dimanche 26 octobre 2025

Sur l'épinette - René Derville

 


 

SUR L'ÉPINETTE

Sur l'épinette, vos mains frêles 
Aux doigts pâles, amenuisés, 
Ressuscitent les échos grêles 
De très vieux airs cristallisés. 

Oh, la ritournelle fêlée 
Des vieilles chansons d'autrefois 
Dont l'âme tendre si esseulée 
Palpite encore sous vos doigts. 

Oh, les paroles surannées, 
Simples comme un air de flûteau, 
Au parfum de roses fanées, 
Couleur pou de soie et Watteau. 

Et ces refrains d'un autre monde 
Revenus on ne sait trop d'où, 
Que vos belles mains vagabondes 
Réveillent d'un geste très doux. 

Toutes ces notes inconnues — 
Comme des amis de retour — 
Se pressent, vivent et menues, 
En leurs plus séduisants atours, 

Sur l'épinette où vos mains frêles 
Aux doigts pâles, amenuisés, 
Ressuscitent les échos grêles 
De très vieux airs cristallisés. 

René DERVILLE 

Source BnF-Gallica: Poésie - Cahiers mensuels illustrés - 1er janvier 1928 

 


 

samedi 25 octobre 2025

Dominik, Détective Privé

 


🎵 Dominik, Détective Privé🎵

Couplet 1
Dans l’ombre des ruelles, son pas ne résonne pas,
Une casquette bien vissée, un regard qui voit là-bas.
Sur la plaque discrète, gravée en laiton doré,
On lit « Cabinet d’investigations », témoin de vérités.

Couplet 2
Quand les fils se dénouent dans des histoires troublantes,
Il démêle patiemment les intrigues les plus lentes.
Héritier(s) égaré(s), secrets longtemps tus,
Il marche sur les traces qu’on croyait disparues.

Refrain
Dominik, détective privé,
Gardien des vérités cachées.
Dans le silence, il observe et lit
Les lignes que personne ne voit ici.

Couplet 3
Sous la pluie ou la lune, il suit les silhouettes,
Les mensonges s’effritent quand sa patience s’apprête.
Un carnet, une loupe, et son œil affûté,
Derrière chaque mystère, une piste à révéler.

Pont (plus intense)
Quand tout s’embrouille, quand la justice s’égare,
Il avance seul, loin des regards.
Ni juge ni héros, mais messager discret,
Pour rendre au monde ce qui doit être éclairé.

Refrain
Dominik, détective privé,
Gardien des vérités cachées.
Il ne promet ni gloire ni éclat,
Mais la lumière là où règne l’ombre.

Finale (calme et noble)
Quand le jour se lève, il s’efface doucement,
L’enquête a parlé, sans bruit, simplement.
Dans les mémoires restera gravé
Le nom du détective… qui a su révéler.

©dboissy (2025)

 

Chanson

 


Podcast


mardi 21 octobre 2025

Le Vert Galant et la Belle Gabrielle

 

Carte postale du restaurant de la Belle Gabrielle


(Ballade à Suresnes, 1593) 


Couplet 1
Au vieux moulin de Suresnes, un soir,
Sous le ciel d’avril aux reflets d’espoir,
Le Vert Galant, le panache au vent,
Vint pour le vin… mais bien plus souvent
Pour Gabrielle aux yeux clairs de rivière,
La rose blonde aux promesses légères.

Refrain
Ô douce Gabrielle, reine sans couronne,
Dans tes bras, le roi s’abandonne.
Ni trône, ni guerre, ni palais doré,
Ne sauraient jamais le détourner
Du vin de Suresnes et de tes baisers,
Ô Belle Gabrielle, à jamais aimée.

Couplet 2

Sous la treille, ils burent à leur amour,
Le vin doré scella ce doux séjour.
« Ma mie, ma reine, oublions Paris,
La cour est froide, ici je vis. »
Dans le vent tiède montait la promesse,
D’un cœur à jamais lié par tendresse.

Refrain
Ô douce Gabrielle, reine sans couronne,
Dans tes bras, le roi s’abandonne.
Ni trône, ni guerre, ni palais doré,
Ne sauraient jamais le détourner
Du vin de Suresnes et de tes baisers,
Ô Belle Gabrielle, à jamais aimée.

Final
On dit qu’encore au vieux moulin,
Quand le vent danse au matin,
L’ombre du roi, d’un pas galant,
Cherche sa belle éperdument…

  

© dboissy (2025)

 


 

dimanche 19 octobre 2025

Fin d'Office - Alexthi


 

FIN D'OFFICE 

De l’imposante église, où vibrent les accents 
De l’orgue harmonieux modulant les prières, 
Où floconnent légers, les nuages d’encens 
Atténuant l’éclat des ors et des lumières, 
Les fidèles s’en vont. — L'office est terminé, 
Et seul un miséreux, lamentable, débile, 
L’œil fixé sur l’autel encor illuminé, 
Ne semble pas vouloir quitter le Saint Asile. 
Un invincible attrait le retient là, songeur !... 
La suave harmonie en berçant sa douleur 
Lui fait-elle revivre un souvenir d’enfance ? 
Peut-être espère-t-il la fin de sa souffrance? 
Se voit-il tout puissant pour une éternité ?... 

L’ombre envahit le temple et dans l’obscurité 
L’orgue finit son chant ainsi qu’un doux murmure, 
La voix du sacristain annonce la clôture... 
Le miséreux tressaille et le charme est détruit !... 

Transi sous ses haillons, ombre vague, il s’enfuit, 
Sans logis et sans pain dans le soir qui s’achève, 
Navré de voir si tôt s’envoler un beau rêve !... 

ALEXTHI (1912) 

Source BnF - Gallica : l'Émulation française 1er novembre 1912