mardi 29 septembre 2026

Charles Dancla – Andante religioso, op. 186

 


 

Charles Dancla – Andante religioso, op. 186

Parmi les œuvres de Charles Dancla (1817-1907) aujourd'hui quelque peu oubliées figure cet Andante religioso, op. 186, une page destinée au violon avec accompagnement de piano ou d'harmonium. Publiée à Paris par Vve E. Girod, la partition est dédiée à « Miss Bessie Houghton » et porte la marque d'un répertoire romantique intimiste, à la fois mélodique et empreint de caractère religieux.

Cette œuvre appartient à la dernière période de la production de Dancla, violoniste, compositeur et pédagogue qui occupa une place importante dans la tradition française du violon au XIXᵉ siècle. Elle se situe notamment à la suite de La Vision !, op. 185, également conçue pour violon et harmonium.

Ayant souhaité redonner vie à cette page ancienne, j'ai réalisé une transcription de la partition pour violon et harmonium, afin de retrouver l'une des sonorités expressément prévues par Dancla dans l'édition originale.

 


 

J'ai également entrepris une seconde expérience, très différente : à l'aide de l'intelligence artificielle Suno, j'ai revisité cette œuvre en conservant sa mélodie et son caractère musical, mais en imaginant un accompagnement orchestral inspiré de l'esthétique romantique. Il ne s'agit donc pas d'une reconstitution historique, mais d'une nouvelle lecture sonore d'une œuvre ancienne, permettant de découvrir autrement la musique de Charles Dancla.

Ainsi, près d'un siècle et demi après sa création, le même Andante religioso peut aujourd'hui voyager entre le violon, l'harmonium et l'orchestre virtuel, tout en conservant la mélodie imaginée par son compositeur.

 


 

dimanche 27 septembre 2026

Le Mastroquet de Suresnes

 

Image générée par IA

 

🍷🎶 Le Mastroquet de Suresnes

Voici une savoureuse chanson humoristique et satirique de Maurice Mac-Nab (1856-1889), chansonnier emblématique du célèbre cabaret montmartrois Le Chat Noir, écrite à la fin du XIXᵉ siècle. Dans l’argot parisien de l’époque, le « mastroquet » désignait le marchand de vin ou le patron de bistrot.

Cette chanson, pleine d’humour noir et de jeux de mots, nous entraîne dans un bien curieux débit de boissons installé à Suresnes ! 😄

🎼 Je vous propose aujourd’hui une nouvelle interprétation de cette chanson, réalisée à partir de la partition originale et de ma transcription pour flûte et piano, en essayant de conserver au mieux l’esprit, le rythme et le caractère du café-concert de la Belle Époque.

Une petite plongée musicale et facétieuse dans le Suresnes d’autrefois… 🍇🎩

📜 Partition et texte original : Le Mastroquet de Suresnes, Maurice Mac-Nab, Nouvelles Chansons du Chat Noir.

 
 
À Suresnes, tout près du quai,
Vint s’établir un mastroquet
Avec l’aîné de ses enfants
Pour servir les clients.
 
On en vit d’abord sept ou huit,
Puis il en vint une enfilade ;
Car il n’y a plus qu’la limonade
Qui travaille au jour d’aujourd’hui.
 
Le soir, en lisant son journal,
Le pèr’ dit au fils : « Animal,
Y a bientôt plus d’vin dans l’tonneau,
Faut y mettre un peu d’eau ! »
 
Le lendemain, d’un air plaintif.
Un client dit : « J’ai la colique. »
— « Mon bon, pour pas que ça s’complique,
Prenez un p’tit apéritif ! »
 
Le soir, en lisant son journal.
Le pèr’ dit au fils : « Animal,
Le rhum est comm’ du jus d’pruneaux,
Mets-y du tord-boyau. ! »
 
« C’est drôl’ dit un client, plus j’bois,
Patron, plus j’ai l’feu dans la tête. »
« Mon bon, faut pas qu’ça vous inquiète
C’est qu’ vous avez la gueul’ de bois ! »
 
Le soir, en lisant son journal,
Le pèr’ dit au fils : « Animal,
Le cognac manque un peu d’alcool,
Mets-y du vitriol ! »
 
Le lendemain, spectacle affreux,
Un des clients fut pris d’un’ crise :
« Ça, fit l’patron, faut que j’vous dise,
C’est c’qu’on appell’ le mal aux ch’veux ! »
 
Le soir, en lisant son journal,
Le pèr’ dit au fils : « Animal,
Notre absinth’ n’a pas d’coloris,
Mets-y du vert-de-gris ! » 
 
Un des clients, le lendemain,
Dit : « J’sens mon bras qui s’ankylose ! »
— « Non, fit l’patron, j’connais la chose,
Vous avez un poil dans la main ! »
 
Le soir, en lisant son journal,
Le pèr’ dit au fils : « Animal,
En tirant la bièr’ de Munich,
Mets-y donc d’l’arsenic. »
 
Le lend’main, l’patron, tranquill’ment,
Avec son fils ouvrant l’échoppe,
Trouva par terre un’ grand’ enveloppe :
« Papa, de qui l’enterrement ? »                                             
 
« Ça, mon fils, dit le mastroquet,
C’est un client qui vient d’claquer,
Et ça nous porte un rude coup,
Car il buvait beaucoup ! ».