mercredi 11 février 2026

La Ronde du Garde Champêtre

 


 

La Ronde du Garde Champêtre 

Couplet 1
Un soir d’été, la lune apparaissait 
Maître Pacaud, le vieux garde champêtre 
Après dîner, de table se levait 
Mettait sa plaque et boutonnait sa guêtre  
Or ça, dit-il d’un air malicieux 
Si j’allais faire une petite ronde 
Gare aux filous et gare aux amoureux
Qui, deux à deux, vont dans la nuit profonde 

Refrain
Puis il partit à travers le sainfoin
Mais on s’en méfiait peut-être, 
Car la lune éclairait au loin 
Le tricorne du gard’ champêtre. 

Couplet 2
Ce même soir, un régiment entier 
Dans le pays, à l’étape s’arrête, 
La Jeanneton rencontre un officier 
Auprès du bois, et lui fait la causette 
Lui parla-t-il de guerre et de combats 
Je n’en crois rien, la brise frémissante 
D’abord apporte un doux baiser bien bas, 
Puis deux, soudain Jeanne reste tremblante, 

Refrain
Maître Pacaud marchait dans le sainfoin 
Mais on s’en méfiait peut-être, 
Car la lune éclairait au loin 
Le tricorne du gard' champêtre.

Couplet 3
Pierrot, Suzon, tous deux ayant seize ans 
S’en revenaient après une veillée 
Quittant la route, ils marchaient dans les champs 
Ou s’égaraient sous la verte feuillée 
Mais, s’ils trouvaient au bord des grands chemins 
Quelque pommier étendant sa ramure 
Ils le secouaient et les méchants gamins 
Croquaient la pomm’ bien qu’elle fût à peine mûre,  

Refrain
Maître Pacaud marchait dans le sainfoin 
Mais on s’en méfiait peut-être, 
Car la lune éclairait au loin 
Le tricorne du gard’ champêtre. 

Couplet 4
Deux vieux époux, du monde retirés, 
Prenaient le frais devant leur maisonnette 
Dans les rameaux des arbres des grands prés, 
On entendait roucouler la fauvette ; 
Ce chant si doux rappelle nos amours 
Dit le mari, morbleu, mon cœur tressaille, 
Vous étiez belle, eh, vous l’êtes toujours… 
Eh bien, Hector, vous me prenez la taille ! 

Refrain
Maître Pacaud marchait dans le sainfoin 
Mais on s’en méfiait peut-être, 
Car la lune éclairait au loin 
Le tricorne du gard’ champêtre

Couplet 5
Maître Pacaud, pourtant, n’avait rien vu, 
Bien entendu, tout lui sembla tranquille 
Allons, dit-il, très bien, rien d’imprévu, 
Il en est temps, rentrons au domicile ; 
Ah ! pensait-il, en se déshabillant, 
C’n’est pas ici, comme dans la capitale, 
Et ma mission se remplit aisément, 
Car, en c’pays, on honor’ la morale, 

Refrain

Sur ce, Pacaud se couchant dans son coin, 
Rêva gloire, combats, salpêtre 
Et seul, on entendit, au loin, 
Le ronflement du gard’ champêtre. 

Paroles : Georges Dorfeuil (1848-1904) - Musique : Firmin Bernicat (1842-1883)  

 

 
Chantée par Quoitin du Concert des Variétés en 1911

 

 
Chansonnette revisitée musicalement en 2026

 

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