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mercredi 8 avril 2026

Une Femme de Sens


"Le Café concert" de Louis Abel Truchet (1857-1918)


Source : BnF-Gallica

 

UNE FEMME DE SENS (1876)

Chansonnette, chantée par Mme Elise FAURE aux Ambassadeurs. 

Paroles de Victor HEURÉ – Musique de Félicie RAMEAU 

Couplet 1
A voir la mine rubiconde
Ce n'est pas de mode à Paris
C'est mal porté dans le grand monde
Mais ça fait du bien dans not' pays
J'suis d' Sens une ancienne vill' romaine
Et j'suis bâti d'ciment romain
J'nai pas d'bronchite et rien ne m'gêne
Mon huile de foie d'morue c'est l'vin

Refrain Bourguignonne Gai' laronne
J'ai d'l'esprit et du bon sens
Viv' mai bonne je raisonne
Moi j'suis une femme' une femme de Sens

Couplet 2
Bon coeur, sans façon rude et franche;             
J'ai de la tête et d'fameux bras,                         
Est-c'que j'suis taillé' comme une'planche,         
Mes jambes' sont-ell's des échalas ?                    
Enfin, j'ai la langue' bien pendue,                      
Et n'importe à qui j'parle haut,                         
J'm'suis toujours bien défendue                        
Quand on m'attaqu' j'ai l'dernier mot. (au refrain)

Couplet 3
J'ai pris l'grand Claude en mariage, 
Et, j'dois vous l'avouer entre nous, 
C'n'est pas un modèl comm' visage,  
Mais c'est le modèl' des époux.  
Il travaill' plus qu'une' bête'de somme, 
Je dirig' tout dans la maison. 
Et j'vous l'assur si l'pauv' cher homme 
A l'air maitr', j'en ai la chanson (au refrain)

Couplet 4
Autour de moi j'vois tout c'qui s'passe,
Je touche à tout et j'entends tout ;
J'suis heureuse : à table on se place.
Je sens l'potage' j'lui trouv' bon goût.
Vous l'voyez, ça n'est pas pour rire
Que je possède les cinq sens ;
Et vraiment de moi l'on peut dire
Que j'suis une' vrai femme' de Sens !... (au refrain)

 


 

jeudi 12 mars 2026

Sur la route de Suresne

 


 

🎶 Sur la route de Suresne – une page d’histoire en chanson

Aujourd’hui je vous propose de redécouvrir « Sur la route de Suresne », une chanson extraite du recueil L’Histoire de France en chansons

Les paroles de Pierre d’Anjou et la musique de Jean Fragerolle nous transportent au temps de Louis XIV et du célèbre maréchal Turenne.

Au détour d’un chemin, une bergère garde ses moutons en chantant. Un capitaine passe… une promesse d’amour naît, mais la guerre emporte bientôt le soldat. Entre poésie pastorale et souvenir des campagnes militaires du XVIIᵉ siècle, cette chanson raconte avec simplicité les espoirs et les peines du peuple.

Une belle illustration de ces chansons qui faisaient autrefois vivre l’Histoire de France en musique. 🎵

 

1. Sur la route de Suresne,
Tireli, tirela, tirelonlaine,
Sur la route de Suresne,
Lise s'en allait gardant
Ses moutons, tout en chantant.
Sur la route, sur la route de Suresne.

2. Passa joli capitaine
Tireli, tirela, tirelonlaine,
Passa joli capitaine
Dessus son cheval grison
Qui surprit cette chanson
Sur la route, sur la route de Suresne.


3. De cueillir la marjolaine
Tireli, tirela, tirelonlaine,
De cueillir la marjolaine
Et les roses du buisson
Offrit à gente Lison
Sur la route, sur la route de Suresne.

4. Ne vous mettez pas en peine
Tireli, tirela, tirelonlaine,
Ne vous mettez pas en peine,
Mon bel ami le fera,
Quand de guerre, il reviendra
Sur la route, sur la route de Suresne.

5. Avec Monsieur de Turenne
Tireli, tirela, tirelonlaine,
Avec Monsieur de Turenne
Il s'en reviendra vainqueur
Et je lui garde mon cœur
Sur la route, sur la route de Suresne.

6. Dans les plaines de Lorraine
Tireli, tirela, tirelonlaine,
Dans les plaines de Lorraine
Il est mort ! ton beau soldat
Plus jamais ne reverras
Sur la route, sur la route de Suresne.

7. Sur la route de Suresne
Tireli, tirela, tirelonlaine,
Sur la route de Suresne,
En rentrant ses blancs agneaux,
Lisette avait le coeur gros
Sur la route, sur la route de Suresne.

 


 

mardi 24 février 2026

Hommage à M. Alcide Delmont

 



En 1930, une chanson, Hommage à M. Alcide Delmont, Marche populaire, paroles de Marius Lancry, musique de L. Alexandre, est spécialement imprimée à Fort-de-France « pour acclamer notre estimé Delmont », « Député de la Martinique et Sous-Secrétaire d’État au Ministère des Colonies » lors de sa visite sur l'île en août.


Hommage à M. Alcide Delmont. Marche populaire.

Député de la Martinique,
Sous-Secrétaire d’Etat au Ministère des Colonies.

Paroles de L. Alexandre. Musique de Marius Lancry.

I

Quelle fête pour notre beau pays,                         
De recevoir par ce matin fleuri                
Le Député Ministre méritoire,                
Ce fils chéri tout couronné de gloire !             
Le ciel vêtu de son plus joli bleu,                
Notre soleil aux rayons merveilleux                
Embellissent Madinina qui chante                
Ce refrain vibrant que son cœur enfante.            

Refrain
Fêtons Delmont notre grand bienfaiteur,
Fêtons Delmont comme un libérateur,
Aimons Delmont, car ses bienfaits immenses
Ont allégé bien de douleurs intenses.
Chantons la gloire et louons l’Eminent,
Comme on le fait sur le Continent…
Vive Delmont partout, dans les écoles.
Vive Delmont notre belle auréole.
                                
II
Bonjour Messieurs, (1) illustres envoyés
De la France, patrie des libertés.
Nous vous souhaitons, avec notre air aimable,
Santé, bonheur, et séjour agréable.
La Martinique, aussi Pays d’amour,
Vous aimera chacun à votre tour
Autant qu’elle aime avec reconnaissance
Cette bonne mère, oui la Grande France.
(au refrain)

III
Pavoisons chambrettes, maisons, châteaux
Ce jour sera de nos jours le plus beau.
Martiniquais de tous les coins de l’île
Fêtez comme vos frères de la Ville
Désertez les campagnes et les monts
Pour acclamer notre estimé Delmont.
Cher Ministre, le peuple vous admire
Et saura bien toujours vous réélire.
(au refrain)


(1) LASNET, Inspecteur général du service de Santé
BELET, Chef de Cabinet du Ministère
GHEERBRANDT, Chargé de mission    

Fort-de-France, Imprimerie R.[ené] Illemay, [1930]. 4 p., ill., mus.

(Document Bibliothèque historique de la ville de Paris Cote : BHVP _4-BRO-303344)

Alcide DELMONT (Saint-Pierre (Martinique) 1874-Brannay (Yonne) 1959) (cf. Michèle Degrave Alcide Delmont (1874-1959), un député de la Martinique dans l’Yonne. Sens, Bull. de la SAS, T. XIII. 2022).

Chanson à l’occasion de sa visite à la Martinique en août 1930 lors de son voyage triomphal aux Antilles en août-septembre, marquant pour la première fois, la venue d’un membre du Gouvernement sur ces îles devenues françaises.

Dr Alexandre Lasnet (1870-1940)
Maurice-Marcel Belet (1886-1970)
Jehan-Laurent Gheerbrandt (1882-1965)

 


 


 

Chanson revisitée - Dominique Boissy (2026)


dimanche 1 février 2026

L'âne et la flûte

 

 

Poète et fabuliste français né à Logrian dans le Gard le 6 mars 1755, Jean-Pierre Claris de Florian est décédé à Sceaux dans les Hauts-de-Seine le 13 septembre 1794.




vendredi 30 janvier 2026

Le porte-coton du roi

 




 🚽 À la cour, le vrai pouvoir ne se trouvait pas toujours sur le trône… mais parfois juste derrière ! 😄

Voici une chanson humoristique dédiée au plus noble des métiers oubliés : le porte-coton du roi, confident royal… jusque dans l’intimité !

 Préparez-vous à rire, chanter, et redécouvrir l’Histoire sous son angle le plus… royalement culotté ! 👑

 


🎶 Le Porte-Coton du Roi 👑

Dans les latrines du grand palais,
Un valet veille, discret mais vrai :
Porte-coton du souverain,
Il nettoie l’trône et guide l’État demain !

Refrain : 
Ô noble honneur, métier charmant,
Être au plus près… du fondement !
Quand le roi pense, trône et médite,
C’est le porte-coton qui prend la suite !

 ©dboissy (2026)

 


 

vendredi 7 novembre 2025

A la chanson - Camille Ravet

 


A LA CHANSON 

Reviens, Chanson, ensoleiller la vie ! 
Reviens bercer l’idéal de nos cœurs ! 
Toi seule sais rester la douce amie, 
Fidèle même en nos jours de douleurs. 
Tous tes accents ont un charme suprême 
Lorsque, vibrants, ils résonnent soudain. 
Et si chacun très sincèrement t’aime 
C’est que tu sais maîtriser le destin. 

A l’incompris viens chanter l'espérance 
Pour éclairer ses sombres lendemains. 
Tu peux lui faire oublier sa souffrance 
En dissipant l'ombre sur ses chemins. 
L’unique but du plus humble poète 
Est de semer mille fleurs sous nos pas. 
Au nom du ciel ne reste point muette 
Quand tant de maux nous guettent ici-bas. 

Combien de fois la romance plaintive 
Sut ranimer notre cerveau meurtri ! 
Elle distrait, elle entraîne et captive 
Par la candeur d’un soupir attendri. 
Notre âme alors sent repousser ses ailes 
Pour s’élever au pays du rêveur, 
Voir les sommets aux neiges éternelles 
Où nous aimons rêver avec ferveur. 

C’est en chantant l’illustre Marseillaise 
Que nous avons détrôné les tyrans. 
Grâce aux accents d’une chanson française 
On nous a vu vaincre les conquérants. 
Quand les canons faisaient trembler la terre, 
Prêts à broyer le rêve en qui l’on croit, 
La Marseillaise, ultime cri de guerre, 
Fit triompher la Vaillance et le Droit. 

Camille RAVET 

Source BnF Gallica : l'Émulation française 1er janvier 1924

 


 

lundi 6 octobre 2025

La Chanson de la Pianiste du Roi

 



🎹 LA CHANSON DE LA PIANISTE DU ROI 🎶

 

Couplet 1
Dans son château de gloire et d’harmonie,
Le roi de Manéhouarnie fit un grand présent :
Un piano rutilant, plus brillant qu’un rubis,
Pour Marie-Antoinette, son joyau éclatant !

 

Refrain
Oh, frappe, pianiste, sur l’ivoire enchanté,
Fais danser les gammes dans tout le comté !
Et du haut du balcon, le roi émerveillé
À sa douce musicienne crie : « Tu es la fée du clavier ! »

 

Couplet 2
Chaque matin, d’une voix qui résonne,
Elle clame au soleil son amour proclamé :
« Ô mon bon roi, vos flûtes m’emprisonnent,
Mon cœur bat la mesure à vos airs sacrés ! »

 

Refrain
Oh, frappe, pianiste, sur l’ivoire enchanté,
Fais danser les gammes dans tout le comté !
Et du haut du balcon, le roi émerveillé
À sa douce musicienne crie : « Tu es la fée du clavier ! »


Pont
Adieu les vieilles cordes, les soupirs désaccordés,
Place aux arpèges clairs, aux notes dorées !
La cour en liesse applaudit sa virtuosité,
Et tout le royaume chante dans la gaieté.


Refrain final
Oh, frappe, pianiste, sur l’ivoire enchanté,
Fais danser les gammes dans tout le comté !
Et du haut du balcon, le roi émerveillé
À sa douce musicienne crie : « Tu es la fée du clavier ! »

 

⚜️ ©royaumedemanehouarnie (2025) 

 


 

samedi 13 septembre 2025

L'Origine de la harpe - Joséphine Pascaud-Régnier

 


 

Traduction d’après Th. Moore.

 

L'ORIGINE DE LA HARPE

 

Sais-tu que cette harpe, éveillée à ma voix, 
Sirène, sur les flots, venait chanter parfois; 
Que triste elle espérait, lorsque le soir arrive, 
Voir celui qu’elle aimait, errer près de la rive ? 

Mais elle aimait en vain; les larmes de ses yeux 
Pendant toute la nuit mouillaient ses blonds cheveux. 
Le ciel enfin s’émut de sa douleur profonde. 
En harpe il transformait la sirène de l’onde. 

Sur ses lèvres errait son sourire charmant — 
Son cœur battait encore — et gracieusement 
Sa chevelure d’or sur ses bras épandue, 
En ces cordes bientôt se trouvait confondue. 

Cette harpe, dit-on, mêlait depuis ce jour, 
Aux chants de la douleur, le langage d’amour. 
C’est par toi qu’elle apprit à parler de tendresse 
Quand je suis avec toi — quand je pars, de tristesse.

 

Joséphine PASCAUD-RÉGNIER

Source BnF Gallica : L'Émulation française 1er mai 1928 

 




samedi 16 août 2025

La Musique - Jean d'Alex

 


 LA MUSIQUE

O musique ! O magie ! O charmeuse de l’âme ! 
Tes sons harmonieux de douceur ou de flamme 
Font tomber à genoux au pied de tes autels 
Les sensibles mortels. 

Car tu sais émouvoir les êtres de tout âge, 
Apaiser la fureur et consoler le sage 
Qui, soudain, sent l’espoir renaître en son esprit 
Quand ton chant lui sourit. 

Pour les jeunes époux ta voix est triomphale. 
Prometteuse de joie intense et sans rivale. 
Le bonheur attendu, rêve mystérieux, 
Ensoleille leurs yeux. 

Debussy sait charmer. Quand Massenet soupire 
L’art délicat de Hahn excelle à nous séduire. 
Chacun a son talent, subtil et raffiné, 
Langoureux, effréné. 

Les scherzos de Chopin, ses célèbres Nocturnes 
Recèlent tout un monde aux esprits taciturnes. 
Toute la pureté des accords de Mozart 
Affirme le grand Art. 

Sonate ou mélodie, ineffable mystère, 
Charment si bien le cœur qu’il n’est plus solitaire. 
La musique sait faire, ô pouvoir captivant! 
De ce mort un vivant. 

Sublime attraction ! Si douce est sa maîtrise 
Que, plus en l’écoutant parfois l’âme se brise, 
Plus elle aime à goûter dans l’effroi des douleurs 
L’amertume des pleurs. 

O secret de l’archet d’un violon qui pleure, 
D’une harpe dont l’âme en vibrant nous effleure 
Comme un baiser de rêve et de félicité: 
Gloire à votre beauté ! 

L’homme a su définir la puissance infinie 
Que l'Inspiration, pure sœur du Génie, 
Sait rendre salutaire au pauvre genre humain 
Qu’épouvante Demain. 

O Musique idéale ! Animatrice exquise, 
Toi par qui l’espérance est vite reconquise, 
Puisses-tu me bercer d’un rythme sans pareil 
A mon dernier sommeil !  

Jean d'ALEX (1927) 

Source BnF Gallica : L'émulation française 1er mai 1928 

 


 

mardi 5 août 2025

Police Municipale (Chanson Rap)

 


POLICE MUNICIPALE (RAP) 

À la ville, à la commune,
Pour la paix, nous veillons,
Police municipale,
Garante de notre nation.

Tranquillité, salubrité,
Dans nos rues, à toute heure,
Ordre et sécurité,
Prévention, notre honneur.

Surveillance jour et nuit,
Pour notre cité, notre vie,
Veiller sur chaque quartier,
Nos concitoyens, protéger.

À la ville, à la commune,
Pour la paix, nous veillons,
Police municipale,
Garante de notre nation.
Police Municipale,
Garante de notre nation.
Police Municipale,
Garante de notre nation.

Dans la rue, dans le cœur,
Nous sommes là, protecteurs,
Pour la paix, la liberté,
Police municipale, engagée.

Pour la commune, notre fierté,
Sous nos yeux, l'ordre est respecté,
Pour chaque rue, chaque ville,
Police municipale, tranquille.

À la ville,

À la ville, à la commune,
Pour la paix, nous veillons,
Police municipale,
Garante de notre nation.
Police municipale,
Garante de notre nation.
Police municipale,
Garante de notre nation.

Paroles © dboissy (2025)

 


 

lundi 28 juillet 2025

A une Poétesse - Renée Humbert-Gley

 


 

A UNE POÉTESSE 

 

Une petite chambre à l’horizon borné.
Sur ta table, un livret de comptes écorné.
De la laine, des bas attendant les reprises :
Ta vie humble, sans bruits, sans désirs, sans surprises.

La soupe qui mijote au rebord du fourneau.
Sur ta fenêtre, un chat guettant un étourneau.
Un robinet d’évier qui goutte à goutte coule.
Dans le jardin, l’appel déchirant d’une poule.

Silence.  Lentement, ruisseau presque tari,
Le temps passe… Bientôt reviendra ton mari.
Si las qu'il ne voit pas les soins qu’on lui prodigue.
Le sommeil entre vous va construire sa digue.

Pourtant ton âme habite un lumineux palais.
Elle chante, oubliant marmites et balais,
Et quittant le travail d’aiguille où tu t’escrimes,
Ta main, fébrilement, couvre un papier de rimes.

Sombre tissu, doublé d’un splendide revers,
Tes jours sont réchauffés par la flamme des vers.
La poésie en toi coule comme une source.
C’est ton trésor caché, ton unique ressource.

Car tu reçus de Dieu le merveilleux pouvoir
De subir les laideurs du monde sans les voir,
De faire ta lessive et d’éplucher les fèves
Tout en restant princesse au pays de tes rêves.

 

Source BnF Gallica : L'Émulation française, 1er novembre 1928

Renée Humbert-Gley (1913-1983) sur Geneanet

 


 

samedi 26 juillet 2025

Ma Pianiste au Château

 

 

🎹 Ma Pianiste au Château 🎶

Couplet 1
Dans sa tour au-dessus des toits,
Ma pianiste chante pour moi,
« Ô mon bon roi, ta flûte douce
Fait danser mes rêves et ma bouche ! »
Mais quand j’ose lui dire tout bas :
« Doucement… je dors là-bas… »
Elle redouble, pleine d’entrain,
Sa voix couvre mes tambours royaux au matin !

Refrain
Ah, ma pianiste, ma perle adorée,
Sur son vieux piano tout déglingué,
Elle gémit, elle crie, elle pleure aussi,
Mais ses fausses notes me tiennent compagnie !
Ah, ma pianiste, douce mal-assise,
Sur sa chaise bancale, la reine promise,
Si un jour elle tombe, promis, je rirais…
Car même l’escalier ne peut l’arrêter !

Couplet 2
Je l’attends toujours au salon doré,
Espérant la voir, un peu coiffée,
Elle erre, se perd dans mes couloirs tordus,
Redoute les planchers pourris et perdus,
Quand enfin j’entends ses talons claquer,
Mon cœur se serre : va-t-elle pleurer ?
Devant son piano qui tousse et grince,
Elle pousse un cri… et moi, je pince !

Refrain
Ah, ma pianiste, ma perle adorée,
Sur son vieux piano tout déglingué,
Elle gémit, elle crie, elle pleure aussi,
Mais ses fausses notes me tiennent compagnie !
Ah, ma pianiste, douce mal-assise,
Sur sa chaise bancale, la reine promise,
Si un jour elle tombe, promis, je rirais…
Car même l’escalier ne peut l’arrêter !

Pont
Un jour peut-être, dans mon grand palais,
Je lui offrirai un piano accordé,
Une banquette stable, un coussin brodé,
Mais pour l’instant… je suis désargenté !
Alors j’écoute, ravi, attendri,
Ses gammes boiteuses et ses cris,
Ah que j’aime ma pianiste farouche…
Tant qu’elle ne casse pas mes vases tout en touche !

Refrain final
Ah, ma pianiste, ma perle adorée,
Sur son vieux piano tout déglingué,
Elle gémit, elle crie, elle pleure aussi,
Mais ses fausses notes me tiennent compagnie !
Ah, ma pianiste, douce mal-assise,
Sur sa chaise bancale, la reine promise,
Qu’elle chante encore, qu’elle joue, qu’elle crie !
Longue vie à ma pianiste et à ses folies !

⚜️ ©royaumedemanehouarnie (2025)

 


 

mardi 22 juillet 2025

La valse au clair de lune - Alfred-Paul Vausselle

 


LA VALSE AU CLAIR DE LUNE

Ils valsent, les petits lapins,
Insoucieux, la nuit entière.
La lune rit dans la clairière
Qu’animent leurs tangos badins.

Aussi lestes que des lutins,
Une blanche houppe au derrière
Ils valsent, les petits lapins,
Insoucieux, la nuit entière.

Ils valsent tout près des chemins
Semés d’embûches par Jean-Pierre
Qui prépare sa carnassière
Et siffle, à l’aube ses mâtins.
Ils valsent, les petits lapins.

Alfred-Paul VAUSSELLE (1934)

 

 


 

mardi 15 juillet 2025

samedi 14 juin 2025

La chanteuse - Antoine Gautier

 

L'Emulation Française, 1er janvier 1920 - Gallica BnF


 LA CHANTEUSE

Légère, aérienne, un sylphe au frais minois,
ayant, du rossignol, la voix enchanteresse ;
Détaillant ses couplets avec la joliesse
Et le port élégant d’une fleur des grands bois,

Elle charmait la vue et l’oreille à la fois.
Sa voix d’or exprimait l’amour et la tendresse.
Ses mains avaient parfois des gestes de déesse
Et la gracibilité des nymphes d’autrefois.

Qu’elle était belle et simple avec son doux sourire.
Le poète eut brisé les cordes de sa lyre
Qu’il n’eut jamais atteint ce rêve d’idéal.

Ce chant mélodieux fusant en trait de flamme
Et l’attrait inconnu de ce lys virginal
Comme un souffle embaumé faisaient vibrer son âme.

Antoine GAUTIER, 16 août 1919 

 


 

mardi 10 juin 2025

A Eunice - Marc Legrand

Ancienne carte postale publicitaire

A Eunice

Tout passe et même la beauté !
Hélas, la joue au teint de pêche
Un jour se fane et se dessèche.
Comme une rose après l’été !

Trône du baiser velouté,
Ce front pur où frise une mèche,
Faut-il que bientôt, terne et rèche,
Il chasse l’amour dépité.

Non ! Mais garde bien que s’altère
Ta peau sous un fard délétère,
O Mignonne, et, si tu m’entends,

Pour rester toujours séductrice,
Fais que d’un éternel printemps,
La Floréïne te fleurisse.

Marc LEGRAND (1865-1908)


Publicité "L'Illustration" 22 avril 1916


Poème chanté sur Youtube


Affiche publicitaire Floréïne 1922 

Cette affiche renvoie au monde gréco-romain. Elle représente une jeune fille vêtue à la romaine, tandis que le nom de la marque évoque Flore, la divinité des fleurs et du printemps. La crème se veut gage d'épanouissement et de beauté.

 

samedi 7 juin 2025

Tambour-Major

 


 

Couplet 1
Il s'avance au pas d’honneur,
Le képi plus haut que le tuba,
Sa canne tournoie dans les airs,
On dirait qu’il fait des affaires.
Clairons sonnent à sa baguette,
Même les pigeons font la fête !
Un tour complet, une révérence,
Et la fanfare part en cadence.

Refrain
Tambour-Major, roi des défilés,
Toi qui fais danser les pavés,
Un coup de canne, un p’tit moulin,
Et la musique suit son chemin !
Tourne la canne, tape du talon,
T’es le chef d’orchestre du bataillon !
Tambour-Major, fais-nous rêver,
Même les arbres veulent marcher.

Couplet 2
Les enfants crient : "V'là l’acrobate !"
Il jongle mieux qu’un écarlate,
Sous le képi, l’œil qui pétille,
Quand il fait voltiger la quille.
Même les cymbales sont jalouses,
De ses cabrioles si douces.
Et dans son dos, les musiciens,
Essayent de suivre son entrain.

Refrain
Tambour-Major, roi des défilés,
Toi qui fais danser les pavés,
Un coup de canne, un p’tit moulin,
Et la musique suit son chemin !
Tourne la canne, tape du talon,
T’es le chef d’orchestre du bataillon !
Tambour-Major, fais-nous rêver,
Même les bancs veulent défiler.

Couplet 3
Mais gare au coup d’vent imprévu,
Sa canne s’envole dans les nues,
Elle atterrit dans un chapeau,
Celui d’un vieux général haut.
On rit, on siffle et on l’applaudit,
Le Major s’incline, tout ravi.
Même sans canne, il a l’audace,
De faire danser toute la place !

Refrain final
Tambour-Major, roi des défilés,
Toi qui fais danser les pavés,
Un coup d’œil vif, un grand salut,
Et la musique n’s’arrête plus !
Tourne la canne, tape du talon,
T’es le chef d’orchestre du bataillon !
Tambour-Major, même sans bâton,
T’es le magicien des tambours et des clairons !

©dboissy

 


 

 

mercredi 4 juin 2025

La chanson du vieux moulin - Jean Druard

 


La Chanson du Vieux Moulin

Au sommet d’une colline,
De lichen et d’ans vêtu,
Un vieux moulin se dessine
Qui, dans la brise câline,
Dresse son chapeau pointu !


Jadis ses ailes légères
Fredonnaient un gai refrain,
Et pastoureaux et bergères
Rêvaient des heures entières
Au gai tic-tac du moulin !


Toujours sa muraille grise
Brave la froide saison,
La neige, le vent, la bise ;
Hélas, aux beaux jours, la brise
N’apporte plus sa chanson.


Je sens un regret me prendre
A son doux écho lointain,
Et mon pauvre coeur trop tendre
Pleure de ne plus entendre
La chanson du vieux moulin.

Jean Druard (1913)