CONCERT FLEURI
Un soir exquis de mai. Dans l’air appesanti,
Glissent languissamment, ainsi qu'une harmonie,
Des parfums épandant leur douceur infinie
Sur la plage où se meurt le flot anéanti.
En un parfait accord, l'orchestre s'est nanti
De tous les éléments pour une symphonie,
Et chaque fleur alors à chanter s'ingénie
Ce qu'en elle déjà l'âme avait pressenti.
Les lilas, plus nombreux, conduisent la mesure,
Tandis, que les oeillets, à la fine guipure,
Ajoutent leur cadence au rythme des jasmins.
Un soupir attendri monte des chèvrefeuilles
Et l'on croirait entendre, au loin, parmi les feuilles,
L'ombre de Beethoven errer dans les jardins.
JEAN BROUILLAUD (1933)
Sources : Poésies – Cahiers mensuels illustrés 1er juin 1933
BnF – Gallica

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