musiciens !
En 1913, Albert Roussel créait Le Festin de l'araignée, ballet-pantomime inspiré des observations de l'entomologiste Jean-Henri Fabre. On y trouve notamment une savoureuse « Joie de l'Araignée – Danse de l'Araignée ».
Et Roussel n'est pas le seul à avoir fait entrer notre petite tisserande dans le monde musical. Marcel Legay composa en 1910 une Chanson de l'Araignée, tandis que Jean Absil, Claude Arrieu, puis plus récemment Isabelle Aboulker lui consacrèrent également des œuvres.
Alors, l'araignée est-elle mélomane ? Rien ne permet de l'affirmer ! Mais une chose est certaine : elle possède une toile qui, à sa manière, est déjà un étonnant instrument de musique. 🕷️🎼

 

Photo : Dominik

mardi 7 juillet 2026

Une musique pour les sapeurs-pompiers de Paris ?

 


Une musique pour les sapeurs-pompiers de Paris ? 

Un vieux rêve devenu réalité

Aujourd'hui, la Musique de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris fait partie des formations militaires les plus prestigieuses de France. Pourtant, sa création ne s'est pas imposée d'un seul coup. Pendant plus de quarante ans, journaux, élus et responsables administratifs se sont interrogés : les sapeurs-pompiers de Paris devaient-ils, eux aussi, posséder leur propre musique régimentaire ?

Les premières revendications apparaissent dès le XIXᵉ siècle. En 1869, la presse évoque déjà la possibilité d'incorporer au régiment la musique de la Gendarmerie impériale, récemment dissoute. Les commentateurs estiment qu'un corps d'élite comme celui des sapeurs-pompiers mérite naturellement une formation musicale digne de son prestige. 

La Patrie, 14 oct. 1869

Quelques années plus tard, en 1886, des voix réclament officiellement la création d'une musique. Le compositeur Vallée adresse même une pétition au Conseil municipal de Paris. L'idée est toutefois fraîchement accueillie par certains journalistes qui jugent préférable de consacrer les crédits au matériel de lutte contre l'incendie plutôt qu'à l'achat d'instruments de musique.

En 1890, le débat rebondit. Plusieurs chroniqueurs prennent cette fois la défense du projet. Ils rappellent que les pompiers sont des soldats, participent aux cérémonies officielles et aux grandes revues militaires, tout en regrettant qu'ils soient les seuls à ne pas disposer d'une musique. Certains imaginent déjà les concerts populaires que pourraient offrir les pompiers dans les jardins publics ou les quartiers de la capitale, renforçant encore leur immense popularité auprès des Parisiens.

Puis le dossier semble s'endormir... jusqu'à l'automne 1923.

La Presse, 8 nov. 1923 

Le préfet de Police remet alors le projet sur la table. Les journaux s'en amusent parfois, imaginant des pompiers arrivant au feu au son des trompettes ou jouant une marche funèbre après les incendies les plus dramatiques. Mais derrière ces traits d'humour se cache un véritable débat. Les défenseurs du projet soulignent qu'une musique régimentaire renforcerait le prestige du régiment, participerait aux cérémonies officielles et constituerait un remarquable outil de rayonnement.

Le colonel commandant le régiment adopte d'ailleurs une position pleine de bon sens. Amateur de musique, il reconnaît volontiers son intérêt, tout en rappelant que les besoins prioritaires restent le personnel et les moyens opérationnels. Il conclut avec élégance que, si la Ville de Paris souhaitait offrir ce "cadeau" au régiment, celui-ci l'accepterait avec plaisir.

Malgré cet enthousiasme, la réponse tombe rapidement : pour des raisons budgétaires, le projet est ajourné, comme l'annonce la presse quelques jours plus tard. 

Le Petit Parisien, 10 nov. 1923

Pourtant, cette idée ne disparaît pas. En réalité, les sapeurs-pompiers possèdent depuis longtemps une tradition musicale. Dès le décret du 27 avril 1850, les tambours sont remplacés par des clairons dans chaque compagnie. Au fil des réorganisations de 1856, 1866, 1929 puis 1937, les effectifs de clairons, de tambours et les fonctions de chef de fanfare sont progressivement renforcés. Ces musiciens assurent les sonneries réglementaires, accompagnent les cérémonies militaires et, durant la Première Guerre mondiale, parcourent même les rues de Paris pour donner l'alerte lors des bombardements aériens. 

Le véritable tournant intervient pendant la Seconde Guerre mondiale. À partir de 1943, de nouveaux instrumentistes rejoignent les clairons et les tambours, permettant la naissance d'une véritable fanfare régimentaire. Celle-ci participe notamment aux cérémonies de la Libération de Paris. 

En 1950, elle devient officiellement la Musique du Régiment de sapeurs-pompiers de Paris, avant de prendre, en 1967, le nom de Musique de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, à la suite de la transformation du régiment en brigade. 

Ainsi, les nombreuses coupures de presse de 1869, 1886, 1890 et 1923 témoignent d'un projet longtemps discuté, parfois moqué, souvent repoussé... mais finalement couronné de succès. Elles illustrent parfaitement le temps qu'il a fallu pour transformer une simple idée en une institution musicale aujourd'hui reconnue bien au-delà des rangs des sapeurs-pompiers de Paris.

Sources : La Patrie 14 octobre 1869, La France Militaire 30 juin 1886, La Petite République Française 31 mai 1890, La Presse 8 novembre 1923, Le Matin 8 novembre 1923, Le Petit Bleu de Paris 9 novembre 1923, Le Petit Parisien 9 novembre 1923, Allo 18 avril 1966, Revue Amicale Ouest-Seine n° 8 décembre 2003.

 

samedi 10 janvier 2026

La Police en musique

 

"Le Régiment, 13 sept. 1923"


🎵 La Police en musique (1923)

Couplet 1
Dans Paris quand tombe la nuit,
Les apaches font trop de bruit,
Entre deux crimes, trois mauvais tours,
Le préfet soupire chaque jour.
Il dit : « Assez de coups de poing,
Essayons donc un autre moyen !
Puisqu’la morale a pris la fuite,
Essayons donc… la clef de sol vite ! »

Refrain
🎶 Sergent de ville, prends ton clairon,
Ou bien ta flûte, ou ton violon !
Pour calmer les cœurs pleins de travers,
Rien ne vaut un bon p’tit concert !
🎶 Au lieu d’la matraque et du sermon,
Un air de valse ou d’accordéon,*
Et si ça marche, quel succès !
Sinon… eh bien, tant pis, c’est essayé !*

Couplet 2
Désormais chaque agent zélé
Doit savoir lire le solfège,
Choisir l’instrument de son choix
Tambour, piston ou hautbois.
Face au bandit mal intentionné,
On ne crie plus « Halte ! » à plein gosier,
On joue une romance attendrissante
Pour toucher l’âme… ou l’oreille vacillante.

Refrain
🎶 Sergent de ville, prends ton clairon,
Ou bien ta flûte, ou ton violon !
Pour adoucir les mœurs rebelles,
Un p’tit refrain fait des merveilles !*

Couplet 3
En haut lieu on y croit beaucoup,
À cette police au goût très doux,
Car la musique, c’est bien connu,
Fait pleurer même les durs à cuirs têtus.
Mais dans les cafés, on ricane déjà :
« Et si l’apache n’écoute pas ?
Espérons, dit-on avec un sourire,
Que ce ne soit pas… pour rire ! »

Dernier refrain (malicieusement)
🎶 Sergent de ville, joue donc plus fort,
Si le bandit fait encore l’mort !
Et si la mesure ne sert à rien,
Au moins… Paris aura son musicien !* 🎶

 ©dboissy (2026)

 


 

 


 

mercredi 20 août 2025

Rêverie - Émile Toscano

 



En songeant à Mendelssohn et à Beethoven

RÊVERIE 

La nuit étend son grand manteau sur la nature, et l’oreille est caressée par une mélodie mystique. Rien ne me charme autant que la musique. Elle gagne mystérieusement mon cœur. Elle est l’expression de jolis yeux pensifs, de jeunesse qui souffre et meurt, de suaves idylles, d’orgues aux voix qui charment et torturent. Elle est le rayon de poésie qui émane de la mer, de la mer azurée, infinie que je trouve dans les belles barcarolles de Mendelssohn. Je voudrais me trouver sur la mer, m’égarer devant la belle cité d’Alger, dans un frêle esquif, accompagné d’une musique caressante, voluptueuse et voguer ayant près de moi l’ange de mon rêve et contempler ses grands yeux azurés comme le ciel... La mélodie me charme, me transforme, me raconte les secrets des nuits étoilées, des nuits éclairées de la pâle lune où Beethoven, le musicien immortel, créait en gémissant la phrase la plus belle de l’âme. La musique berce mon âme, murmurant des phrases pleines de passion, des poèmes d’amour qui grisent mon cœur. Mais quelle est la gentille fée qui emprisonne dans ces nombreux instruments tout cet ensemble de notes célestes. Une enfant? Un ange?... Minuit vient de sonner. D’où vient cette musique qui calme les cris du cœur, qui fait surgir une paix solennelle et fait murmurer une prière, une invocation à Dieu... Ce sont des plaintes torturantes, ce sont des cris de passion, des accords qui surprennent, de gracieux arpèges, des basses tristes, de jolis trilles. Cette musique divine nous narre les histoires d’idéalisme, de gloires inconnues, d’âmes perdues. La musique a cessé. La dernière note s’est perdue dans l’infini. Chante, ô voix mystérieuse. Ta musique triste nous grise. Égrène un ensemble de notes qui exprime de jolis poèmes. Viens musique divine m’endormir du sommeil éternel et si je dois encore me réveiller, viens m’effleurer tendrement comme un baiser de ma mère.

Texte : Émile TOSCANO

Source BnF Gallica : L'Évolution Algérienne et Tunisienne 2 avril 1910

 

 


 

samedi 16 août 2025

La Musique - Jean d'Alex

 


 LA MUSIQUE

O musique ! O magie ! O charmeuse de l’âme ! 
Tes sons harmonieux de douceur ou de flamme 
Font tomber à genoux au pied de tes autels 
Les sensibles mortels. 

Car tu sais émouvoir les êtres de tout âge, 
Apaiser la fureur et consoler le sage 
Qui, soudain, sent l’espoir renaître en son esprit 
Quand ton chant lui sourit. 

Pour les jeunes époux ta voix est triomphale. 
Prometteuse de joie intense et sans rivale. 
Le bonheur attendu, rêve mystérieux, 
Ensoleille leurs yeux. 

Debussy sait charmer. Quand Massenet soupire 
L’art délicat de Hahn excelle à nous séduire. 
Chacun a son talent, subtil et raffiné, 
Langoureux, effréné. 

Les scherzos de Chopin, ses célèbres Nocturnes 
Recèlent tout un monde aux esprits taciturnes. 
Toute la pureté des accords de Mozart 
Affirme le grand Art. 

Sonate ou mélodie, ineffable mystère, 
Charment si bien le cœur qu’il n’est plus solitaire. 
La musique sait faire, ô pouvoir captivant! 
De ce mort un vivant. 

Sublime attraction ! Si douce est sa maîtrise 
Que, plus en l’écoutant parfois l’âme se brise, 
Plus elle aime à goûter dans l’effroi des douleurs 
L’amertume des pleurs. 

O secret de l’archet d’un violon qui pleure, 
D’une harpe dont l’âme en vibrant nous effleure 
Comme un baiser de rêve et de félicité: 
Gloire à votre beauté ! 

L’homme a su définir la puissance infinie 
Que l'Inspiration, pure sœur du Génie, 
Sait rendre salutaire au pauvre genre humain 
Qu’épouvante Demain. 

O Musique idéale ! Animatrice exquise, 
Toi par qui l’espérance est vite reconquise, 
Puisses-tu me bercer d’un rythme sans pareil 
A mon dernier sommeil !  

Jean d'ALEX (1927) 

Source BnF Gallica : L'émulation française 1er mai 1928 

 


 

lundi 28 avril 2025

L'entourage musical du roi de Manéhouarnie


La cour musicale du royaume

Le roi musicien de Manéhouarnie a besoin d’une cour bien organisée pour administrer son royaume musical.

Conseillers et Administrateurs

  • Grand Maître des Harmonies : Responsable de l’équilibre musical du royaume, il veille à ce que toutes les compositions et performances respectent les traditions et innovations.

  • Chancelier des Partitions : Archiviste et bibliothécaire de la musique, il conserve les œuvres et réglemente leur transmission.

  • Ambassadeur des Mélodies : Diplomate du royaume, il échange avec les contrées voisines pour faire connaître la musique de Manéhouarnie et s’inspirer d’autres cultures musicales.

  • Gardien du Tempo : Maître du temps et des rythmes, il veille à la synchronisation parfaite des musiciens et à la régularité des cérémonies musicales.

Maîtres de la Création et de l’Exécution

  • Maître des Chœurs : Directeur des ensembles vocaux, il coordonne les chants et s’assure que les voix du royaume résonnent en harmonie.

  • Compositeurs Royaux : Créent des œuvres pour les grandes occasions et orchestrent les événements officiels du royaume.

  • Organiste royale : Titulaire, chargée de tenir avec éclat les orgues du royaume.

  • Luthier du Roi : Artisan chargé de la fabrication et de l’entretien des instruments royaux.

  • Virtuose de la Cour : Musicien exceptionnel qui enchante les invités du roi par ses performances.

Figures Symboliques et Protectrices

  • Chevaliers du Silence : Gardiens de la paix sonore, ils veillent à ce que les moments de silence soient respectés dans le royaume.

  • Sentinelles du Contrepoint : Maîtres des équilibres mélodiques, ils aident à la correction et à l’amélioration des compositions en évitant les dissonances non désirées.

  • Oracles de l’Improvisation : Sages et visionnaires capables de créer de la musique sur le vif, ils inspirent les artistes du royaume.

Autres Rôles Pratiques

  • Héraut des Fanfares : Chargé d’annoncer les nouvelles importantes en musique.

  • Maître de Ballet : Responsable des danses qui accompagnent la musique lors des festivités.

  • Échanson du Chant : Responsable de l’entretien des voix des chanteurs, il veille à leur bien-être et à leur formation.