Parmi les œuvres de Charles Dancla (1817-1907) aujourd'hui quelque peu oubliées figure cet Andante religioso, op. 186, une page destinée au violon avec accompagnement de piano ou d'harmonium. Publiée à Paris par Vve E. Girod, la partition est dédiée à « Miss Bessie Houghton » et porte la marque d'un répertoire romantique intimiste, à la fois mélodique et empreint de caractère religieux.
Cette œuvre appartient à la dernière période de la production de Dancla, violoniste, compositeur et pédagogue qui occupa une place importante dans la tradition française du violon au XIXᵉ siècle. Elle se situe notamment à la suite de La Vision !, op. 185, également conçue pour violon et harmonium.
Ayant souhaité redonner vie à cette page ancienne, j'ai réalisé une transcription de la partition pour violon et harmonium, afin de retrouver l'une des sonorités expressément prévues par Dancla dans l'édition originale.
J'ai également entrepris une seconde expérience, très différente : à l'aide de l'intelligence artificielle Suno, j'ai revisité cette œuvre en conservant sa mélodie et son caractère musical, mais en imaginant un accompagnement orchestral inspiré de l'esthétique romantique. Il ne s'agit donc pas d'une reconstitution historique, mais d'une nouvelle lecture sonore d'une œuvre ancienne, permettant de découvrir autrement la musique de Charles Dancla.
Ainsi, près d'un siècle et demi après sa création, le même Andante religioso peut aujourd'hui voyager entre le violon, l'harmonium et l'orchestre virtuel, tout en conservant la mélodie imaginée par son compositeur.
Voici une
savoureuse chanson humoristique et satirique de Maurice
Mac-Nab (1856-1889), chansonnier
emblématique du célèbre cabaret montmartrois Le Chat Noir,
écrite à la fin du XIXᵉ siècle. Dans l’argot parisien de
l’époque, le « mastroquet » désignait le marchand de vin ou le
patron de bistrot.
Cette
chanson, pleine d’humour noir et de jeux de mots, nous entraîne
dans un bien curieux débit de boissons installé à Suresnes ! 😄
🎼 Je
vous propose aujourd’hui une nouvelle interprétation de
cette chanson, réalisée à partir de la partition
originale et de ma transcription pour flûte et piano, en essayant de conserver au mieux
l’esprit, le rythme et le caractère du café-concert de la
Belle Époque.
Une petite
plongée musicale et facétieuse dans le Suresnes d’autrefois…
🍇🎩
📜
Partition et texte original :Le Mastroquet de
Suresnes, Maurice Mac-Nab, Nouvelles Chansons du Chat Noir.
Et si une simple leçon de solfège pouvait tourner à la catastrophe… musicale ? 😄
Inspirée d’une savoureuse coupure de presse de 1942, cette petite chanson humoristique joue avec les mots UT, ZUT et FLÛTE, pour nous emmener dans une classe de musique où le professeur perd peu à peu… le contrôle de sa leçon !
🎼 UT, ré, mi, fa, sol, la, si, do… et surtout, ne dites pas ZUT !
Une chanson rétro, légère et malicieuse, à écouter avec une bonne dose de sourire. 📻🎶
Intro
Mesdemoiselles et messieurs... Une petite histoire de solfège... Tout commence avec une innocente petite note : Ut !
Couplet 1
Dans une classe de musique,
Un professeur très appliqué,
Faisait chanter d'un ton classique
Les petits élèves bien rangés.
« Répétez donc, mademoiselle,
La note que je viens de dire ! »
Mais l'élève, un peu rebelle,
Répondit sans réfléchir :
Refrain
🎵 De ut à zut, il n'y a qu'une lettre, Un petit Z qui vient tout chambouler ! De ut à zut, voilà notre élève, Qui fait du solfège à sa façon ! Ut, ré, mi, fa, sol, la, si, do, Tout allait bien, c'était très beau... Mais quand le professeur dit : « Ut ! » La petite répond aussitôt : « Zut ! » 🎵
Couplet 2
Le professeur, fort courroucé,
Lui dit : « Il faut vous corriger !
Ce n'est pas « zut » qu'il faut chanter,
Mais UT, avec application ! »
La demoiselle, fort obstinée,
Reprit alors d'un air très doux :
« Puisque vous voulez une note,
Je vais donc vous en donner deux ! »
Refrain
🎵 De ut à zut, il n'y a qu'une lettre, Un petit Z qui vient tout chambouler ! De ut à zut, voilà notre élève, Qui fait du solfège à sa façon ! Ut, ré, mi, fa, sol, la, si, do, Tout allait bien, c'était très beau... Mais quand le professeur dit : « Ut ! » La petite répond aussitôt : « Zut ! » 🎵
Couplet 3
« Si vous refusez encore l'ut,
Que pourriez-vous donc nous chanter ? »
La demoiselle alors s'écrie :
« Ma foi, monsieur... flûte ! » 🎶
Le maître en perd sa baguette,
La classe éclate de rire,
Et depuis ce fameux matin,
On apprit surtout à sourire !
Dernier refrain
🎵 De ut à zut, de zut à flûte, Le solfège a bien des détours ! Une petite note qui chahute, Et voilà qu'on rit tout autour ! Ut, ré, mi, fa, sol, la, si, do, Chantons-les tous bien comme il faut... Mais si jamais ça ne va plus... Ne dites pas « zut »... dites « flûte ! » 🎵
Existe-t-il un instrument meilleur qu’un autre pour vivre vieux ?
Voilà une question que l’on ne poserait peut-être pas aujourd’hui à son médecin… mais que les journaux des XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle abordaient avec un sérieux désarmant !
Plusieurs des coupures anciennes que j’ai retrouvées s’intéressent en effet à la longévité des musiciens, en établissant des listes parfois très précises de compositeurs et de leur âge au décès.
Et à lire certains de ces tableaux, on pourrait presque croire que l'Assurance maladie aurait dû, autrefois, rembourser les instruments de musique ! 😄
🎼 Les vieux maîtres avaient parfois une sacrée résistance !
Une coupure du Monde illustré du 11 juillet 1874 dresse ainsi une impressionnante liste :
Gossec : 96 ans
Auber : 90 ans
Monsigny : 88 ans
Campra : 84 ans
Cherubini : 82 ans
Rameau : 81 ans
Haydn : 77 ans
Spontini : 77 ans
Rossini : 76 ans
Salieri : 75 ans
Haendel : 74 ans
Gluck : 73 ans
Grétry : 72 ans
Meyerbeer : 70 ans
Mais la liste descend aussi brutalement dans les profondeurs de la statistique : Mozart 35 ans, Bellini 33, Schubert 31, Pergolèse seulement 26 ans.
Autrement dit, si l'on cherchait une recette universelle, la partition serait quelque peu illisible !
🎺 Souffler pour vivre vieux ?
C'est là que les choses deviennent franchement savoureuses.
Une autre coupure, publiée en 1911, attribue au docteur James F. Rogers une véritable « échelle de longévité instrumentale ».
Selon cette théorie ancienne, les instrumentistes à vent auraient une espérance de vie différente selon leur instrument : les joueurs de flûte autour de 61 ans, les hautboïstes autour de 63, les cornistes autour de 64, les clarinettistes autour de 65, tandis que trompettistes et pistonistes atteindraient environ 69 ans, et les contrebassistes et ophicléidistes jusqu'à 75 ans !
On imagine déjà le jeune élève du conservatoire :
« Papa, je voudrais jouer de la flûte ! »
« Certainement pas ! Prends donc un ophicléide, mon garçon, tu gagneras quelques années ! » 😂
Évidemment, cette statistique doit être replacée dans son contexte historique. Elle ne constitue absolument pas une démonstration scientifique moderne permettant de choisir son instrument en fonction de son espérance de vie.
Les recherches contemporaines sur les instrumentistes à vent sont d'ailleurs beaucoup plus prudentes. Certaines études ont observé une fonction respiratoire intéressante chez les souffleurs, mais d'autres ne trouvent pas de différence significative avec les autres musiciens.
Et une étude publiée en 2026 auprès de musiciens professionnels allemands souligne plutôt certaines questions respiratoires et d'hygiène liées aux instruments à vent, sans permettre de conclure qu'un instrument ferait vivre plus longtemps qu'un autre.
Bref : la flûte n'est pas encore reconnue comme médicament anti-âge !
🎻 Et les cordes, alors ?
Les anciens articles semblent parfois leur attribuer une longévité moins spectaculaire que celle de certains souffleurs.
Mais voilà un détail amusant : comment comparer sérieusement un violoniste qui pratique deux heures par jour avec un musicien professionnel qui répète six heures, donne des concerts, voyage et travaille dans des conditions très différentes ?
C'est là que les belles statistiques anciennes commencent à jouer… faux. 🎻
Le problème est que l'âge au décès dépend d'une multitude de facteurs : alimentation, conditions de vie, tabac, alcool, maladies infectieuses, niveau social, activité physique, médecine disponible, guerre, accidents, etc.
L'instrument n'est probablement qu'un tout petit morceau de la partition.
🎺🎻🎹 Et les multi-instrumentistes ?
Voilà une catégorie que nos journalistes anciens semblent avoir quelque peu oubliée !
61 ans pour la flûte + 69 pour la trompette + 74 pour l'orgue + 75 pour l'harmonium…
Et voilà notre pauvre multi-instrumentiste condamné à vivre jusqu'à 279 ans !
Il faudra simplement penser à lui trouver un logement suffisamment grand pour installer tous les instruments. 😄
Plus sérieusement, je n'ai pas trouvé de données solides montrant que les multi-instrumentistes vivent plus ou moins longtemps que les musiciens spécialisés dans un seul instrument. La question mériterait pourtant une étude intéressante : nombre d'instruments, nombre d'heures de pratique, activité professionnelle ou amateur, âge de début, activité physique associée, etc.
🎼 Professionnel ou amateur : qui gagne la bataille ?
Voilà une question particulièrement intéressante.
Une étude danoise portant sur 25 000 adultes a justement comparé non-musiciens, musiciens amateurs et professionnels. Les musiciens amateurs actifs déclaraient globalement un état de santé meilleur que les non-musiciens et que les amateurs ayant cessé leur pratique. Les professionnels actifs, eux, déclaraient davantage de problèmes de santé. Les auteurs soulignent toutefois qu'il s'agit d'associations et non d'une preuve que jouer de la musique provoque directement ces différences.
Cela donne donc une petite morale inattendue :
Il semblerait que jouer de la musique pour son plaisir soit parfois plus reposant que d'en faire son métier !
Le professionnel doit répéter même lorsqu'il n'en a pas envie, jouer malgré la fatigue, voyager, supporter le bruit, les horaires irréguliers, les contraintes physiques et parfois le stress de la représentation.
L'amateur, lui, peut déclarer :
« Aujourd'hui, je ne répète pas. C'est mauvais pour ma santé ! »
Et reprendre tranquillement le lendemain. 😄
🎹 Et les organistes et harmoniumistes ?
Voilà un cas particulièrement intéressant.
Les études modernes ne permettent pas de dire que l'orgue ou l'harmonium prolongent à eux seuls la vie.
En revanche, une vaste étude finlandaise portant sur les artistes professionnels et les musiciens d'église a trouvé une mortalité toutes causes confondues plus faible chez les musiciens d'église étudiés que dans la population de référence : le ratio standardisé de mortalité était de 0,59 chez les musiciens d'église et de 0,75 chez les artistes interprètes.
Mais attention : cela ne signifie pas que l'orgue est une fontaine de jouvence à pédales !
Les musiciens d'église constituent un groupe particulier, avec leur environnement social, leurs habitudes, leur activité professionnelle et de nombreux facteurs qui peuvent expliquer une partie du résultat.
On ne peut donc pas conclure :
« Jouez de l'harmonium et vous gagnerez dix années de vie ! »
Même si, personnellement, je trouve l'idée assez séduisante… 🎹
🎼 Et les chefs d'orchestre ?
Là encore, nos statistiques anciennes nous laissent sur notre faim.
Le chef d'orchestre exerce pourtant une activité étonnamment physique : bras, épaules, posture, concentration, longues répétitions et parfois agitation comparable à celle d'un moulin à vent sous tempête !
Mais cela ne permet pas d'affirmer qu'un chef vit plus longtemps qu'un violoniste ou qu'un trompettiste.
Quant au compositeur, son principal risque semble surtout être de rester huit heures devant une partition en se demandant :
« Est-ce que je mets un fa dièse ici… ou est-ce que je détruis définitivement la civilisation occidentale ? »
Là encore, aucune statistique sérieuse ne permet d'établir une espérance de vie particulière du compositeur.
🪦 Les statistiques anciennes avaient quand même de l'humour
Ce qui me plaît particulièrement dans ces articles anciens, c'est leur manière de transformer la mort en véritable tableau de classement.
On trouve ainsi des listes où Auber, Haydn, Rossini, Gounod, Wagner, Meyerbeer, Beethoven, Weber et Mendelssohn défilent avec leur âge au décès.
Et l'article conclut tranquillement que la longévité générale des musiciens est « au-dessus de la moyenne ».
Puis il cite immédiatement Bellini, Mozart et Bizet morts très jeunes.
Autrement dit :
« Les musiciens vivent vieux… sauf lorsqu'ils meurent jeunes. »
Difficile de contredire une statistique aussi parfaitement équilibrée ! 😄
🎶 Alors, quel instrument choisir pour vivre le plus longtemps ?
Après avoir consulté ces vénérables articles et regardé ce que nous apprend la recherche moderne, je propose une conclusion beaucoup moins scientifique… mais nettement plus musicale :
🥇 Pour vivre très vieux :
jouez de l'instrument que vous aimez.
🥈 Pour conserver le moral :
jouez régulièrement, sans transformer chaque répétition en épreuve olympique.
🥉 Pour éviter les ennuis :
entretenez votre instrument… et particulièrement les instruments à vent !
Et surtout :
ne choisissez pas votre instrument en fonction d'une prétendue espérance de vie.
Les anciennes statistiques sont passionnantes pour comprendre la manière dont nos ancêtres réfléchissaient à la santé et à la musique. Mais elles ne démontrent pas que la flûte, la trompette, le violon ou l'harmonium font vivre plus ou moins longtemps.
La musique semble néanmoins avoir un avantage considérable : elle donne une bonne raison de continuer à faire travailler la tête, les oreilles, les mains, la respiration, la mémoire et surtout le plaisir.
Et puis, soyons honnêtes…
Si l'on pouvait réellement gagner quelques années grâce à son instrument, les facteurs d'instruments seraient probablement déjà en train de vendre des assurances-vie avec chaque flûte à bec ! 🎵😂
📜 Quelques sources et coupures particulièrement savoureuses
Des coupures de presse ancienne permet notamment de mettre en regard des articles du Monde illustré (11 juillet 1874), du Monde artiste (14 octobre 1894), de Vert-vert (5 novembre 1894), du Soleil (13 septembre 1911) et des Alpes pittoresques (15 février 1912). Les chiffres et les théories qu'ils présentent sont surtout intéressants aujourd'hui comme témoignages de la culture scientifique et musicale de leur époque.
Et la recherche contemporaine apporte un joli contrepoint : les travaux disponibles ne permettent pas d'établir un « instrument de la longévité », tandis que certaines données suggèrent des associations intéressantes entre pratique musicale, santé et activité amateur.
Conclusion personnelle pour le musicien : Flûtiste, trompettiste, violoniste, organiste, harmoniumiste, chef d'orchestre ou multi-instrumentiste… le véritable élixir de longue vie pourrait finalement être tout simplement de continuer à faire de la musique ! 🎶
🎼 Les Cours Sinat :
apprendre la musique par correspondance à Paris,
de 1913 aux années
1940
À une époque où l'enseignement de la musique
repose essentiellement sur les leçons particulières et les
conservatoires, une entreprise parisienne propose une formule
particulièrement moderne : apprendre le piano, l'harmonie,
le solfège, le violon, le chant ou la mandoline… par
correspondance !
Il s'agit des Cours Sinat,
installés au 1, rue Jean-Bologne, à Paris XVIe, et
dont les nombreuses publicités retrouvées dans la presse permettent
de suivre l'activité depuis les années 1910 jusque dans les années
1930.
Derrière cette appellation apparaît notamment
Mathilde SINAT, qui signe plusieurs
textes consacrés à la pédagogie musicale et fait directement la
promotion des cours.
RetroNews : Excelsior 1er décembre 1913
«
Enseigne plus et mieux que toute autre leçon »
Dès 1913, les Cours Sinat se
présentent comme une méthode nouvelle destinée à rendre l'étude
de la musique plus efficace et moins mécanique.
Le principe est simple : l'élève reçoit ses
leçons à domicile, les étudie seul, puis correspond avec
l'établissement. La méthode entend lui apprendre non seulement à
jouer des notes, mais surtout à comprendre la musique,
développer son sens du rythme, de l'harmonie et du style et devenir
progressivement autonome.
Les publicités promettent même d'apprendre « en
quelques leçons plus que des années d'études ».
Une ambition considérable, qui explique sans
doute le slogan récurrent :
« Rend facile tout ce qui semblait
difficile. »
Les Cours Sinat affirment également que leur
méthode permet d'acquérir rapidement la lecture musicale, la sûreté
du jeu, le style et même la virtuosité. Cette publicité de 1913 va
jusqu'à présenter l'enseignement comme permettant de « lire la
musique comme on lit un livre ».
🎹
Piano, harmonie… mais pas seulement
Au fil des années, l'offre devient
particulièrement étendue.
On trouve notamment :
Cours de
piano par correspondance
Cours
d'harmonie
Cours de
solfège
Cours de
violon
Cours de
chant
Cours de
mandoline
et même des cours spécialement conçus pour
les enfants.
Les publicités précisent que l'harmonie doit
permettre de composer, improviser, accompagner, analyser et
comprendre les œuvres musicales.
En 1921, par exemple, la publicité publiée dans
La Science et la Vie présente toujours les cours de piano
et d'harmonie ainsi que les cours de violon, solfège, chant et
mandoline.
👧
Une pédagogie adaptée aux enfants
Les Sinat ne s'adressent pas uniquement aux
adultes.
Une publicité destinée aux familles précise que
le cours pour enfants comporte des pages expliquées, des
devoirs et des indications destinées à intéresser l'élève et à
le faire devenir bon musicien.
Mathilde Sinat s'intéresse d'ailleurs directement
à la question de « La Musique des Enfants ».
Dans un texte signé de son nom, elle défend une
conception assez moderne de l'éducation musicale : il ne faudrait
pas imposer aux enfants une musique vulgaire ou simplement destinée
à les divertir, mais leur faire découvrir progressivement les
grands maîtres.
Elle cite notamment Bach, Haendel,
Schumann, Rameau et Mozart, considérant que leurs œuvres
peuvent également fournir des pièces adaptées aux jeunes élèves.
Cette conception donne aux Cours Sinat une
dimension qui dépasse le simple apprentissage mécanique du piano :
former l'oreille, le goût et l'intelligence musicale de
l'enfant.
👩🏫
Une méthode destinée aussi aux professeurs
Autre particularité intéressante : les Cours
Sinat ne prétendent pas remplacer systématiquement le professeur.
Certaines publicités affirment au contraire que
la méthode peut être utilisée par les professeurs
eux-mêmes pour compléter leur enseignement. Une annonce de
1918 présente ainsi les cours de piano, harmonie, violon, chant,
mandoline et déchiffrage comme une aide permettant de progresser
plus rapidement.
Les annonces s'adressent donc à des publics très
différents :
débutants, élèves avancés, enfants,
adultes, professeurs et même musiciens souhaitant reprendre leurs
études.
🎼
L'appui de grands noms de la musique
Pour convaincre les futurs élèves, les Cours
Sinat mettent régulièrement en avant les appréciations de
personnalités musicales prestigieuses.
Les annonces reproduisent des témoignages
particulièrement élogieux concernant la méthode Sinat. Camille
Erlanger aurait notamment apprécié la conception pédagogique des
cours, tandis que Louis Diémer insiste sur l'importance de
comprendre le rôle de chaque note et l'architecture musicale.
Il convient naturellement de considérer ces
déclarations dans leur contexte publicitaire. Elles
montrent cependant l'importance que les Cours Sinat accordaient à
leur caution artistique et pédagogique.
✉️
Une véritable école… dans sa boîte aux lettres
Les documents des années 1930 permettent de
comprendre concrètement comment fonctionnait cette école à
distance.
L'élève remplissait d'abord un questionnaire
permettant d'évaluer son niveau : connaissances musicales,
expérience précédente, capacité à déchiffrer, morceaux étudiés,
connaissance des différentes clés, pratique des deux mains au
piano, etc.
Le cours pouvait ensuite être adapté à son
niveau.
Les leçons étaient expédiées régulièrement
par courrier. En 1935, le programme indique notamment des envois de
quatre leçons tous les quinze jours.
Les tarifs sont également détaillés : piano,
harmonie, solfège, violon, chant et mandoline possèdent chacun leur
propre programme et leur propre progression.
Nous sommes donc assez loin d'une simple série de
fascicules impersonnels : les Cours Sinat cherchent à donner l'image
d'un enseignement individualisé par correspondance.
📬
Une présence publicitaire pendant plus de trente ans
Les nombreuses annonces retrouvées dans la presse
montrent une remarquable continuité.
En 1913, les Cours Sinat sont
déjà annoncés au 1, rue Jean-Bologne, Paris XVIe.
Durant les années suivantes, les publicités
apparaissent dans différentes publications, notamment La Revue
française, L'Excelsior, L'Éclair, La
Mode illustrée et d'autres périodiques destinés notamment au
public féminin.
On retrouve parfois l'adresse du 6,
carrefour de l'Odéon, Paris VIe, avant que le 1,
rue Jean-Bologne ne redevienne l'adresse habituelle.
Dans les années 1920, la publicité continue de
présenter les Cours Sinat comme une méthode permettant d'obtenir
rapidement les qualités d'un véritable musicien. En 1920, une
annonce mentionne même le numéro de téléphone Auteuil
25-14.
Et l'activité se poursuit encore dans les années
1940, avec une organisation pédagogique devenue
particulièrement complète.
Une annonce de 1943 montre que les Cours Sinat de piano par correspondance existaient encore pendant la Seconde Guerre mondiale.
Les Ondes N° 137 - 12 décembre 1943
📚
Des partitions « Cours Sinat »
L'existence des Cours Sinat ne se limite
d'ailleurs pas aux annonces publicitaires.
Des partitions conservées à la Bibliothèque
nationale de France portent la mention " Cours Sinat ", ce qui montre que l'entreprise disposait également
d'un véritable matériel musical destiné à l'étude.
On retrouve ainsi dans les collections des œuvres
ou extraits de Clementi, Schubert, Chopin, Gluck et Bach,
notamment des pièces présentées comme matériel pédagogique des
Cours Sinat.
Les Cours Sinat semblent donc avoir constitué une
véritable méthode musicale complète, associant
cours théoriques, exercices, partitions et progression pédagogique.