Entre
rêve et légèreté, ce charmant couplet nous invite à prendre
notre envol — au gré du vent, des regards… et peut-être des
cœurs 💫
Les
mots délicats de Pierre-Jean de Béranger (1780-1857) rencontrent ici la grâce
musicale de Marin Marais (1656-1728), pour une escapade poétique où l’on
envie les ailes de l’oiseau… et sa liberté.
Un
instant suspendu, entre ciel et tendresse, où l’on se surprend à
murmurer : « Je volerais vite, vite, vite… »
🎶
Une petite rêverie baroque à
savourer… sans modération.
« Moi
qui, même auprès des belles,
Voudrais vivre en passager,
Que
je porte envie aux ailes
De l’oiseau vif et léger !
Combien
d’espace il visite !
À voltiger tout l’invite :
L’air
est doux, le ciel est beau.
Je volerais vite, vite, vite,
Si
j’étais petit oiseau. »
Fondée le 17 avril 1844 – Reconnue d’utilité publique le 21
mai 1897
Prochaine réunion de la Société archéologique de Sens
Mardi
7 avril 2026 à 20 h 30
Salle de
conférences CEREP, 5, rue Rigault
Victor
HEURÉ (Sens 1823-Sceaux 1897), typographe et auteur de vers
par
Michèle DEGRAVE
Victor
Heuré naît à Sens, au faubourg Saint-Pregts, en 1823, d’un père
boisselier puis coutelier. La famille quitte Sens pour Paris
lorsqu’il est âgé de 14-15 ans.
En
1842, il revient dans notre ville, où il travaille un temps chez
l’imprimeur Théodore Tarbé, au 148 Grande rue. Puis à partir de
1850, il exerce son métier de compositeur typographe à Paris, à
l’Imprimerie impériale.
Marié
à une Sénonaise en 1853, il aura deux enfants, Paul et Marin et
avec sa dernière femme, une fille Jeanne, tous trois « enfants
de la balle »,
c’est-à-dire des ouvriers typographes dont le père était
lui-même typographe. À la fin de sa vie, Victor Heuré travaille au
Havre puis en région parisienne, à Corbeil et à Sceaux où il
décède en 1897.
Mais
tout au long de son existence, il va développer une véritable
passion : rimer des vers, qui, édités en « formats »,
seront chantés dans les célèbres cafés-concerts de la capitale,
ou encore imprimés dans des journaux.
Longtemps
parisien, il chante sa région de façon légère et gaie, mais aussi
la Bourgogne, la Normandie, la République ou les voyages, et ce
pendant plusieurs décennies.
Grande
première ! Grâce à la complicité de Dominique Boissy, ancien
élève de Michelle Leclerc-Barré (1939-2006), passionné de
musique, qui anime avec humour et talent le « blog de
Dominik », seront recréées pour notre plaisir, quelques
chansons composées par Victor Heuré il y a près d’un siècle et
demi, données à l’époque, à Paris sur les scènes des cabarets
La Scala, Les Ambassadeurs, ou encore sur celle de notre Théâtre
par l’Orphéon de Sens. Et « clou final » historique,
vous pourrez entendre, mises en musique, des rimes bourguignonnes,
dont certaines totalement inédites qui évoquent notre cité !
Avant
les feux tricolores capricieux et les GPS bavards, il y avait lui…
Le
képi blanc,
perché fièrement au sommet de l’agent de circulation, tel un
phare dans la tempête automobile !
Sous
le soleil, sous la pluie, au milieu des klaxons impatients,
il
brillait comme un signal :
👉 “Halte là ! Ici, c’est moi
le chef d’orchestre !”
On
dit même que certains conducteurs n’obéissaient pas aux
panneaux…
mais au
képi, oui ! 😄
Symbole
d’élégance et d’autorité,
il transformait chaque
carrefour en scène,
et chaque agent en véritable maestro de la
rue.
Aujourd’hui
encore, difficile de ne pas lui tirer un salut respectueux :
⚪
le képi blanc,
🚓 c’est un peu la couronne… du royaume de
la circulation !
🎶 Le
Képi Blanc du Carrefour
🎶
Couplet
1
Au beau
milieu d’la grande avenue,
Quand tout s’embrouille et rien
ne va plus,
Y’a un héros, droit comme un banc,
Coiffé
d’un fier… képi blanc !
Les
autos grondent, les freins grincent,
Les passants râlent et
tout coince,
Mais d’un seul geste élégant,
Il remet
d’l’ordre en un instant !
Refrain
🎵
Ohé ! regardez-le bien,
Le roi du pavé parisien !
Un bras
levé, tout s’arrête net,
C’est lui l’patron du
carrefour, parfait !
Ohé
! pas d’discussion,
Devant lui, c’est la discipline !
Car
sous le ciel, éclatant et franc,
Brille à jamais… son képi
blanc ! 🎵
Couplet
2
Ni feu
rouge, ni feu vert,
C’est lui qui donne la lumière !
Pas
besoin d’code compliqué,
Un p’tit sifflet… et c’est
réglé !
Les
taxis filent au garde-à-vous,
Les bicyclettes roulent au pas
doux,
Même les plus pressés, pourtant,
Obéissent à son
képi blanc !
Refrain
🎵
Ohé ! regardez-le bien… 🎵
Couplet
3
Quand
tombe la pluie sur le trottoir,
Il reste là, fidèle au
devoir,
Et dans la nuit, comme un fanal,
Son képi brille…
magistral !
On
dirait presque un général
Commandant l’trafic infernal,
Mais
son royaume est bien vivant :
Quatre rues… et un képi blanc !
Refrain
final (un peu plus grandiose)
🎵
Ohé ! salut à toi,
Chef d’orchestre des grands
émois !
Sans baguette mais avec talent,
Tu fais danser
tout l’continent !
Ohé
! et dans Paris,
Ton règne n’a rien d’une folie,
Car
sur nos routes, fiers et contents,
Vive à jamais… le képi
blanc ! 🎵
👑🎶 Nouvelle
création au royaume de Manéhouarnie !🐦✨
Aujourd’hui, Sa Majesté vous ouvre les portes
de son univers le plus tendre et poétique…
Avec « Le Roi
et ses Oiseaux », découvrez une chanson inspirée du style
baroque, accompagnée par le grand orchestre du royaume, où la
musique dialogue avec la nature et où les plus fidèles compagnons
du souverain… sont de charmants oiseaux perchés sur ses mains.
Entre élégance du Grand Siècle et esprit léger,
cette chanson est une invitation à sourire, rêver… et chanter
ensemble.
🎼 À écouter et reprendre en chœur
! 🐦 Vive le Roi… et ses oiseaux !
Le Roi et ses Oiseaux
Couplet 1
Dans son palais de Manéhouarnie,
Quand le soleil dore les toits,
Le bon Roi, d’humeur réjouie,
Sourit aux oiseaux sur ses doigts.
Point de sceptre ni de parade,
Point de discours ni de tambour,
Mais deux chanteurs en promenade
Qui font danser l’air de la Cour.
Refrain
Chantez, chantez, oiseaux du Roi,
Faites danser tout le château !
Les violons jouent avec joie,
Et les flûtes répondent aussitôt.
Chantez, chantez, jolis oiseaux,
Vos voix sont plus belles que tout ;
Car le bonheur, dans ce château,
C’est vous… rien que vous !
Couplet 2
La mésange bleue se balance
Et salue chacun d’un saut,
Tandis que l’autre, avec cadence,
Fait résonner un air si beau.
Alors l’orchestre se réveille :
Clavecin, basson et hautbois,
Et toute la Cour s’émerveille
D’entendre chanter sous ses toits.
Refrain
Couplet 3
On dit partout dans le royaume
Et même au-delà des grands bois
Qu’il n’est point de prince, en somme,
Plus heureux ni plus doux que ce Roi.
Car qui sait aimer les oiseaux
Et les écouter chaque jour
Fait naître un bonheur si beau
Qu’il le partage à son tour.
Refrain final
Chantez, chantez, oiseaux du Roi,
Faites danser tout le château !
Et que l’on chante avec vous, ma foi,
Du matin jusqu’au soir bientôt !
Chantez, chantez, joyeux oiseaux,
Faites rire petits et grands ;
Et vive à jamais, au château,
Le Roi et ses oiseaux charmants !
A la joie, au plaisir le beau temps nous convie ! Le soleil au ciel bleu sourit superbe et grand ; L’air est calme, muet, léger et transparent Et la terre à l’amour paraît être asservie,
O ciel ! en flots d’argent laisse tomber la vie ! Tandis que sous les bois passe un souffle mourant Des dernières rigueurs de l’hiver délirant, Étale les splendeurs que la terre t’envie !
Pendant que le soleil de ses rayons nouveaux Fait renaître les fleurs, les jeux et les travaux, Ne puise plus, mon cœur, aux pages d’un vieux livre
Pour oublier tes maux et pour te consoler ; Mais recherche l’amour et l’ivresse de vivre Heureux comme un oiseau qui commence à voler !
Jean-Émile SCHNEIDER
Source BnF Gallica : l'Émulation française 1er mai 1929
À la fin du XIXᵉ siècle, les agents de police chargés de la circulation dans les grandes villes utilisaient un bâton blanc pour diriger les voitures à cheval, les omnibus et les premiers tramways. Visible de loin, ce bâton devint rapidement un symbole de leur autorité… et inspira même les chansonniers !
La chanson revisitée « Le Bâton de l’Agent », sur des paroles de Héros Cellarius s’amuse avec humour de cet instrument devenu célèbre dans les rues animées de Paris. Entre satire légère et observation de la vie quotidienne, elle témoigne de l’esprit des chansons populaires de la Belle Époque.
Une petite page d’histoire… où la circulation et la chanson se rencontrent ! 🚦🎵
🎶Sur la route de Suresne – une page d’histoire en chanson
Aujourd’hui je vous propose de redécouvrir « Sur la route de Suresne », une chanson extraite du recueil L’Histoire de France en chansons.
Les paroles de Pierre d’Anjou et la musique de Jean Fragerolle nous transportent au temps de Louis XIV et du célèbre maréchal Turenne.
Au détour d’un chemin, une bergère garde ses moutons en chantant. Un capitaine passe… une promesse d’amour naît, mais la guerre emporte bientôt le soldat. Entre poésie pastorale et souvenir des campagnes militaires du XVIIᵉ siècle, cette chanson raconte avec simplicité les espoirs et les peines du peuple.
Une belle illustration de ces chansons qui faisaient autrefois vivre l’Histoire de France en musique. 🎵
1.
Sur la route de Suresne,
Tireli, tirela, tirelonlaine,
Sur
la route de Suresne,
Lise s'en allait gardant
Ses moutons,
tout en chantant.
Sur la route, sur la route de Suresne.
2.
Passa joli capitaine
Tireli, tirela, tirelonlaine,
Passa
joli capitaine
Dessus son cheval grison
Qui surprit cette
chanson
Sur la route, sur la route de Suresne.
3.
De cueillir la marjolaine
Tireli, tirela,
tirelonlaine,
De cueillir la marjolaine
Et les roses du
buisson
Offrit à gente Lison
Sur la route, sur la route de
Suresne.
4. Ne vous mettez pas en peine
Tireli,
tirela, tirelonlaine,
Ne vous mettez pas en peine,
Mon bel
ami le fera,
Quand de guerre, il reviendra
Sur la route,
sur la route de Suresne.
5. Avec Monsieur de Turenne
Tireli, tirela,
tirelonlaine,
Avec Monsieur de Turenne
Il s'en reviendra
vainqueur
Et je lui garde mon cœur
Sur la route, sur la
route de Suresne.
6. Dans les plaines de Lorraine
Tireli,
tirela, tirelonlaine,
Dans les plaines de Lorraine
Il est
mort ! ton beau soldat
Plus jamais ne reverras
Sur la route,
sur la route de Suresne.
7. Sur la route de Suresne
Tireli, tirela,
tirelonlaine,
Sur la route de Suresne,
En rentrant ses
blancs agneaux,
Lisette avait le coeur gros
Sur la route,
sur la route de Suresne.