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| Sonia Alny vers 1917 |
Une artiste lyrique parisienne entre opérette, music-hall et tournées internationales
Parmi les nombreuses artistes qui firent rayonner l’opérette française dans les années folles, Sonia Alny demeure aujourd’hui une silhouette discrète, presque effacée des grandes encyclopédies du spectacle. Pourtant, la presse ancienne permet de retracer une carrière élégante et mouvementée, entre Paris, les casinos des grandes villes d’eaux et même l’Amérique. ✨
Née à Paris en 1898, de mère française et de père russe selon ses propres déclarations dans la presse, Sonia Alny grandit dans un milieu cultivé. Elle reçoit une solide formation artistique : piano, chant, français et anglais. Cette excellente éducation lui permet très tôt d’enseigner avant de se tourner définitivement vers le théâtre lyrique.
La presse de 1923 évoque ses débuts à la Gaîté-Lyrique où elle interprète Suzanne dans Les Saltimbanques. Elle chante ensuite au Trianon-Lyrique ainsi qu’à Deauville, dans des spectacles d’opérette où son élégance et sa finesse sont remarquées. Le compositeur Raoul Moretti et surtout Cuvillier lui confient alors plusieurs créations.
Sonia Alny crée notamment Nonette aux Capucines, puis chante à Bruxelles dans Peg de mon cœur avec Berthe Bovy avant de revenir triompher à Paris dans Benjamin, opérette de René Mercier. Dès cette époque, les journalistes louent :
sa silhouette élancée,
sa diction raffinée,
et sa voix légère parfaitement adaptée aux héroïnes modernes de l’opérette nouvelle.
En 1927, une interview publiée dans La Vie Bordelaise nous offre un portrait particulièrement vivant de l’artiste. Sonia Alny y raconte avoir joué :
à Mogador,
à la Michodière,
à l’Apollo,
aux Capucines,
ainsi que dans les célèbres cabarets des « 4-z-Arts ».
Elle évoque également ses tournées dans les casinos de Deauville, Cannes et Monte-Carlo où elle crée Les Bleus de l’Amour. Déjà tournée vers l’international, elle revient alors d’Amérique et du Canada, où elle a chanté l’opérette française tout en perfectionnant son anglais afin d’aborder le répertoire anglo-américain.
Cette ouverture internationale est assez rare pour une artiste d’opérette française des années 1920. Sonia Alny apparaît ainsi comme une représentante typique de cette génération moderne, cosmopolite et élégante qui accompagne l’évolution du spectacle parisien après la Première Guerre mondiale. 🌍
Les journaux spécialisés soulignent également son aisance dans les rôles travestis, très en vogue dans les opérettes modernes. Elle cite elle-même Le Petit Duc comme l’un de ses emplois favoris.
Durant les années 1930, Sonia Alny poursuit sa carrière entre théâtre, concerts radiophoniques et galas. On retrouve encore son nom dans la presse radiophonique de 1936 où elle chante à Radio-Paris lors d’émissions de Noël.
Puis, après 1939, son nom disparaît presque complètement des journaux et programmes connus. Comme beaucoup d’artistes de cette génération, la guerre semble avoir interrompu ou profondément transformé sa carrière publique.
Sonia Alny s’éteint en 1993, après avoir traversé presque tout le XXe siècle. Il reste aujourd’hui d’elle quelques photographies et des articles enthousiastes témoignant d’une artiste raffinée qui incarna, durant près de vingt ans, l’esprit léger et brillant de l’opérette parisienne. 🎭


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