vendredi 31 juillet 2026

La Belle Cycliste, une guinguette emblématique de Suresnes


120, boulevard de Versailles et angle rue des Carrières

  

Le jardin

 

La tour de 30 mètres

 

La Belle Cycliste, une guinguette emblématique de Suresnes

À la fin du XIXᵉ siècle, alors que la bicyclette devient le nouveau loisir des Parisiens, un établissement ouvre ses portes au 120, boulevard de Versailles (aujourd'hui boulevard Henri-Sellier) : La Belle Cycliste. Construite en 1889, cette guinguette devient rapidement l'un des rendez-vous incontournables des amateurs de la « petite reine », avant d'attirer une clientèle toujours plus nombreuse venue déjeuner, danser ou simplement profiter de la campagne suresnoise.

À partir de 1900, le restaurant appartient à MM. Richard père et fils, comme l'indique la presse lors de l'incendie de 1935. Les recensements de la ville confirment d'ailleurs que la famille Richard résidait bien au 120, boulevard de Versailles.

La Belle Cycliste ne se limitait pas à un simple café-restaurant. L'établissement possédait de vastes terrasses, un jardin ombragé, des salles de bal et une étonnante tour panoramique d'une trentaine de mètres. Un fil aérien qui transportait les visiteurs au-dessus des jardins, entre deux tourelles, attraction particulièrement originale pour l'époque. Les cartes postales anciennes témoignent du succès de cette installation, qui faisait partie des curiosités les plus célèbres de Suresnes.

 

Carte postale ancienne
 

Au fil des années, la guinguette devint un lieu réputé pour les noces, banquets et bals dominicaux. Les automobiles de luxe stationnaient le long du boulevard pendant que leurs propriétaires profitaient des orchestres et des jardins.

Mais cette belle aventure prit brutalement fin le 8 janvier 1935. Un incendie, vraisemblablement provoqué par un court-circuit, se déclara dans un local où étaient entreposés des instruments de musique. Malgré l'intervention rapide des pompiers de Suresnes et de Puteaux, les deux grandes salles de danse, construites en bois, furent entièrement détruites. Les journaux de toute la France relatèrent le sinistre, qui marqua la disparition définitive de l'une des plus célèbres guinguettes des bords de Seine.

Aujourd'hui, La Belle Cycliste demeure le souvenir d'une époque où Suresnes était l'une des destinations favorites des Parisiens venus respirer l'air de la campagne, goûter aux plaisirs des guinguettes et découvrir, depuis une tour de trente mètres, un panorama exceptionnel sur la vallée de la Seine et le Mont-Valérien.

 

Sources : Le Journal, 9 janv. 1935, Le Petit Journal 9 janv. 1935, L'Écho de Paris, 9 janv. 1935, L'Écho de Paris, 9 janv. 1935, Paris-soir, 9 janv. 1935, Excelsior, 9 janv. 1935, Le Petit Bleu de Paris, 10 janv. 1935.


Le petit journal 9 janvier 1935


Excelsior, 9 janv. 1935

  

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