lundi 8 juin 2026

Jenny Valette, artiste lyrique


Jenny Valette, pseudonyme dont l'état civil demeure pour l'instant introuvable, serait née à Paris vers 1869-1870. Un article de Nice Artistique de mars 1892 indique qu'elle a alors vingt-deux ans et précise qu'elle est née dans la capitale. Selon ce même texte, elle aurait été remarquée très jeune par le compositeur Charles Gounod, alors qu'elle accompagnait sa sœur aînée au cours d'un professeur du Conservatoire nommé Reignier. Gounod lui aurait donné ses premières leçons et encouragé sa vocation théâtrale.

Ses débuts remontent à 1887, au théâtre des Menus-Plaisirs à Paris. La presse souligne alors sa fraîcheur, sa grâce et une voix déjà prometteuse. Lors de sa création dans La Petite Mariée, elle est décrite comme une « toute jeune artiste » dont le succès paraît mérité. Quelques mois plus tard, des chroniqueurs rapportent même que Gounod lui aurait prédit « un brillant avenir ».

Au cours des années suivantes, Jenny Valette se spécialise dans l'opérette. Elle joue notamment dans :

  • François les Bas-Bleus ;

  • Les Cloches de Corneville ;

  • Les Verts Poteaux d'Audran ;

  • Le Petit Faust ;

  • Madame Favart ;

  • La Rousotte ;

  • Boccace ;

  • Fleur de Thé ;

  • La Périchole.

Les journaux la décrivent volontiers comme une artiste « spirituelle et gracieuse », dotée d'une voix perlée et d'une présence scénique séduisante. À Nice, où elle est engagée au théâtre de la Jetée-Promenade, elle obtient un réel succès dans plusieurs rôles d'opérette et participe également aux célèbres batailles de fleurs de la Côte d'Azur.

Sa carrière ne se limite pas à Paris. Elle se produit à Bruxelles, puis dans plusieurs grandes villes françaises, notamment Bordeaux, Marseille et Nice. Un article rapporte même qu'elle aurait joué près de deux cents fois le rôle de Miss Helyett à Bordeaux, ce qui témoigne d'une certaine popularité.

Vers 1892-1894, elle est engagée en Russie, notamment à Saint-Pétersbourg, où elle chante au théâtre Michel, à l'Aquarium puis à l'Arcadia. Plusieurs journaux signalent les succès qu'elle y rencontre. À son retour, elle signe un engagement à Monte-Carlo auprès de Raoul Gunsbourg.

 

Sources : La Souveraineté, 13.10.1887 - Le Figaro, 4 avril 1888 - La Vie Mondaine à Nice, 3 mars 1892 - Nice Artistique, 10 mars 1892 - L'Intransigeant, 23 octobre 1894 - Le Journal, 12 décembre 1894 - Le rappel, 19 décembre 1894.


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