Ce document provient d’une publication publicitaire illustrée du grand magasin parisien Au Bon Marché, l’un des premiers grands magasins modernes fondé au XIXᵉ siècle à Paris. Ces publications étaient très répandues entre 1880 et 1930 et mélangeaient publicité, divertissement et illustration.
Le thème : l’évolution “musicale” des policiers
La planche « Les Agents mélomanes » joue sur une plaisanterie :
Elle évoque l’évolution des moyens sonores utilisés par les agents :
Le violon (expression « conduire quelqu’un au violon » = au poste).
Le tambour pour attirer l’attention.
Le sifflet, réellement utilisé par les policiers au début du XXᵉ siècle.
La sirène, technologie moderne qui commence à apparaître.
Enfin la caricature de l’agent “homme-orchestre”.
C’est une satire légère du progrès technique, thème très courant dans les publications humoristiques de l’époque.
la date 1919 est intéressante
La date correspond à la période immédiatement après la Première Guerre mondiale.
Dans ces années :
les villes se modernisent rapidement
la circulation automobile augmente
les policiers commencent à utiliser sifflets et signaux sonores pour réguler la rue.
La planche reflète donc l’évolution de la police urbaine dans la vie quotidienne.
Les Agents Mélomanes
(Chansonnette humoristique d’après la planche de 1919)
Couplet 1
Pendant
longtemps dans nos quartiers
L’agent n’était guère
musicien,
Pour les voleurs qu’il arrêtait
Il jouait du
violon… très bien !
Sans tambour ni trompette alors
Il
menait les mauvais garçons
Vers le poste, d’un pas très
fort,
Au son discret de son violon.
Refrain
Ah
! voyez donc ces agents mélomanes
Qui font la musique en
patrouillant !
Tambour, sifflet, et puis la sirène
Tout
Paris les écoute en riant !
Quand la loi se met en cadence
Et
défile au coin du boulevard,
Même les enfants entrent dans la
danse
Au passage du brave sergent !
Couplet 2
Mais
bientôt l’agent fit progrès
Et devint un fameux
tambour,
Pour la joie des petits parisiens
Qui le suivaient
tout le long du jour.
Et puis l’on apprit à siffler
Comme
un joyeux merle au printemps,
Un air clair pour bien
signaler
Que l’ordre veille à tout moment.
(Refrain)
Couplet 3
Puis
vinrent les agents ténors
Et les sirènes dans la nuit,
Leur
voix sonnait claire et sonore
Par-dessus le bruit de Paris.
Mais
demain, qui sait, mes amis ?
Dans la rue ce sera charmant
:
L’agent deviendra, je parie,
Un véritable
homme-orchestre ambulant !
(Refrain final)
©dboissy (2026)

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