vendredi 20 février 2026

Le Vercingétorix des Boulevards

 

Collection Photothèque des Jeunes Parisiens

 L'Agent LECLERCQ (1877–1940) 

« Le Vercingétorix des Boulevards »
Gardien de la paix – Vétéran de 1914-1918

Rémy Armand Alcide Leclercq naît le 28 septembre 1877 à Plachy-Buyon, dans la Somme, au sein d’un foyer modeste et travailleur. Fils d’Armand Leclercq, papetier, et d’Henriette Lefebvre, il grandit à Bacouel-sur-Selle où il suit ses études primaires avant d’entrer, comme son père, dans une papeterie. Il devient ensuite ourdisseur dans une usine de tissage, métier exigeant qui forge déjà son endurance et son sens du devoir.

Il accomplit son service militaire au 72e régiment d’infanterie d’Amiens entre 1898 et 1899, puis retourne à la vie civile. Marié en 1901 à Marie Françoise Claire Féron, il mène une existence simple jusqu’à la mobilisation d’août 1914, qui bouleverse son destin.

Le soldat courageux

Rappelé sous les drapeaux dès le début de la Grande Guerre, il rejoint son régiment à Amiens et est nommé caporal. Fin 1916, il passe au 108e régiment d’artillerie lourde, section des secrétaires. Le 21 novembre 1916, il reçoit la Croix de guerre 1914-1918 pour un acte de bravoure remarquable : il s’est porté volontairement au secours de canonniers marins grièvement blessés, ensevelis sous les décombres après un bombardement. Sa citation souligne « un sang-froid, un courage et un dévouement remarquables ».

Cet épisode révèle un trait constant de sa personnalité : le courage tranquille, allié à une profonde humanité.

De la guerre aux boulevards

Le 1er août 1918, il est détaché comme gardien de la paix à Paris. C’est sous l’uniforme bleu qu’il vivra la fin du conflit. Démobilisé en 1919, il choisit de rester dans la capitale et de poursuivre sa carrière dans la police municipale.

Affecté à la régulation de la circulation à la porte Saint-Denis, carrefour alors parmi les plus encombrés de Paris, il y exercera pendant plus de seize ans. Très vite, sa haute silhouette, son bâton blanc levé avec autorité et surtout sa longue barbe rousse soigneusement entretenue attirent l’attention.

Il devient une figure pittoresque et populaire. Les Parisiens l’appellent affectueusement « la barbe de la porte Saint-Denis » ou encore « Vercingétorix », tant sa barbe flamboyante évoque les représentations du chef gaulois. Ennemi déclaré du rasoir, il porte sa barbe comme un étendard. Les touristes se font photographier à ses côtés ; les chauffeurs de taxi le saluent ; la presse s’empare de sa silhouette pour en faire l’emblème d’une police à la fois ferme et bienveillante.

L’agent que l’on crut mort

En juillet 1928, victime d’une insolation en plein service sous le soleil écrasant, il est transporté à l’Hôtel-Dieu. Plusieurs journaux annoncent prématurément sa mort. L’émotion est vive : on pleure déjà « une figure bien parisienne ».

Mais le lendemain, rectificatif : l’agent Leclercq n’est pas mort. Il se remet et reprend son poste quelques jours plus tard. Pour ceux qui n’avaient pas lu le démenti, son retour évoqua presque une apparition fantomatique, silhouette familière ressurgissant au carrefour, bâton blanc en main, barbe au vent.

Cette anecdote illustre l’attachement sincère du public à cet homme simple dont la présence rassurait et rythmait la vie du quartier.

Distinctions et reconnaissance

Outre la Croix de guerre 1914-1918, il reçoit la médaille d’honneur de la police municipale et rurale (Journal officiel du 7 novembre 1933), reconnaissance officielle d’un service exemplaire.

Pourtant, sa plus belle décoration demeure sans doute l’affection populaire. Pendant près de vingt ans, on lui offre fleurs et petits présents ; on vient prendre de ses nouvelles lorsqu’il s’absente ; on célèbre sa bonhomie et sa courtoisie.

La retraite et le retour aux sources

Il prend sa retraite en 1936 (selon certaines sources 1938) et retourne dans la Somme, à Bacouel-sur-Selle. Loin du tumulte parisien, il se consacre à ses passions : jardinage, pêche à la truite, sculpture et peinture. Régulièrement sollicité par la presse, il ne disparaît pas totalement de la mémoire collective et revient parfois à Paris pour exposer ses œuvres ou participer à des manifestations caritatives.

Il s’éteint en novembre 1940, quelques mois après que Paris est passé sous l’occupation allemande. Sa disparition laisse orpheline sa chère porte Saint-Denis.

Le chansonnier Pierre Gilbert lui rend un hommage touchant, reconnaissant que, s’il fut parfois gentiment moqué dans les couplets satiriques, il fut surtout « un agent de gaieté » qui avait su garder la paix — et que désormais, « la paix le gardera ».

Mémoire d’une figure parisienne

Rémy Leclercq incarne une époque où le policier de quartier était une figure familière, presque théâtrale, mais profondément humaine. Ancien combattant décoré, fonctionnaire consciencieux, homme simple devenu symbole populaire, il fut l’un de ces personnages qui donnent à une ville son visage et son âme.

Qu’aucune rue de Paris ne porte encore son nom demeure une curiosité de l’histoire. Car le « Vercingétorix des Boulevards » fut bien davantage qu’une silhouette pittoresque : il fut l’image d’une autorité bienveillante, d’un courage discret et d’une fidélité sans faille au service public.


 

Le Vercingétorix des Boulevards

(Chanson Hommage à l’agent Leclercq)

Couplet 1

Dans la Somme aux brumes légères,
Naquit un gars au cœur vaillant,
Fils d’un papetier, fier et sincère,
Ouvrier simple et bon vivant.
Du 72e d’infanterie
Il porta sac et pantalon,
Puis vint la guerre et sa furie
Où son courage eut son galon.

Couplet 2

Sous l’orage et sous la mitraille
Il sauva des marins blessés,
Des décombres et de la bataille
Il les tira sans hésiter.
Croix de Guerre à la boutonnière,
Caporal au regard de feu,
Il servit la France entière
Avec un sang-froid valeureux.

Refrain

Ohé ! Leclercq, l’agent magnifique,
Barbe au vent comme un vieux Gaulois !
Sous ton bâton blanc héroïque
Les fiacres s’arrêtaient net, ma foi !
Vercingétorix des boulevards,
Gardien des autos et des cœurs,
À la Porte Saint-Denis, chaque soir,
Tu régnais sans faste… mais en vainqueur !

Couplet 3

Premier août mil neuf cent dix-huit,
Il troque l’uniforme guerrier
Pour le képi bleu de la nuit
Des gardiens de la paix parisiens.
À la Porte Saint-Denis fidèle,
Carrefour grondant et bruyant,
Sa barbe rousse, solennelle,
Brillait au soleil levant.

Couplet 4 – La barbe

Ennemi juré du rasoir,
Sa barbe était son étendard,
Les touristes venaient le voir
Comme on salue un monument rare.
D’un geste ample et théâtral
Il arrêtait l’automobile,
Mais d’un sourire cordial
Rendait la circulation docile.

Couplet 5 – L’insolation

Un jour de juillet trop ardent
Le soleil frappa trop fort ;
On crut Paris en deuil vraiment,
Les journaux annoncèrent sa mort !
Mais tel un spectre bienveillant
Il revint, barbe triomphante —
Certains parlèrent d’un revenant
Sous la blanche férule éclatante !

Couplet 6 – La retraite

Vingt ans au carrefour fidèle,
Puis vint l’heure de raccrocher ;
Il laissa Paris et ses querelles
Pour la Somme et ses peupliers.
Peinture, pêche et jardinage,
Loin du tumulte et des klaxons ;
Mais dans les cœurs, son image
Restait comme une chanson.

Final

Novembre quarante l’emporta,
La Porte pleura son soldat ;
Un chansonnier dit tout bas :
« Tu gardas la paix… qu’elle te gardera. »
Et l’on murmure encor parfois
Quand le trafic devient trop fort :
“Ah ! s’il était là, ce Gaulois,
Paris irait droit… sans effort !”

Dernier refrain

Salut Leclercq, barbe héroïque,
Panache tendre des boulevards !
Plus qu’un agent pittoresque et mythique,
Tu fus l’âme simple de Paris le soir.
Vercingétorix des boulevards,
Gardien fidèle et cœur d’or,
Ton nom mériterait un square…
Ou mieux encor : nos accords !
🎵

©dboissy (2026) 

 


 

mercredi 18 février 2026

La Belle Gaby Boissy !

 


🎭 La Belle Gaby Boissy !



🎶 Couplets 1

Elle est née sous le ciel d’Alexandrie,
Par un matin clair de février ;
Gabrielle était son nom jadis,
Mais la scène dit : « Boissy, c’est mieux ainsi ! »

À Paris, rue Offémont discrète,
Elle étudiait l’art des chansonnettes ;
Chez les Chevalier, d’un ton mutin,
Elle apprit à séduire le destin !


🎵 Refrain (vif et souriant)

Ah ! Gaby ! Gaby Boissy !
Quand sa voix s’élance, tout Paris frémit !
Un sourire… un trille… et l’on oublie
Les chagrins gris de la vie !

Commère fine, diva jolie,
Tour à tour mutine ou fleur d’oubli,
De la revue à l’opéra,
Elle fait battre tous les cœurs, la voilà !


🎶 Couplets 2

À la Cigale on la vit briller,
Deux sous d’violettes faisaient pleurer ;
Puis, d’un clin d’œil malicieusement,
Elle riait dans les couplets fringants !

À Cluny, Scala, aux Variétés,
On bissait ses refrains effrontés ;
Sa taille souple et son entrain
Menaient la troupe tambour battant !


— « Mesdames, Messieurs… une centième ce soir ! »
— « Bissez ! Bissez ! »
— « Mais je n’ai plus de violettes ! »



🎵 Refrain

Ah ! Gaby ! Gaby Boissy !
Quand sa voix s’élance, tout Paris frémit !
Un sourire… un trille… et l’on oublie
Les chagrins gris de la vie !


🎶 Couplets 3

Puis l’Opéra-Comique ouvrit ses bras,
Et Micaëla pria tout bas ;
Mimi soupira dans la neige,
Sophie rêva d’amour en cortège.

À Deauville, Cannes, Nice, Monte-Carlo,
Sa voix légère brillait très haut ;
Manon passait, Thaïs pleurait,
Et tout le casino s’enflammait !


🎶 Couplets 4

Un disque tourna — quel tourbillon !
Chez Gramophone Company, quel frisson !
Dans Ciboulette l’amour qui passe
Sous la plume exquise de Reynaldo Hahn prend place.

Cent cinquante fois, soir après soir,
Le public réclamait son espoir ;
Et Clairville un jour fut son nom,
Mais Gaby resta dans les chansons !


🎵 Grand Refrain Final (avec chœurs)

Ah ! Gaby ! Gaby Boissy !
Ton rire chante encore aujourd’hui !
De l’Orient jusqu’à Paris,
Ton étoile n’a pas pâli !

Opérette ou grand opéra,
Toujours le cœur vibrait pour toi ;
Et quand le rideau se replie…
On entend encore : « Vive Gaby ! » 🎭

©dboissy (2026) 

 


 

mardi 17 février 2026

Gaby Boissy - Artiste Lyrique

 

Couverture de la revue "Paris qui chante" - 1908

 

Gaby Boissy (née Gabrielle Cahen), artiste lyrique soprano, naît à Alexandrie le 18 février 1884 et s’éteint à Paris (16ᵉ arrondissement) le 18 juin 1976. En 1952, elle adopte officiellement le nom de Clairville, sans jamais effacer du souvenir du public celui de Gaby Boissy, sous lequel elle connut ses plus beaux triomphes.

Elle reçoit une solide formation vocale auprès de Georges Imbart de la Tour, professeur d’esthétique lyrique et de chant au Conservatoire national, puis poursuit ses études à l’école de Jules et Madeleine Chevallier, professeurs de chant et d’art lyrique, située 6 rue Offémont à Paris.

Dès 1905, elle mène une carrière active dans les fantaisies, opérettes et revues, où son charme scénique, sa voix fraîche et son tempérament vif lui valent une faveur immédiate du public. Elle se produit dans de nombreux théâtres et music-halls parisiens parmi les plus en vue : La Cigale, chez Mayol, la Boîte à Fursy, aux Capucines, à Cluny, aux Variétés, au théâtre Réjane, au théâtre Fémina, au théâtre Impérial, au Trianon lyrique, à la Scala, au théâtre Michel, à la Comédie Royale. Elle s’y distingue autant par son élégance que par son sens du jeu et de la diction.

Le 12 avril 1922 marque un tournant décisif : elle débute à l’Opéra-Comique dans le rôle de Micaëla de Carmen. Elle y interprète également Mimi dans La Bohème et Sophie dans Werther, affirmant ainsi son passage du répertoire léger au grand lyrisme.

Parallèlement, elle est engagée pour plusieurs saisons dans les grands casinos de la Côte et de Normandie — Deauville, Cannes, Nice, Monte-Carlo — entre 1921 et 1925, où elle remporte de vifs succès dans les grands rôles du répertoire.

En 1923, elle laisse un témoignage discographique en enregistrant, avec les chœurs du Théâtre des Variétés, un disque 78 tours pour la Gramophone Company : Ciboulette, opérette de Reynaldo Hahn, contribuant ainsi à fixer sur cire l’art délicat et expressif qui avait conquis la scène.

Figure marquante du Paris musical de la Belle Époque et de l’entre-deux-guerres, Gaby Boissy incarne cette génération d’artistes capables de passer avec aisance de la revue pétillante au lyrisme raffiné, alliant grâce scénique, intelligence dramatique et pureté vocale.

 


 


 


Disque 78 tours :

 Amour qui passe 

 C'est sa banlieue 

 Y a de la lune

 



Louis-Jean Guillou - Harmoniumiste, poète

Louis-Jean Guillou 
 

Louis-Jean Guillou (1937-2020), un musicien complet dont l'existence a été intimement liée à la Bretagne et plus particulièrement à Pont-Scorff.
 
Une formation musicale précoce
Né le 9 février 1937 à Lorient de parents négociants, il s'initie au piano dès l'âge de six ans avec une religieuse à Pont-Scorff. Sa formation se poursuit à l'institution Sainte-Croix de Quimperlé, où il étudie l'harmonium avec Jean Le Gouil et accompagne les offices dominicains. Il perfectionnera ensuite sa pratique de l'orgue et du piano auprès de professeurs à Paris.
 
Une carrière d'enseignant et d'organiste
Louis-Jean Guillou a consacré une grande partie de sa vie à la transmission :
Il a enseigné le solfège et le piano en province, notamment à Rennes et à Saint-Aubin-du-Cormier entre 1977 et 1982.
À partir de 1982, il s'installe comme professeur indépendant à son domicile de Pont-Scorff.
Il devient titulaire de l'orgue et de l'harmonium de l'église paroissiale du Sacré-Cœur de Pont-Scorff, où il accompagne la chorale et les messes.
 
L'engagement pour le patrimoine et l'harmonium
Véritable passionné, il a œuvré pour la sauvegarde de l'harmonium, un instrument qu'il jugeait "comblant" et qu'il considérait comme sa "muse préférée". Il a participé à un reportage de TF1 soulignant l'importance de restaurer ces instruments délaissés dans les églises bretonnes. En septembre 2006, il organisait d'ailleurs une rencontre autour de l'harmonium lors des Journées du Patrimoine à Pont-Scorff.
 
Activités artistiques et concerts
Comme l'indique votre liste, son activité de concertiste a été intense entre 1994 et 2013, principalement dans le Morbihan et le Finistère. Ses prestations mettaient souvent en avant des instruments traditionnels et classiques :
Concerts et récitals : Il se produisait régulièrement à Pont-Scorff, notamment pour des récitals de Noël, mais aussi à Quimperlé, Rosporden, ou encore Locminé.
Collaborations : Ses concerts associaient souvent l'harmonium ou l'orgue à la bombarde, la flûte à bec, la trompette, la cornemuse ou le chant breton.
Discographie : Il a réalisé un DVD en juillet 2005 et a enregistré des CD, dont un consacré aux cantiques bretons en 2008.
 
Poésie et littérature
Au-delà de la musique, Louis-Jean Guillou était un poète reconnu. Il a écrit une cinquantaine de poèmes entre 1993 et 2007, rassemblés dans un recueil qui lui a valu un diplôme d'honneur de la Société des Poètes et Artistes de France en 2012. Ses écrits étaient fortement inspirés par son vécu, sa ville de Pont-Scorff et la Bretagne.
Il s'est éteint le 17 février 2020 à Pont-Scorff, laissant derrière lui le souvenir d'un artiste dévoué à son église et à la préservation du patrimoine musical breton.
 
 

Poème dédié à l'harmonium 

Sa chaîne YouTube

Son Mémorial

 

Biographie

 

Improvisation sur une fugue

 

samedi 14 février 2026

L'Amour Policeman

 


🎵 L’Amour Policeman

(Chanson fantaisiste – valse légère)

Couplet 1
Je suis le garde des amours,
En képi bleu, l’aile au vent,
Je fais ma ronde nuit et jour
D’un pas léger, vigilant.
Quand un soupir trouble une âme,
Quand un regard devient brûlant,
Je dresse procès-verbal aux flammes
Des cœurs battant imprudemment !

Refrain
Je suis l’amour policeman,
Je veille partout sans cesse,
Près des amoureux en détresse
Vite j’accours galamment !
Un coup de sifflet… pan ! pan !
Une flèche en supplément,
Et je réconcilie tendrement
Les amants mécontents !


Couplet 2
Sous les tonnelles, au clair de lune,
Je surprends bien des secrets ;
Des mains qui tremblent à la brune,
Des mots qu’on n’ose avouer.
Mais si l’orgueil fait résistance,
Si l’on se fâche sottement,
Je dresse une contravention
Pour excès d’éloignement !

Refrain
Je suis l’amour policeman,
Je veille partout sans cesse,
Près des amoureux en détresse
Vite j’accours galamment !
Un coup de sifflet… pan ! pan !
Une flèche en supplément,
Et je réconcilie tendrement
Les amants mécontents !


Couplet 3
Je n’ai ni sabre ni prison,
Mais un carquois bien rempli ;
Je rends les cœurs à l’unisson
D’un trait vif et accompli.
Et si parfois l’un se rebiffe
Criant : « L’amour, c’est fini ! »
Je souffle fort dans mon sifflet
Et l’espoir revient… pardi !

Refrain final (varié)
Je suis l’amour policeman,
Gardien des cœurs en liesse,
Je chasse au loin la tristesse
Des amants tremblants !
Un battement… deux battements…
Et tout repart vivement,
Car je fais régner tendrement
La paix des sentiments !

©dboissy (2026) 

 


 

mercredi 11 février 2026

La Ronde du Garde Champêtre

 


 

La Ronde du Garde Champêtre 

Couplet 1
Un soir d’été, la lune apparaissait 
Maître Pacaud, le vieux garde champêtre 
Après dîner, de table se levait 
Mettait sa plaque et boutonnait sa guêtre  
Or ça, dit-il d’un air malicieux 
Si j’allais faire une petite ronde 
Gare aux filous et gare aux amoureux
Qui, deux à deux, vont dans la nuit profonde 

Refrain
Puis il partit à travers le sainfoin
Mais on s’en méfiait peut-être, 
Car la lune éclairait au loin 
Le tricorne du gard’ champêtre. 

Couplet 2
Ce même soir, un régiment entier 
Dans le pays, à l’étape s’arrête, 
La Jeanneton rencontre un officier 
Auprès du bois, et lui fait la causette 
Lui parla-t-il de guerre et de combats 
Je n’en crois rien, la brise frémissante 
D’abord apporte un doux baiser bien bas, 
Puis deux, soudain Jeanne reste tremblante, 

Refrain
Maître Pacaud marchait dans le sainfoin 
Mais on s’en méfiait peut-être, 
Car la lune éclairait au loin 
Le tricorne du gard' champêtre.

Couplet 3
Pierrot, Suzon, tous deux ayant seize ans 
S’en revenaient après une veillée 
Quittant la route, ils marchaient dans les champs 
Ou s’égaraient sous la verte feuillée 
Mais, s’ils trouvaient au bord des grands chemins 
Quelque pommier étendant sa ramure 
Ils le secouaient et les méchants gamins 
Croquaient la pomm’ bien qu’elle fût à peine mûre,  

Refrain
Maître Pacaud marchait dans le sainfoin 
Mais on s’en méfiait peut-être, 
Car la lune éclairait au loin 
Le tricorne du gard’ champêtre. 

Couplet 4
Deux vieux époux, du monde retirés, 
Prenaient le frais devant leur maisonnette 
Dans les rameaux des arbres des grands prés, 
On entendait roucouler la fauvette ; 
Ce chant si doux rappelle nos amours 
Dit le mari, morbleu, mon cœur tressaille, 
Vous étiez belle, eh, vous l’êtes toujours… 
Eh bien, Hector, vous me prenez la taille ! 

Refrain
Maître Pacaud marchait dans le sainfoin 
Mais on s’en méfiait peut-être, 
Car la lune éclairait au loin 
Le tricorne du gard’ champêtre

Couplet 5
Maître Pacaud, pourtant, n’avait rien vu, 
Bien entendu, tout lui sembla tranquille 
Allons, dit-il, très bien, rien d’imprévu, 
Il en est temps, rentrons au domicile ; 
Ah ! pensait-il, en se déshabillant, 
C’n’est pas ici, comme dans la capitale, 
Et ma mission se remplit aisément, 
Car, en c’pays, on honor’ la morale, 

Refrain

Sur ce, Pacaud se couchant dans son coin, 
Rêva gloire, combats, salpêtre 
Et seul, on entendit, au loin, 
Le ronflement du gard’ champêtre. 

Paroles : Georges Dorfeuil (1848-1904) - Musique : Firmin Bernicat (1842-1883)  

 

 
Chantée par Quoitin du Concert des Variétés en 1911

 

 
Chansonnette revisitée musicalement en 2026

 

mardi 10 février 2026

Le Rajah de Suresnes

 

 

🎶 Le Rajah de Suresnes 🎭
Plongez dans une histoire vraie aussi incroyable qu’amusante : en 1892, un rajah exilé s’installe à Suresnes avec ses danseuses… provoquant émoi, scandale et intervention de la police ! 😄
J’en ai tiré une chanson pleine d’humour et de clins d’œil à la presse d’époque.
À écouter sans modération (contrairement au vin de Suresnes 🍷) ! 

 

(Couplet 1)
À Suresnes, près des coteaux,
On boit un vin… qui frappe un peu trop,
Mais un beau jour, grand coup de théâtre :
Un rajah débarque en villégiature !

Dépossédé par les Anglais,
Il s’installe là, fort élégant, fort doré,
Dans une maison louée bien trop cher
(Ou pas payée, mais ça, c’est secondaire…)

(Refrain)
🎶 Le rajah de Suresnes, oh la belle surprise !
Avec ses bayadères en robe de brise,
Il voulait chasser sa mélancolie,
Mais a surtout réveillé la police ! 🎶

(Couplet 2)
Il engage un corps de ballet,
Des prêtresses d’Indra, toutes déchaînées,
Plus légères que des gazelles,
Plus voluptueuses que des pastilles au miel.

Danses sacrées, peut-être bien,
Mais pour les voisins, c’était moins divin,
Car dans le parc, sous les marronniers,
On dansait la vraie danse du ventre… sans billet !

(Refrain)
🎶 Le rajah de Suresnes, oh la belle surprise !
Les ligues morales en sont toutes grises,
À force de voiles et de déhanchements,
Il a fait tourner les têtes… et les huissiers ! 🎶

(Couplet 3)
La pudeur locale s’est alarmée :
« On voit trop de choses au jardin d’à côté ! »
Les plaintes fusent, les stylos grincent,
Et l’huissier sonne — en grand prince !

Mais le rajah n’en fait qu’à sa tête,
Ignore les papiers, méprise les dettes,
Il danse, il chante, il ne part pas,
Jusqu’au jour où… le commissaire arriva.

(Refrain)
🎶 Le rajah de Suresnes, oh la belle surprise !
Sans payer son loyer, c’est la crise,
Il rêvait d’Inde, de palais dorés,
Il a trouvé Suresnes… et la police armée ! 🎶

(Final)
Ainsi finit l’histoire exotique
Du prince déchu et de son bal magique,
À Suresnes, on a retrouvé le calme,
Et le vin est resté… raide comme un huissier ! 🍷😄

  ©dboissy (2026)

Le Rajah de Suresnes - L'éclair 13/12/1892.


 



dimanche 8 février 2026

Flûte à bec et Orgue


🎶 Trois joyaux du répertoire baroque pour flûte à bec et orgue 🎶

Dans ces vidéos, je vous propose un voyage musical à travers trois petites pièces emblématiques du baroque :

  • Sarabande — Giuseppe Tartini (1692–1770)

  • La Villageoise — Jean-Philippe Rameau (1683–1764)

  • Air — Henry Purcell (1659–1695)

Interprètes :
Orgue : Piet Groeneveld — extrait du recueil Festive Baroque (Éditions De Haske)
Flûte à bec : Dominik de Manéhouarnie

Ces pièces mettent en valeur le dialogue subtil entre la flûte à bec et l’orgue.



Sarabande - Tartini



La villageoise - Rameau
 
 
 

 Air - Purcell